La réforme du calendrier scolaire définitivement validée

La refonte des rythmes scolaires a été adoptée par la Belgique francophone, les avantages du nouveau système ayant pris le dessus sur ses défauts.

Une classe à Molenbeek-Saint-Jean
Une classe de primaire, dans une école de Molenbeek-Saint-Jean le 31 mai 2018 @BelgaImage

Le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a définitivement approuvé mercredi la réforme des rythmes scolaires, dont nous vous expliquions les conséquences. La prochaine année scolaire en Wallonie et à Bruxelles débutera donc le lundi 29 août 2022 pour s’achever le vendredi 7 juillet 2023.

Plus adapté au rythme des enfants

Si les vacances d’été seront à l’avenir quelque peu raccourcies, les congés de Toussaint et de Carnaval seront, eux, portés de une à deux semaines. Évoquée depuis 30 ans, cette réforme du calendrier scolaire vise à mieux tenir compte des rythmes chrono-biologiques naturels des enfants pour qui une trop longue trêve estivale mène souvent au décrochage scolaire.

Dans ce même souci d’équilibre et de bien-être, l’année scolaire sera désormais organisée sur une séquence de sept semaines de cours, suivies à chaque fois par deux semaines de vacances. Ces changements ne s’appliqueront toutefois qu’en Wallonie et à Bruxelles. En Flandre et en Communauté germanophone, c’est l’ancien calendrier qui restera en effet d’application jusqu’à nouvel ordre.

Une différence entre communautés qui fait débat

Mercredi, toutes les formations politiques ont dit soutenir cette réforme sur le fond. Mais c’est la désynchronisation des calendriers avec les autres Communautés qui a surtout fait débat. En effet, avec cette réforme, les vacances scolaires ne tomberont plus exactement aux mêmes dates au nord, au sud et à l’est du pays, ce qui devrait compliquer la vie de nombreuses familles qui scolarisent leurs enfants dans des Communautés différentes notamment. En effet, sur la quinzaine de semaines de vacances scolaires accordées chaque année, seule une dizaine resteront simultanées dans les trois Communautés.

Face à cette situation, l’opposition a à nouveau proposé mercredi via divers amendements que l’application de ce nouveau calendrier soit reportée d’un an au moins, afin de laisser le temps aux autres Communautés de s’aligner. Dans la majorité, plusieurs voix ont toutefois jugé fort improbable que la Flandre et la Communauté germanophone suivent le mouvement à brève échéance. "Attendre aujourd’hui, c’est mettre cette réforme au placard pour plusieurs années. Et c’est remettre notre sort dans les mains des autres Communautés", a fait valoir la ministre de l’Education, Caroline Désir (PS).

Le décret, et son entrée en application dès août prochain, ont finalement été approuvés mercredi par les députés de la majorité PS-MR-Ecolo. La députée bruxelloise MR Alexia Bertrand, qui mardi dans la presse avait exprimé des réserves par rapport au décalage des calendriers entre Communautés, s’est toutefois abstenue. L’opposition PTB a, elle, voté contre. Le groupe des Engagés a majoritairement voté contre également, à l’exception de sa cheffe de groupe Alda Greoli et de l’ancienne ministre de l’Education Marie-Martine Schyns qui se sont toutes deux abstenues, tout comme les trois élus DéFI.

Les départs anticipés en vacances plus sévèrement contrôlés

S’il sera modifié, le calendrier scolaire comptera à l’avenir toujours le même nombre de jours de classes, à savoir 182 par an. Le décret prévoit aussi une réduction progressive du nombre de ‘jours blancs’, ces journées où les cours sont suspendus pour permettre aux enseignants de corriger leurs copies d’examens et organiser les conseils de classe.

Enfin, que les parents amateurs de départ en vacances anticipé dès la fin juin se le tiennent pour dit: l’application du nouveau calendrier sera accompagnée d’un renforcement du contrôle de l’obligation scolaire. Objectif: s’assurer que tous les élèves restent bel et bien à l’école jusqu’au premier vendredi de juillet, comme le prévoit le nouveau calendrier. Des contrôles identiques seront menés à la fin août pour s’assurer du bon déroulement de la prochaine rentrée déjà prévue le 29 août prochain.

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