Enseignement: des milliers de profs ont réclamé de meilleures conditions de travail

Une manifestation d'enseignants a eu lieu dans les rues de Mons ce mardi. Deux mois après celle de Bruxelles, ils continuent de réclamer de meilleures conditions de travail.

Manif de profs
Ce mardi à Mons. (@Belga Image)

Le personnel de l’enseignement a sillonné les rues de Mons mardi pour se faire entendre du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles et demander de meilleures conditions de travail, près de deux mois après une première manifestation à Bruxelles. Les enseignants se disent débordés par le travail administratif et ignorés par les autorités. La manifestation a pris fin vers 13h00.

Bigarrée des couleurs syndicales, la foule de quelque 5.000 manifestants s’est réunie à partir de 10h00 devant la collégiale Sainte-Waudru à Mons. Des témoignages sur les difficultés du secteur ont été diffusés sur grand écran et le cortège a ensuite entamé un parcours dans la ville pour exprimer son mécontentement devant plusieurs établissements scolaires, au son de quelques pétards et de beaucoup de sifflets.

Stop au mépris " et " Non au pacte d’excellence ", réclamaient les pancartes brandies par les manifestants. " On ne demande pas d’argent en plus mais de meilleures conditions de travail ", résume Benoît, professeur de mathématiques à Chimay. " La situation ne fait qu’empirer avec notamment trop d’enfants dans les classes. On ne se sent pas du tout écoutés, les autorités ne nous comprennent pas. "

L’objectif de la journée est de démontrer au gouvernement que la pression de la mobilisation ne retombe pas, explique Roland Lahaye, secrétaire général de la CSC Enseignement. " C’est une piqure de rappel pour dire que le personnel enseignant est toujours mobilisé, y compris les personnes qui travaillent dans le domaine administratif et ouvrier. Le gouvernement ne comprend pas le message malgré la forte mobilisation. Il y a un ras-le-bol généralisé parmi les enseignants, surtout après la période de stress du coronavirus. "

Le secteur se plaint principalement d’un nombre d’élèves trop important dans les classes, d’une surcharge du travail administratif, de la mise en place du dispositif d’évaluation des personnels et d’un manque de moyens généralisé.

Lola, institutrice primaire à Bruxelles, confirme ces constats en évoquant un déficit de moyens par rapport aux objectifs. " On nous demande par exemple d’utiliser des outils numériques pour permettre aux enfants de se développer à leur rythme mais on ne nous fournit pas le matériel, on doit apporter le nôtre. On est aussi noyés sous tout ce qu’on doit faire à côté du travail pédagogique, les enfants en pâtissent. "

Selon Ludivine, titulaire d’une classe dans l’enseignement spécialisé à Saint-Josse, l’augmentation du travail administratif constitue l’un des principaux problèmes et éloigne les enseignants de leur fonction principale. " Le travail pédagogique devient accessoire tellement on nous rajoute du travail. Dès que je croise un collègue dans les couloirs, que ce soit un kiné ou une logopède, je dois remplir un rapport. La vie de classe passe à côté alors que je dois m’occuper d’enfants avec des troubles de l’apprentissage. "

Mi-mars, les syndicats ont rejeté les propositions du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles prévoyant entre autres un budget de 32 millions d’euros supplémentaires d’ici 2024. Cet effort est considéré comme largement insuffisant par le secteur. " L’accord sectoriel proposé n’apporte absolument rien, c’est insuffisant ", tranche Joseph Thonon, président de la CGSP Enseignement. " On ne voit pas d’issue au conflit, c’est très inquiétant. On n’a pas non plus l’impression qu’on nous écoute quand on dit que la charge de travail est trop importante. C’est un dialogue de sourds. "

Les syndicats attendent désormais une initiative du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles mais se disent pessimistes. Sans progression du dossier, ils organiseront une nouvelle manifestation de grande ampleur à Liège le 5 mai, 11 ans après la journée de grève générale contre l’accord sectoriel.

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