Contaminations, absentéisme… Omicron paralyse les écoles

La rentrée sous le signe du variant Omicron pose des problèmes au niveau organisationnel et menace la continuité des apprentissages.

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C’était attendu. Dix jours après la rentrée de janvier, les écoles ont fort à faire face à Omicron. Tant sur le plan sanitaire qu’organisationnel. Le baromètre de l’absentéisme mis à jour par le Segec (Secrétariat général de l’enseignement catholique) est éloquent : en date du 18 janvier, on comptait 14% d’absents parmi les élèves en maternel et en primaire, contre 8,2% la semaine précédente. Dans l’enseignement secondaire, le taux d’absence est passé de 8,9 à 14,3%, en une semaine. Des proportions d’autant plus significatives que le réseau catholique scolarise 50% des jeunes francophones.

Dans les équipes éducatives, c’est également l’hécatombe ; 14% des enseignants de maternelle et de primaire manquent à l’appel (contre 8,3% une semaine plus tôt). En secondaire, c’est 18,6% des profs et 14,1% des éducateurs qui font défaut.

" Exponentiels "

" Ce sont les taux d’absentéisme les plus élevés jamais atteints depuis le début de nos prises de mesure, à savoir en octobre 2020″, commentait dans Le Soir Etienne Michel, le directeur général du Segec." Il faut sans doute considérer que la situation est d’ores et déjà quasiment critique dans la perspective d’une organisation soutenable des écoles ".

Certes, ces absences ne sont pas toutes imputables au Covid. Il n’empêche : les mesures prises par les Codeco fin 2021 (ventilation, masque dès 6 ans) n’ont pas pu contrer complètement la plus grande contagiosité du variant Omicron. À Sudinfo, l’Office de la naissance et de l’enfance (ONE) évoquait des chiffres " exponentiels " à propos des contaminations dans les écoles.

" Nous observons une augmentation des contaminations, particulièrement forte chez les jeunes de 0 à 19 ans. Cela s’explique, en partie, par le taux de vaccination plus faible dans cette tranche d’âge, mais pas seulement. Les enfants ont davantage de contacts rapprochés et omicron circule bien plus rapidement que son prédécesseur ", pointait dans Le Soir Niko Speybroeck.

Faut-il dès lors resserrer la vis à l’écoles ? Pour le professeur en épidémiologie à l’UCLouvain, " tout dépend de l’objectif fixé. Si l’objectif est de freiner la circulation du virus, les règles doivent être plus strictes. Si l’objectif est d’éviter la saturation des hôpitaux, et particulièrement des soins intensifs, on peut tenir pour l’instant ".

" Pas de solution miracle "

En réunion avec les pouvoirs organisateurs mercredi, la ministre de l’Education, Caroline Désir (PS) a abordé quelques pistes pour éviter que la situation ne se détériore davantage à l’école, comme la mobilisation des inspecteurs et des conseilleurs au soutien pour pallier aux profs absents, ou la réduction des sollicitations administratives aux directions, afin qu’elles puissent se focaliser sur la gestion de la crise.

Dans un communiqué, Caroline Désir a souligné " qu’il n’existe malheureusement pas de solution miracle face à un variant dont la contagiosité déstructure l’organisation de toute la société ". " Il n’est pas attendu d’elles qu’elles accomplissent l’impossible : si les apprentissages doivent être poursuivis partout où les conditions le permettent, rappelons qu’en dernier recours, les circulaires permettent toujours de prononcer une fermeture organisationnelle de quelques jours pour ensuite repartir sur de bonnes bases " a-t-elle ajouté.

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