18% d’inflation en un an dans les supermarchés : voici les enseignes qui ont le plus augmenté leurs prix

Carrefour, Delhaize ou Colruyt… l’inflation poursuit sa course folle dans les magasins. En novembre, les prix en supermarché étaient 18% plus chers qu'un an plus tôt, selon les chiffres de Test Achats.

une famille de deux personnes dépense en moyenne 488 euros par mois pour se nourrir en supermarché
Une famille de deux personnes dépense en moyenne 488 euros par mois pour se nourrir en supermarché @BELGAIMAGE

Déjà bien entamé par des factures d’énergie qui décollent, le pouvoir d’achat des ménages souffre depuis plusieurs mois également de l’inflation des produits alimentaires. Il y a quelques semaines, Test Achats évaluait à 15% l’augmentation des prix en supermarchés par rapport à l’année dernière.

Une estimation revue à la hausse : en analysant quelque 3.000 produits de sept chaînes de la grande distribution, l’association de défense des consommateurs chiffre désormais l’inflation à 18%. Ce qui veut dire, concrètement, qu’une famille de deux personnes dépense en moyenne 488 euros par mois pour se nourrir en supermarché. Soit 75 euros de plus qu’il y a un an, et 11 euros de plus qu’il n’y a un mois.

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Parmi les produits dont le prix a le plus augmenté, les crevettes grises arrivent en tête (+61%), suivies des frites surgelées (+47%). Le papier d'aluminium, les spaghettis et les articles en papier complètent le top 5. Sur les derniers mois, ce sont les produits laitiers qui ont le plus augmenté, +24% (par rapport à l’an dernier), ajoute Test Achats.

L’inflation la plus fort chez Carrefour...

Nos confrères de la DH ont fait appel à l’application PingPrice pour tenter de cibler quelles étaient les chaînes de supermarchés ayant le plus augmenté les prix. Selon PingPrice, sur base des prix étudiés entre le 5 janvier et le 21 novembre 2022, l’enseigne la plus marquée par l’inflation est Carrefour (+12 %), devant Delhaize (+7,3 %), puis Colruyt (+5,1 %). À noter que ce classement est établi à partir de l’ensemble des produits proposés par ces marques, et non sur base du ticket de caisse d’un panier moyen.

Fondateur de PingPrice, Christophe Echement pointait notamment l’importance des négociations entre les distributeurs et leurs fournisseurs dans la différence des prix. «On remarque qu'un produit de grande marque peut augmenter différemment selon les enseignes. Cela peut explique des négociations parfois mieux ou moins bien réussies par l'un ou l'autre. Et pourtant, on l'a encore vu récemment, les distributeurs sont très durs en affaires», disait-il dans la DH.

En prenant l’exemple du prix de l’huile Vandemoortele, on constate qu'elle a augmenté de 38,33% chez Carrefour, contre 28,02+ chez Colruyt et 24,61% chez Delhaize. «C'est un des produits qui a enregistré la plus forte hausse chez les trois distributeurs», détaillait Christophe Echement.

... et pour les produits propres aux distributeurs 

Autre enseignement de ce screening, la hausse plus importante des prix des marques propres aux distributeurs, même si ces produits restent moins chers que ceux des grandes marques. Si Carrefour a augmenté ses prix, en moyenne, de 12,9 %, ses marques propres ont vu leurs prix grimper plus hauts +13,61 % pour Carrefour Sensation, +16,73 % pour Carrefour The Market, +16,93 % pour Carrefour, +17,78 % pour Carrefour Classic, +19,62 % pour Simpl et +22,19 % pour les produits blancs.

Même chose chez Delhaize, où la hausse moyenne (de 7,28%) est particulièrement alimentée par celle des marques propres au Lion : +10,33 % pour les produits Delhaize, +11,32 % pour Taste of Inspiration et +17,69 % pour 365. Les produits “maison” de Colruyt n’ont pas échappé à la règle : +7,70 % pour Everyday, +10,80 % pour Boni Bio, + 13,07 % pour Boni et +19,90 % pour la gamme Colruyt..

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«Cela tend une fois de plus à prouver que la crise a parfois bon dos, commentait Christophe Echement dans la DH. Les distributeurs tentent de récupérer la hausse de leurs coûts de fonctionnement en augmentant leurs marges sur les produits de marque propre. Certes, les promos à gauche ou à droit peuvent influer sur ces différences de prix, mais quand on constate que, globalement, les marques de distributeur ont beaucoup plus augmenté que les marques propres, il y a de quoi s’interroger. Les différences constatées ne se justifient clairement pas», jugeait-il.

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