Pourquoi l’intelligence artificielle ChatGPT inquiète les enseignants

ChatGPT, cette intelligence artificielle capable d’écrire comme un humain ou presque, va bouleverser l’enseignement.

Comment ChatGPT va bouleverser l'enseignement
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Le robot conversationnel ChatGPT au succès fulgurant et développé par OpenAI bouscule le monde de l’enseignement. Le chatbot peut être utilisé pour diverses tâches, telles que la génération de résumés, la rédaction de contenu, la traduction automatique, la réponse à des questions complexes ou encore la génération de conversation.

ChatGPT a obtenu un score de 11,75 sur 20 à un examen de droit. Pour répondre aux questions et obtenir cette note, il lui aura fallu moins de quinze secondes. Il a également été capable de répondre aux questions d’un devoir soumis à des futurs ingénieurs en Master 2 en France et de passer l’examen d’entrée pour les ingénieurs proposé dans les universités belges.

La RTBF a demandé à ChatGPT de rédiger une dissertation d'un niveau de sixième secondaire et le résultat est bluffant. L’intelligence artificielle a obtenu un score de 5 sur 5 au test: « J’ai toutefois repéré que c’était écrit par un ordinateur : le style, le peu de fautes d’orthographe, le manque d’humour ou de prise de position. Mais à part cela, c’est excellent », a déclaré Lionel Dohet-Eraly, professeur de français, interrogé par nos confrères.

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Plagiat

Pour les étudiants, ce chatbot est un bon moyen de gagner du temps sur leurs dissertations et autres devoirs, ce qui inquiète les enseignants : « Il faudra être attentif et se réinventer : demander des dissertations plus créatives aux étudiants », estime Lionel Dohet-Eraly. Pour Axel Legay, professeur d’informatique à l’UCLouvain qui a fait passer l’examen d’entrée d’ingénieur au chatbot, l’intelligence artificielle « signe la mort des examens à distance ».

Si le chatbot d’OpenAI n’est pas parfait, l’outil est suffisamment performant pour apporter des réponses sur un grand nombre de sujets, même les plus pointus. Dans le futur, professeurs et enseignants seront donc amenés à faire preuve de plus de vigilance. En effet, le nombre d’utilisateurs de ChatGPT a explosé et les compétences de l’intelligence artificielle ne vont cesser de s’améliorer.

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La société OpenAI est consciente du problème et cherche des solutions pour éviter la tricherie dans l’enseignement. Le professeur en informatique à l’Université du Texas et chercheur invité chez OpenAI, Scott Aaronson, a déclaré que l’entreprise travaillait actuellement à « l’introduction de signaux cryptographiques invisibles » qui permettraient aux professeurs de traquer les plagiats.

Les solutions de l’IA

Et quand on parle du problème de plagiat à l’IA, elle répond que l’utilisation de chatbots pour faire ses devoirs « va à l’encontre de l’éthique académique » et peut « entrainer des conséquences graves pour l’élève, y compris la perte de crédit ou l’expulsion de l’école ». Elle explique qu’il est important que les enseignants puissent "prendre des mesures" pour "aider à prévenir cette pratique" et leur propose trois solutions. Les voici:

  • « Examiner le travail de l'élève de manière approfondie : en examinant de près le travail de l'élève, l'enseignant peut chercher des indices qui pourraient indiquer l'utilisation d'un chatbot, tels que la répétition de phrases ou de structures de phrases similaires, ou des réponses qui ne semblent pas cohérentes avec le reste du travail de l'élève ».
  • « Demander à l'élève de s'expliquer : si l'enseignant a des doutes sur le travail de l'élève, il peut demander à l'élève de s'expliquer ou de justifier ses réponses. Cela peut aider à déterminer si l'élève a vraiment compris le sujet ou s'il a simplement utilisé un chatbot pour fournir des réponses pré-écrites ».
  • « Utiliser des outils de détection de plagiat : il existe des outils en ligne qui peuvent aider à détecter le plagiat en comparant le travail de l'élève à d'autres sources en ligne. Bien que ces outils ne puissent pas détecter l'utilisation d'un chatbot en particulier, ils peuvent aider à identifier les travaux qui ont été copiés directement d'autres sources ».

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