Faut-il rendre obligatoire le néerlandais dans les écoles wallonnes?

Pour Sammy Mahdi (CD&V), il est «scandaleux» que l’apprentissage du néerlandais ne soit pas obligatoire en Wallonie. Côté francophone, on reste divisé sur la question.

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"Le niveau de pouvoir fédéral devrait pouvoir obliger les Wallons à apprendre le néerlandais", jugeait ce mardi le secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration, dans un entretien accordé à La Libre et à la DH. Pour Sammy Mahdi, c’est tout simplement "scandaleux" que l’apprentissage de la première langue nationale ne soit pas obligatoire dans l’enseignement au sud du pays.

De fait, il n’est pas rare pour un élève wallon de sortir des secondaires sans jamais avoir pratiqué la langue de Vondel. En 2020, seul un élève wallon sur trois en première secondaire avait choisi le néerlandais comme première langue étrangère. L’anglais avait par contre de plus en plus la cote : 64% des élèves le choisissaient en seconde langue.

Créer des ponts entre le nord et le sud du pays

Une situation qui contraste fortement avec la Flandre, où les cours de français sont obligatoires à partir de la cinquième primaire et pour tous les élèves de secondaire. En Fédération Wallonie-Bruxelles, le néerlandais n’est obligatoire à l’école que dans la capitale, dans les communes à facilité ou proches de la frontière linguistique, comme Mouscron ou Enghien.

L’imposer permettrait de bâtir "un terrain commun" entre les deux communautés linguistiques, selon Sammy Mahdi. Pour ses défenseurs, une imposition constituerait un "atout incontournable pour décrocher un emploi en Belgique francophone", comme le jugeait notamment Philippe Hiligsmann, professeur de langue et linguistique néerlandaises à l’UCLouvain.

Ecolo pour, le PS favorable en principe

Dans la foulée de la déclaration de Sammy Mahdi, les partis francophones se sont positionnés sur la question. Ecolo et le PS seraient prêt à imposer l’enseignement du flamand.

Suite à cette déclaration, les partis francophones se sont positionnés. Ecolo, le PS et le PTB seraient prêts à imposer l’enseignement du flamand. En novembre dernier, les écologistes avaient déjà évoqué cette possibilité. Chef de groupe Ecolo-Groen à la Chambre, Gilles Vanden Burre s’appuyait sur l’exemple du Luxembourg, où "le système éducatif utilise à la fois l’allemand et le français. Au terme de leur scolarité, avec le luxembourgeois en plus, les jeunes sont au minimum trilingues", pointait-il dans La Libre.

Manque de profs de langues

Si, du côté des socialistes, on s’accorde sur le principe de l’obligation d’apprendre le flamand comme première langue en Wallonie, on souligne cependant un écueil majeur à prendre en compte : la pénurie critique des professeurs de langue.

D’autant que dans le cadre du Pacte pour un enseignement d’excellence, il a été décidé de démarrer les cours de langue plus tôt dans le parcours scolaire. Dès la rentrée 2022-2023, l’enseignement d’une deuxième langue sera obligatoire à partir de la troisième primaire à raison de deux périodes par semaine en Wallonie et de trois périodes par semaine dans la région bilingue de Bruxelles-Capitale ainsi que dans les communes dotées d’un régime spécial.

"Il va falloir trouver 400 équivalents temps plein supplémentaire, expliquait dans Le Soir la ministre de l’Education, Caroline Désir (PS). (…)On a un vrai problème. Donc à mon avis, l’imposition du néerlandais ou de l’allemand ne peut se faire qu’à moyen long terme. Il ne faut pas sous-estimer les difficultés qui se cachent derrière ce qui pourrait apparaître comme une simple décision politique", prévenait-elle.

Chez les libéraux, on se dit favorable à l’apprentissage du néerlandais, mais pas à son imposition. Même son de cloche chez Défi, où on dit privilégier l’immersion linguistique, plutôt que l’obligation d’enseignement. Voilà en tout cas le débat (re)lancé.

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