Coronavirus et environnement: Un bilan en demi-teinte

La pandémie est à la fois une bonne et une mauvaise chose pour l'environnement. Explications.

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Les mesures mises en place pour lutter contre l’épidémie de Covid-19 ont eu un impact considérable sur l’économie et la société, mais également sur l’environnement. Lorsque l’Europe était confinée au printemps dernier, les citoyens pouvaient respirer un air d’une meilleure qualité et profiter d’un cadre plus silencieux, grâce à une nette réduction des concentrations de dioxyde d’azote (NO2) et des particules fines, causées notamment par le trafic routier. Selon l’Agence européenne pour l’environnement, cette diminution était de l’ordre de 35% en Belgique, contre 61% en Espagne et 52% en France, au mois d’avril.

S’il est encore trop tôt pour connaître l’impact de ce deuxième confinement, plus souple, on peut déjà affirmer que l’effet positif sur la qualité de l’air, les émissions de CO2 et le bruit ambiant n’est que « temporaire », rappelle l’agence dans un rapport publié jeudi. Une fois le confinement levé, l’économie reprend son cours, et avec elle la pollution atmosphérique et sonore. Cet effet rebond pourrait même entraîner des niveaux égaux ou supérieurs à la normale, en raison de la crainte d’utiliser les transports en commun.

Life in plastic

L’Agence européenne pour l’environnement pointe un autre point négatif lié à la pandémie: une « dépendance accrue aux plastiques à usage unique » en raison de la forte demande en équipements médicaux et de protection individuelle tels que les masques, les gants, les bouteilles de gel hydroalcoolique ou encore les écouvillons utilisés lors des tests. Mais aussi en raison des livraisons de colis ou de plats en forte augmentation, lors de la fermeture des magasins et des restaurants. « La recrudescence de la demande pour ces produits en plastique jetables pourrait remettre en question les efforts de l’UE pour réduire la pollution plastique et évoluer vers un système de plastique plus durable et circulaire », alerte l’agence basée à Copenhague.  

un masque par terre

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Leçon pour l’avenir

« Alors que les gouvernements tentent d’enrayer la propagation de l’épidémie, en s’appuyant particulièrement sur des plans de relance importants, il est vital de se concentrer sur la refonte de nos systèmes de production et de consommation non durables », analyse l’AEE. Car le plus grand enseignement qu’on peut tirer de cette crise sanitaire, c’est peut-être justement ce besoin urgent de reconstruire notre société. Sans un changement profond, les pandémies vont se multiplier et faire plus de morts que celle du Covid-19, alertaient des experts de l’ONU sur la biodiversité dans un récent rapport soulignant que cette crise du Covid-19 et la crise climatique sont étroitement liées. « La pandémie met en évidence, une fois de plus, la nature interconnectée de nos systèmes planétaires, depuis les origines zoonotiques de la maladie et leur relation avec notre environnement naturel et nos systèmes alimentaires, jusqu’à la plus grande vulnérabilité aux maladies résultant des inégalités sociales, de la mauvaise qualité de l’air, de la pollution et d’autres facteurs environnementaux », conclut l’Agence européenne pour l’environnement dans sa note.

Mais, en mettant en lumière la fragilité de nos sociétés et de nos économies lorsqu’elles sont confrontées à une crise majeure, la pandémie de Covid-19 a également montré l’incapacité des politiques à écouter les signaux d’alerte des scientifiques ainsi qu’à agir de manière préventive. Ce qui laisse peu d’espoir d’obtenir une réponse efficace, rapide et ambitieuse à l’urgence climatique.

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