Un retour à l’école bientôt paralysé par Omicron?

De nombreuses classes pourraient être contraintes de fermer, comme c'est déjà le cas dans d'autres pays, à peine quelques jours après la rentrée.

Classe à Edegem
Une salle de classe, le 7 janvier 2022 à Edegem, en banlieue anversoise @BelgaImage

Ce lundi 10 janvier, les écoliers belges font leur retour à l’école et pour l’instant, le présentiel est au menu. Même en secondaire, les élèves seront à 100% en classe et non à moitié en distanciel comme en décembre. Une bonne nouvelle pour de nombreux enfants mais voilà déjà que le variant Omicron pourrait tout gâcher. Sa forte contagiosité a déjà fait bondir les chiffres épidémiologiques en Belgique, malgré les congés, et il n’y a pas de raison pour qu’il épargne les écoles. Les autorités craignent des quarantaines en série, malgré un assouplissement des règles, et l’exemple des autres pays n’est pas pour rassurer.

La France et le Royaume-Uni en mauvaise posture

En France, la rentrée a déjà commencé la semaine dernière et après seulement quatre jours de cours, le constat est là. 47.453 cas positifs recensés chez les élèves français et 5.631 du côté du personnel scolaire selon le ministère de l’Éducation, sans oublier les 9.202 classes fermées. Une vingtaine d’établissements sont complètement paralysés. Des statistiques qui n’annoncent rien de bon pour la suite, avec la possibilité que ces contaminations créent un effet boule de neige.

Le gouvernement français a dû alléger les mesures sanitaires à l’école ce vendredi 7 janvier pour éviter que ces fermetures ne deviennent trop nombreuses. Ces dernières ne seront par exemple plus automatiques dans le secondaire. Une initiative qui ne satisfait pas tout le corps enseignant, qui reste inquiet par rapport aux semaines à venir. Un appel à la grève a été émis pour jeudi 13 janvier «pour obtenir les conditions d’une école sécurisée sous Omicron».

Outre-Manche, le Royaume-Uni fait face au même défi. Une enquête syndicale montre qu’un chef d’établissement scolaire sur trois compte déjà plus de 10% d’absence au sein du personnel, encore une fois à cause d’Omicron. Les syndicats scolaires et le gouvernement britannique ont prévenu que ce pourcentage pourrait frôler les 25% d’ici une semaine. 95% des écoles sont également concernées par des cas de coronavirus parmi les élèves et 29% ont au moins 10% de leurs écoliers absents pour cette même raison.

Au vu de ces premiers exemples, les autres pays se tiennent prêts à faire face à d’importantes difficultés. En Allemagne, une conférence des ministres de l’Éducation (KMK) doit se tenir pour édicter les mesures à mettre en place. Une démarche qui suscite le scepticisme de l’Association des enseignants allemands comme l’affirme son président, Heinz-Peter Meidinger, au RedaktionsNetzwerk Deutschland (RND): «J’aime toujours être positivement surpris, mais j’ai peur qu’après la réunion de la KMK, nous ne soyons pas en meilleure position qu’avant».

La Belgique compte sur ses nouvelles mesures

En Belgique, la ministre wallonne de la Santé, Christie Morreale, ne s’attend pas à ce que les écoles soient épargnées par la vague Omicron. «Il y aura bien entendu des écoles et des classes qui vont devoir à nouveau fermer», affirme-t-elle à Sudpresse. «Mais encore une fois, plutôt qu’une mesure généralisée, on va essayer de faire du classe par classe. On ne peut pas garantir aujourd’hui que tout va rester ouvert dans les prochaines semaines mais on va tout faire pour».

Pour cela, les mesures suivantes seront en application sur le territoire de la Fédération Wallonie-Bruxelles. En primaire, les masques seront de rigueur dès 6 ans, alors que les maternelles en seront exemptés. Dans ces deux niveaux d’éducation, la classe sera automatiquement fermée pour cinq jours dès que quatre cas de Covid-19 seront détectés (ou 25% des élèves) sur une période de sept jours. Les enfants de 5 à 11 ans devront se mettre en quarantaine avec les adultes responsables s’ils sont déclarés cas de contact à haut risque. Contrairement à ce qui a été annoncé à la base, ces élèves ne pourront pas quitter leur quarantaine pour se rendre à l’école, même s’ils n’ont pas de symptômes de la maladie. Enfin, en combinant toutes ces mesures de précaution avec une ventilation correcte des locaux scolaires, ces écoliers sont vus par l’administration comme des contacts à bas risques.

Pour le secondaire, la quarantaine est prévue sur le même modèle que celui des adultes, à savoir selon le statut vaccinal. Autrement dit, voici ce qui est prévu en cas de contact à haut risque asymptomatique. Les élèves vaccinés avec deux doses (ou dose de rappel si majeur) ne doivent rien faire durant 10 jours, sauf respect des gestes barrières. Ceux non-vaccinés sont mis en quarantaine pendant 10 jours, ou 7 avec un autotest négatif. Pour ceux qui sont symptomatiques, c’est simple: isolement de 7 jours pour tout le monde.

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