Soldes: les conseils pour éviter les pièges et trouver les (vraies) bonnes affaires

Depuis 2022, la loi est plus dure pour protéger les consommateurs des arnaques lors des soldes mais malgré tout, les pièges restent nombreux.

Soldes d'hiver
Soldes dans un magasin à Bruxelles, le 3 janvier 2023 ©BelgaImage

Avis aux amateurs de shopping: ce mardi 3 janvier 2023, la Belgique lance ses soldes d'hiver et ce jusqu'au 31 janvier. Un rituel annuel qui commence également à l'étranger, comme au Luxembourg (du 3 au 28 janvier), en France (du 11 janvier au 7 février, sauf en Lorraine où le top départ a été donné ce lundi) et au Royaume-Uni (où les soldes ont débuté au lendemain de Noël). Dans les magasins, la clientèle est bombardée de remises (-30%, -50%, voire des -80%, etc.) mais comment se retrouver dans cette offre? Car évidemment, il y a des pièges. Certains sont assez faciles à débusquer, d'autres le sont beaucoup moins.

Le droit sacré de la garantie, qu'importe les soldes

Pour savoir si tel achat représente une arnaque ou pas, il faut d'abord savoir quels sont les droits des consommateurs. Premier exemple: vous voulez acheter un produit mais le vendeur vous certifie qu'avec les soldes, la garantie est supprimée. Si vous avez affaire à ce genre de cas, vous pouvez être sûr et certain qu'ils s'agissent d'une attrape. Le SPF Économie le certifie noir sur blanc: «oui, la garantie légale de deux ans s’applique aussi aux produits en soldes». Cela marche aussi pour un article de seconde main (avec dans ce cas la possibilité de n'avoir qu'un an de garantie et non deux).

Votre ticket de caisse note que les articles ne sont ni remboursés, ni échangés? Cela ne change rien, note le SPF Économie. Vous restez en droit de demander l'application de votre garantie. Sachez par contre que si le produit ne présente aucun défaut, le vendeur n'a aucune obligation légale de le reprendre, par exemple s'il ne vous convient pas. S'il vous le rembourse, ce n'est qu'un geste purement commercial.

À lire: Petite histoire des soldes, de 1830 à nos jours

Cette situation est différente si vous faites un achat en ligne. Ici, que ce soit les soldes ou pas, vous pouvez renvoyer votre colis durant 14 jours s'il ne vous plaît pas. Vous devrez toutefois possiblement payer les frais de renvoi, à moins qu'un défaut n'ait été constaté. Veillez en tout cas à bien garder les preuves de la transaction (étiquettes, emballages) afin d'éviter les accrocs avec le vendeur.

Le consommateur mieux protégé contre les fausses réductions de prix

Une des arnaques les plus courantes en cette période de l'année, c'est la manipulation du «prix de référence», c'est-à-dire du prix antérieur à la période des soldes. Pendant longtemps, les vendeurs avaient pris la fâcheuse habitude de l'augmenter artificiellement juste avant d'y apposer un rabais. Autrement dit, l'acheteur croît faire une bonne affaire en voyant la réduction sur l'étiquette mais en réalité, il paye peut-être autant qu'en période hors-soldes. Une enquête de Test-Achats avait par exemple constaté que cette pratique était particulièrement répandue dans les magasins de meubles et d’électroménager. Pour échapper à cette attrape, le consommateur n'avait d'autres choix que d'être très vigilant, en comparant lui-même le prix de référence avec celui soldé.

Depuis le 28 mai 2022, la donne a changé avec l'application en Belgique d'une directive européenne. La loi protège désormais les clients en obligeant les magasins à afficher au moment des soldes le prix de référence pratiqué pendant les 30 jours précédant la réduction. «Pour les produits commercialisés depuis moins de 30 jours (les «nouveaux biens»), la période de référence est réduite et fixée à 7 jours», précise le SPF Économie.

Une loi souvent non respectée, parfois contournée

Ces nouvelles règles devraient donc permettre d'éviter un bon nombre de pièges... en théorie. Car malheureusement, dans les faits, de nombreux vendeurs pratiquent toujours cette arnaque. C'est ce qu'a constaté une enquête réalisée par la Commission européenne lors du Black Friday en 2022. Réalisée dans 13 pays sur près de 16.000 promotions, elle concluait que 23% d'entre elles étaient en infraction. En ligne, 43% des 176 sites contrôlés ne respectaient pas la loi.

En France, l'association UFC-Que Choisir confirme avoir constaté la même chose. Pire: certains contournent la loi en augmentant le prix non plus juste avant les soldes mais un mois avant. Cerise sur le gâteau: il y a de plus en plus d'arnaques au «prix de comparaison». Selon UFC-Que choisir, ce nouveau concept recoupe exactement le rôle joué par les prix de référence mais échappe à la législation actuelle, ce qui laisse la porte ouverte aux abus.

En résumé, les consommateurs doivent toujours se montrer prudents. Pour y voir un peu plus clair, il existe néanmoins une astuce: l'outil en ligne «Le Bon Deal» créé par Test-Achats. Il permet de détecter les fausses promotions grâce à sa base de données répertoriant l'évolution des prix de centaines d'articles dans les rayons électro-ménagers et hightech. «Mieux encore : si nous trouvons des prix plus intéressants à la concurrence, nous vous le signalons afin que vous puissiez trouver le produit souhaité au meilleur prix», précise l'association. Notons toutefois que cette application ne prend pas en compte les magasins de vêtements, où la vigilance s'impose.

Les produits low cost spécial soldes

Mais le comble de la perfidie, c'est un piège encore plus subtil. L'UFC-Que Choisir a en effet remarqué que certains produits de moindre qualité étaient «spécialement confectionnés pour la période des soldes». Si cette pratique «est moins répandue, elle est aussi plus difficile à déjouer, même après repérage».

Comment en effet savoir qu'un vêtement est moins qualitatif que la collection habituelle (avec un mauvais tissu, des coutures mal réalisées, etc.), et ne vaudrait donc pas son prix? À moins de bien connaître les caractéristiques du produit voulu, il reste encore aujourd'hui très compliqué de repérer ce type d'escroquerie.

Attention aux cyberarnaques!

Pendant les soldes, les cybercriminels sont aussi de la partie. Leurs techniques sont multiples pour piéger le consommateur, comme le fait savoir le dispositif gouvernemental français Cybermalveillance.gouv.fr: «fausses annonces promotionnelles, faux sites Internet marchands officiels, faux sites de commerce en ligne créés pour la circonstance, hameçonnage (phishing) par SMS, téléphone ou courriel (email), faux transporteur, faux support technique, fausses confirmations de commande, faux service après vente, attaques par virus ou rançongiciels (ransomware en anglais), etc.».

Pour éviter ces attrapes, les autorités françaises recommandent de vérifier toujours la «réalité et la notoriété des sites» d'achat. Il ne faut pas cliquer sur des liens dans les mails ou SMS suspects, éviter les offres trop généreuses et donc probablement fausses ou cachant de la contrefaçon, ainsi que veiller à protéger ses données personnelles et bancaires.

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