Réforme du calendrier scolaire: " on va trop vite "

Le secrétaire général de la CSC Enseignement ne rejette pas la réforme des rythmes scolaires, mais estime qu'elle n'est pas encore "assez mûre".

école avant la réforme du calendrier
@ BelgaImage

Ce mercredi matin, Maxime Binet recevait le secrétaire général de la CSC Enseignement Roland Lahaye dans « Il faut qu’on parle ». L’occasion d’aborder la réforme des rythmes scolaires, qui devrait entrer en vigueur à la rentrée 2022. Pour rappel, cette organisation se base sur le système 7-2-7-2, c’est-à-dire deux semaines de congé toutes les sept semaines de cours.

Si la CSC Enseignement ne rejette pas en bloc la réforme et reconnaît qu’elle pourrait avoir un effet positif sur les rythmes chrono-biologiques des enfants, elle déplore la précipitation dans laquelle elle a été mise en oeuvre. « La ministre a mis le turbo, mais on ne comprend pas trop pourquoi. Tout n’est pas assez mûr à l’heure actuelle », explique Roland Lahaye.

Le syndicat regrette notamment le manque de concertation avec les autres communautés et les autres niveaux scolaires: « On est un petit pays avec trois régions, mais une seule va modifier son calendrier scolaire. Il faudrait tenir compte des élèves ou des profs qui travaillent dans différentes communautés. » Selon Roland Lahaye, certains problèmes pratiques de conflit de calendrier entre le secondaire et l’enseignement supérieur pourraient également se poser.

« Selon une enquête de faisabilité menée par la fondation Roi Baudoin il y a 2, 3 ans, la réforme peut entrer en vigueur, mais entre le moment où elle va être décidée et le moment où elle va être mise en place, il faut deux ans de préparation. On n’en est pas là et j’ai peur que le travail à la hussarde ne nuise à la réforme parce qu’on va trop vite », insiste encore le secrétaire général de la CSC Enseignement.

Le CST à l’école? C’est non

En plein regain épidémique, la prolongation du congé d’automne aurait-elle pu être envisagée pour enrayer la propagation du virus? Pour Roland Lahaye, il n’y a pas lieu de fermer les écoles alors que tous les autres secteurs, comme l’Horeca et les loisirs, restent ouverts.

Concernant l’introduction du Covid Safe Ticket dans les écoles, le secrétaire général de la CSC Enseignement se montre très sceptique: « L’école est un lieu obligatoire, donc comment juridiquement pourrait-on obliger le pass, même aux professeurs. Dans l’Horeca, par exemple, on demande le CST aux clients mais pas aux employés: aucun lieu de travail actuellement ne demande le CST, c’est ce qu’on appelle la protection des travailleurs. »

Enfin, si Roland Lahaye estimait que le personnel enseignant devait être prioritaire pour la vaccination, il s’oppose aujourd’hui à toute forme d’obligation vaccinale dans le secteur. « Je suis contre une vaccination qui pointe un secteur par rapport à un autre. L’école n’est pas le seul lieu d’interactions sociales, donc si on va vers une obligation vaccinale, le débat doit avoir lieu, mais il ne doit pas viser seulement l’école. »

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