Valérie Glatigny: Un examen d’entrée en médecine "n’est pas tabou"

La ministre francophone de l'enseignement supérieur Valérie Glatigny a évoqué la problématique des numéros Inami face à la pénurie de médecins en Belgique.

Valérie Glatigny
Valérie Glatigny. © BelgaImage

Ce lundi matin, les mutualités chrétiennes et socialistes sont sorties dans la presse afin de demander à ce que l’on accorde, sans concession et directement, un numéro INAMI aux futurs médecins généralistes. Cette demande fait suite à une pénurie de médecins qui ne cesse de s’aggraver dans notre pays. La ministre de l’Enseignement Supérieur a voulu, avant de réagir à cette demande des mutualités, remercier l’ensemble des soignants en première ligne lors de cette pandémie de coronavirus. " Nous savons que dans cette crise sanitaire, si nous pouvons imaginer des assouplissements, c’est grâce à eux. Concernant les numéros INAMI, des négociations sont en cours avec le ministre fédéral de la Santé. Dans tous les cas, ces négociations sont là pour trouver une solution à un problème qui est vieux depuis plus de 25 ans et qui empoisonne la vie politique belge. "

Selon la ministre, il faut accorder des numéros INAMI en Fédération Wallonie-Bruxelles selon deux balises. " Il faut obtenir la garantie que tous les étudiants qui sont actuellement dans le cursus puissent avoir un numéro INAMI à la sortie car nous savons qu’un examen d’entrée exigeant et réalisé avant ce cursus filtre un étudiant sur cinq. La deuxième balise, qui est un point très important, c’est obtenir une objectivation des besoins sur les terrains. Nous devons avoir une offre suffisante sur les terrains en Fédération Wallonie-Bruxelles. Pour l’instant, nous savons que nous n’avons pas assez de médecins dans les zones rurales et ce n’est pas qu’une question de numéro INAMI, c’est aussi une question de zone géographique. On trouvera plus de généralistes à Uccle qu’à Anderlecht par exemple. Nous devons donc objectiver nos besoins. "


La mise en place d’un concours est donc une solution envisagée par la ministre qui juge que ce système de filtre n’est pas un sujet tabou. " Personne n’aime les filtres à l’entrée d’études mais il faut rappeler que l’année passée, nous avions 6.000 inscrits pour la médecine et les sciences dentaires, ce qui est un engouement très important. Cela donne un problème de la qualité de la formation. Nous avons tous en mémoire ces stagiaires qui sont devant la porte d’un patient et qu’on ne peut pas former correctement. C’est pour ça que la mise en place d’un concours nous donne plus de prévisibilités et je ne considère pas cela comme un tabou. Ce concours sera mis en place à condition d’obtenir des garanties pour tous les étudiants qui rentreront dans le cursus mais également si une objectivation de nos besoins sur le terrain est réalisée. "

La ministre Glatigny souligne que, si les conditions sont acceptées par Frank Vandenbroucke le ministre fédéral de la Santé, la mise en place d’un concours pourrait être présente dès 2023. " Mais je rappelle que ces deux balises citées précédemment doivent être acceptées ", souligne Valérie Glatigny qui souligne un autre problème dans le cadre des études en médecine, c’est-à-dire les étudiants ne venant pas de Belgique. " Nous comptons beaucoup d’étudiants qui ne résident pas en Belgique et qui entrent dans le cursus. C’est une richesse mais cela veut également dire que ce sont des étudiants formés en Fédération Wallonie-Bruxelles et qui repartent ensuite dans leur pays sans contribuer au renouvellement de la force de travail. "

La ministre de l’enseignement supérieur avoue que les négociations étaient à l’arrêt pendant un moment. " Ni au PS, ni au MR, ni chez Ecolo on aime les filtres. Aucun des partenaires de la coalition n’en veut mais les négociations ont reprises. J’espère qu’un accord tombera rapidement car c’est très important pour la qualité de la formation et pour donner plus de sécurité à nos étudiants, ce qui est très capital ", conclut Valérie Glatigny.

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