Embargo et plafond sur le prix du baril de pétrole russe : quelles conséquences pour les Belges ?

L'exportation de pétrole russe est désormais touchée par un plafonnement de son prix et un embargo partiel. Voici ce que cela va changer.

Pétrole russe
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Le projet est sur la table depuis déjà plusieurs mois. Il a abouti vendredi à un accord ratifié par le G7 ainsi que l’Australie. Et c’est en quelque sorte une double mesure qui est entrée en vigueur ce lundi.

D’un côté un embargo a été fixé sur le pétrole russe dans l’Union Européenne. Concrètement, celui-ci est désormais persona non-grata et les importations du pétrole russe sont interdites. Cependant, une exception temporaire a été permise, le pétrole brut fourni par oléoduc est encore autorisé. Temporairement. L’embargo complet devrait donc atteindre les 90% d’importations interdites d’ici la fin de l’année.

De l’autre côté, une autre mesure vient d’être adoptée par le G7 et l’Australie. Le prix du baril de pétrole russe vient d’être planifié à 60 dollars. Tout l’équilibre de ce plafond était de s’entendre sur un prix fixe qui devait être suffisamment élevé pour que la Russie conserve de l’intérêt à vendre son pétrole mais le prix de ce dernier devait être inférieur au cours actuel pour limiter au maximum les revenus que le pays pourrait en retirer.

Ces deux actions poursuivent un même objectif : mettre un maximum de pression sur la Russie pour qu’elle stoppe la guerre en Ukraine. En s’attaquant à la manne de revenus générés par le marché du pétrole russe, l’idée est de restreindre les moyens de la Russie. A titre d’information, on estime que depuis le début de la guerre en Ukraine, la Russie a généré pas moins de 67 milliards d’euros. Une sacrée somme qui continue (en partie) de financer le conflit.

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Une potentielle pénurie ?

Mais quelles conséquences sur les Belges ? Au vu de l’ampleur des importations de pétrole russe en Europe (environ 48,1%) et en Belgique (environ 29%), l’une des premières craintes quant à cet embargo et manipulation de l’offre, ça serait de connaitre une pénurie de pétrole cet hiver ou dans les mois à venir.

Cependant, selon Jean-Benoït Schrans, chargé des relations publiques à la Fédération Energia, "l’annonce de l’embargo date de plusieurs mois. Les raffineries belges ont eu assez de temps pour anticiper les éventuels problèmes d’approvisionnement. C’est d’autant plus vrai qu’en Belgique, on produit plus de diesel que ce qu’on en consomme. Et notre pays dispose d’un système de prix maximum lui permettant de ne pas avoir une répercussion directe sur les prix dans le très court terme", explique-t-il auprès de nos confrères de la RTBF.

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Même son de cloche du côté de la Brafco, qui se veut rassurante: "Il n’y aura pas énormément de conséquences. Peut-être qu’une petite influence pourrait être visible sur les marchés internationaux et pour le diesel, mais elle devrait être minime", selon Olivier Neyrinck, porte-parole de la Fédération.

Une préparation qui permet d’éviter le pire

Ainsi, grâce à cette bonne préparation des raffineries belges, cette décision de plafonner le pétrole russe ainsi que de le placer sous embargo semble ne pas tant toucher les consommateurs belges. Cela ne devrait pas non plus tant impacter les prix à la pompe qui ne devraient pas augmenter. Ils ne vont pas chuter pour autant. De même que les prix de l’énergie ne risquent pas de bouger. Les deux marchés sont complétement séparés et même si il y aurait un risque de substitution c’est-à-dire que lorsque le prix du pétrole change, la consommation pourrait se déplacer sur d’autres produits, ce dernier est extrêmement bas.

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