Le prix des denrées alimentaire continue de baisser : pourquoi cela ne se remarque pas sur votre ticket de caisse

Sur les marchés mondiaux de l’alimentation, le prix de certaines denrées de base est en baisse continue. Ce qui ne se traduit pas (encore ?) à la caisse de votre supermarché.

Le prix des denrées alimentaire continue de baisser : pourquoi cela ne se remarque pas sur votre ticket de caisse
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20,5% de moins en mars 2023, par rapport à 2022. L’indice FAO (l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), qui suit la variation des cours internationaux d’un panier de produits de base, en témoigne : les prix des denrées alimentaires continuent de baisser. C’est particulièrement le cas pour les céréales, les huiles végétales ou des produits laitiers, notamment.

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Pourtant, comme le constatait Het Laatste Nieuws, ces baisses de prix ne se reflètent que très peu sur nos tickets de caisse. Si on se base sur les données de Statbel, les prix des produits alimentaires ont même augmenté de 17% en mars 2023.

Et à partir d’un panier de 3.000 produits vendus dans les principales chaînes de supermarchés belges, Test Achats chiffrait l’inflation dans l’alimentation à 20%. Pour une famille moyenne de deux personnes, cela constituait 89 euros de dépenses supplémentaires par mois, par rapport à mars 2022.

Effet retard de la crise énergétique

Un constat confirmé par Carole Dembour dans Het Laaste Nieuws. «Les prix de nombreux produits alimentaires ont en effet chuté, mais les consommateurs ne voient pas vraiment dans leur portefeuille, expliquait cette économiste de la Fédération de l’industrie alimentaire belge (Fevia). Cela s’explique en partie par le fait que les produits alimentaires font souvent l’objet de contrats annuels. Chaque année, les prix sont renégociés. Le prix que vous payez aujourd’hui au magasin a été fixé à la fin de l’année dernière, sur la base des prix en vigueur l’année précédente».

Des prix qui ont forcément été impactés par le renchérissement des coûts de transport, de la main-d’œuvre, des engrais, et bien sûr, de l’énergie. C’est toute une série d’augmentations de coûts qui ont été donc retardés par certains contrats à long terme entre producteurs et distributeurs. Ces derniers répercutent désormais, avec un effet retard, des prix d’achats fixés antérieurement.

 

 

L’approvisionnement pour certaines denrées, comme les fruits et surtout les légumes, a également été perturbé par les conditions climatiques hivernales. «La météo est le paramètre principal dans les augmentations de prix, pas l’inflation des coûts de production», avançait dans Le Soir une porte-parole de Carrefour.

Dans la DH, Emmanuel Grosjean, coordinateur au Collège des Producteurs agricoles de Wallonie, disait lui que les producteurs ne représenteraient que «30 % du prix en magasin. Ce sont les distributeurs qui fixent le reste du prix avec leurs marges».

 

 

Les aliments transformés bientôt plus chers encore?

Beaucoup de récoltes ont souffert ce hiver, ce qui engendre une moindre production de sucre, par exemple. Or, comme le veut la vieille loi de l’économie marchande, qui dit offre en baisse et demande inchangée, dit augmentation des prix. Et comme «le sucre est une matière première que l’on retrouve dans de nombreux aliments transformés», Carole Dembour s’attendait à ce que les sodas deviennent à terme «probablement encore plus chers».

En Belgique, l’Observatoire des prix s’attend également à ce que les prix ne se stabilisent ou ne baissent pas avant un long moment, du fait de cet effet retard entre le moment où les prix des matières premières baissent, et le moment où les consommateurs le ressentent.

 

 

«Les chances de voir les prix revenir à leur niveau d’il y a deux ans sont donc quasiment inexistantes», avançait même Carole Dembour dans Het Laatste Nieuws. Tout en précisant : «les aliments transformés risquent d’être encore plus chers dans les mois à venir, mais pour les aliments non transformés et les ingrédients de base, il y a de bonnes chances que les prix se stabilisent».

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