Congés "d’automne" plutôt que "de Toussaint": histoire d’un changement de nom

L'idée de changer de dénomination a été initiée en 1984, mais n’a abouti qu’en 2013.

Selon le calendrier de l’enseignement obligatoire établi par la Fédération Wallonie-Bruxelles, il convient en effet de préférer l’appellation de vacances d’automne
Selon le calendrier de l’enseignement obligatoire établi par la Fédération Wallonie-Bruxelles, il convient en effet de préférer l’appellation de vacances d’automne @BELGAIMAGE

Certaines habitudes sont difficiles à effacer. Dans le langage courant, on entend par exemple encore souvent parler de vacances de Toussaint, de Noël, de Carnaval et de Pâques. Des formulations qui ne sont pourtant plus vraiment de mises s’agissant des congés scolaires. Selon le calendrier de l’enseignement obligatoire établi par la Fédération Wallonie-Bruxelles, il convient en effet de préférer les appellations de vacances d’automne, d’hiver, de détente et de printemps, sans oublier les vacances d’été pour les grandes vacances.

Ces appellations sont officielles depuis 2013, mais datent en réalité de plus longtemps. Il y a neuf ans, le MR, alors dans l’opposition au gouvernement de la FWB, était opposé au changement de nom, y voyant une occasion de couler en décret une dérogation permettant de déplacer des jours de congé pour des motifs religieux.

Marie-Dominique Simonet (cdH), la ministre de l’époque, s’était alors défendue : "Ces appellations ont été modifiées par arrêté en 2000 (à l’exception du congé de Toussaint) puis en 2005 (le congé de Toussaint devenant alors le congé d’automne). Il ne faut donc pas y voir une intention particulière de donner à ces appellations plus d’importance aujourd’hui qu’hier", expliquait-elle à La Libre.

Les anciennes dénominations entre parenthèses

En réalité, l’idée de changer de nomenclature date de plus loin. On trouve la trace de ces nouvelles appellations dès la législature 1999-2004, sous le gouvernement (pourtant libéral) d’Hervé Hasquin, dans lequel Pierre Hazette (MR) était en charge de l’Education. Il est même possible de remonter jusqu’en 1984… lorsque Robert Urbain (PS) était ministre en charge de l’Enseignement en Communauté française, et que de nouvelles dénominations pour les gros congés scolaires ont été évoquées.

Au fil des années et des législatures, ces dénominations ont donc été intégrées dans des arrêtés puis dans des décrets votés par le Parlement. Et ce, dans une optique de neutralité et d’inclusion, alors que les rythmes de la vie scolaire ne sont depuis très longtemps plus calés autour de l’Eglise. Reste que ces dénominations ne sont pas contraignantes pour les écoles ; le calendrier de la FWB laissant entre parenthèses les anciennes dénominations, à savoir donc Toussaint, Noël, Carnaval et Pâques. Et ce, pour "montrer que ce n’est pas un sujet qui doit mériter polémique", expliquait en 2018 Eric Etienne, porte-parole de Marie-Martine Schyns (cdH), ministre de l’Enseignement obligatoire en Communauté à l’époque.

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À noter que l’ancienne nomenclature a été conservée pour le lundi de Pentecôte ainsi que pour le congé de l’Ascension. Précisons aussi qu’en Flandre, il est aussi question de "vacances d’automne" (Herfstvakantie) mais les congés d’hiver s’appellent toujours "vacances de Noël" (Kerstvakantie) et ceux de printemps "vacances de Pâques" (Paasvakantie).

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