Enseignement: nos examens sont discriminants

Notre système d’évaluation serait inadéquat, voire injuste et culpabilisant pour les élèves.

examen primaire
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Les experts Dieudonné Leclercq (ULiège), Marc Demeuse (UMons) et Julien Nicaise (aujourd’hui directeur de Wallonie-Bruxelles Enseignement) estimaient déjà en 2004 que notre système d’évaluation était inadéquat, voire injuste. Il semblerait que rien n’ait vraiment changé. Par ailleurs, il responsabilise entièrement le jeune en cas d’échec. “Or il n’a de prise que sur un quart de sa réussite. Le professeur en est responsable pour trois quarts. Il a prise sur lui-même, sur sa façon d’évaluer et sur sa façon d’enseigner. Bien sûr, il n’est pas responsable du programme”, explique Didier Bronselaer. Rappelons que les redoublements coûtent à la société entre 500 et 600.000 millions d’euros par an.

Ainsi, les résultats de chaque enfant ne dépendent pas des performances particulières de l’élève dans l’absolu. Alors que nous sommes dans un marché scolaire de concurrence de niveau entre les écoles, ils dépendent de ses performances par rapport à celles de ses condisciples. Il y aura toujours des premiers et des derniers. L’ordre de correction influe aussi, si la copie se trouve au début ou à la fin de la pile de copie, ou si elle se situe après une “bonne” ou une “mauvaise” copie.

Ensuite, le profil socio-économique, mais aussi le genre ou encore l’apparence physique des élèves influent sur leurs résultats. L’évaluateur est également influencé, ne serait-ce qu’inconsciemment, par des caractéristiques de l’étudiant non liées à sa maîtrise du sujet de l’évaluation, comme son aspect physique, sa présentation vestimentaire, sa prononciation ou son accent, etc. Un phénomène décrit comme l’effet d’inertie concourt à regarder les résultats antérieurs des élèves et à se baser sur ceux-ci. Les professeurs sont aussi influencés par le début de la copie, si celui-ci semble soigné, les erreurs suivantes s’avéreront moins relevées.

La réputation du professeur entre aussi en ligne de compte. Un excès de bonnes notes lui collera une étiquette laxiste. Ce n’est pas un “bon professeur” puisque ses élèves réussissent ses évaluations. Quant à “l’effet Posthumus”, il consiste à adapter ses notes en fonction des années précédentes pour garder les mêmes appréciations des performances.

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