Votre enfant suit-il une formation touchée par la pénurie d’enseignants ?

Ce n'est pas neuf, mais la situation reste préoccupante dans de nombreuses formations en manque de professeurs. Voici une liste non exhaustive.

Des profs souvent seuls
© Belga

Des examens annulés faute de professeurs. C’est la réalité que soulève ce jeudi matin La Libre Belgique dans ses colonnes.

Si aucun chiffre précis n’est disponible, l’Administration Générale de l’Enseignement (AGE) de la Fédération Wallonie-Bruxelles présente les fonctions les plus en pénurie dans nos établissements scolaires.

Et elle confirme ce qu’affirmait dans La Libre Thomas Jadin, directeur de l’Association des directions de l’enseignement libre à Bruxelles et dans le Brabant wallon : "D’après plusieurs confrères, il semble que le problème touche particulièrement l’enseignement technique et professionnel. C’est d’autant plus dommage que les cours annulés mènent parfois à des métiers en pénurie."

De nombreuses fonctions en pénurie

L’AGE classe les postes en pénurie dans l’enseignement selon un indice calculé à partir de critères très précis tels que :

– La proportion de professeurs recrutés n’ayant pas le diplôme en titre requis ou en titre suffisant ou en titre de pénurie pour la fonction.

– Le nombre de professeurs recrutés à temps plein.

– Le nombre d’offre d’emploi publiées par les écoles restés sans réponse.

Pour qu’une fonction enseignante soit considérée comme étant en pénurie, il faut que l’indice soit négatif. Lorsque l’indice atteint -3, la pénurie est considérée comme sévère.

Dans le secondaire inférieur, 113 fonctions sont en pénurie ou en ballotage.

Les fonctions les plus critiques sont :

– Les professeurs en mécanique automobile (indice -8)

– Les professeurs en horticulture (indice -8)

– Les professeurs en cuisine de restauration (indice -7)

– Les professeurs en service en salle (indice -7)

– Les professeurs en installations sanitaires (indice – 7)

– Les professeurs en peinture – revêtements murs et sols (indice -7)

Dans le secondaire supérieur, 147 fonctions sont en pénurie ou en ballotage.

Les fonctions les plus critiques sont :

-Les professeurs en menuiserie (indice -10)

– Les professeurs en carrosserie (indice -8)

– Les professeurs en mécanique automobile (indice -8)

– Les professeurs en prévention (indice -7)

– Les professeurs en mécanique industrielle (indice -7)

– Les professeurs en optique (indice -7)

Des solutions à la petite semaine

Pour l’enseignement secondaire inférieur et supérieur, c’est 7.890 équivalents temps pleins qui sont exercés par un professeur ne disposant pas du titre listé dans la réglementation.

Dans La Libre, un directeur d’école qui tente tant bien que mal de colmater les brèches confie : "J’ai engagé un professeur d’histoire qui n’a pas encore son agrégation. Grâce à cet étudiant, au moins, les élèves ont eu cours. En plus, il fait très bien cela." Un autre explique : "Trois retraités sont revenus donner cours."

L’AGE rappelle que les pénuries ne sont pas identiques selon les zones d’enseignement. Certaines zones sont plus touchées par la pénurie de certaines fonctions.

Selon la dernière étude PISA (Programme International pour le Suivi des Acquis des élèves) publiée en 2019,  la problématique de la pénurie est bien connue en Belgique. 43,5% des directeurs pointaient un déficit de professeurs dans leur école. Et la situation ne cesse de se dégrader puisqu’en 2015, ce chiffre était de 33,9%.

Dans le reste de l’OCDE, cette tendance chute à 29,3%.

Des enseignants pas assez qualifiés ?

Pire peut-être, un quart des directeurs estimaient que 25% de leurs enseignants n’étaient pas assez qualifiés pour leur poste.

Si certains évoquent le manque d’attractivité salariale pour expliquer cette pénurie, d’autres soulignent un déficit au niveau de la formation et des conditions de travail particulièrement difficiles qui poussent les jeunes enseignants à rapidement quitter la profession.

Notons que le nombre de professeurs en valeur absolue ne cesse de croître. En 2010 ans, 94.000 profs travaillaient en FWB. Aujourd’hui, ils sont 124.000. Problème, le nombre d’élèves lui non plus ne cesse de grimper.

La ministre de l’Enseignement, Caroline Désir, prépare un plan d’action pour lutter contre la pénurie des enseignants. Elle doit présenter devant le Parlement la semaine prochaine.

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