Le pic de l’inflation sera-t-il bientôt passé ?

En octobre, l'inflation est au plus haut depuis juin 1975. Certains experts estiment qu’elle ne devrait baisser qu’à partir de janvier ou février 2023.

Comme ces derniers mois, cette fièvre inflationniste est principalement due à la flambée des prix de l’énergie
Comme ces derniers mois, cette fièvre inflationniste est principalement due à la flambée des prix de l’énergie @BELGAIMAGE

Jusqu’où va-t-elle grimper ? En octobre, l’inflation a augmenté de 12,27% sur base annuelle (donc d’octobre 2021 à octobre 2022), d’après l’office de statistique Statbel. Soit encore un pourcent de plus qu’en septembre (11, 27%). C’est bien simple : le niveau actuel de l’emballement des prix est le plus haut depuis 1975, lorsqu’il atteignait 12,5%. Comme ces derniers mois, cette fièvre inflationniste est principalement due à la flambée des prix de l’énergie. L’inflation de l’énergie atteint elle 63,03% (avec un renchérissement de 130,6 % du gaz et de 84,7 % de l’électricité).

Outre la hausse des prix de l’énergie, qui ont marqué une véritable envolée depuis le début de la guerre en Ukraine, l’autre facteur déterminant pour expliquer l’inflation actuelle est à chercher dans le redémarrage économique brutal post confinements.

La forte demande s’est alors heurtée à une offre peinant à se mettre au niveau, vu les perturbations qu’enregistraient au même moment les chaînes d’approvisionnement, en particulier en Asie. En ont découlé des pénuries de certains composants (comme des puces électroniques) ainsi qu’une forte hausse des tarifs du transport maritime.

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20% d’inflation sur deux ans?

Résultat, ces hausses de prix ont fini par faire tâche d’huile et se répercuter dans l’ensemble de l’économie. Mais, alors que le marché du gaz a vu ses cours fortement baisser ces dernière semaines, va-t-on bientôt voir la fin de ce tunnel inflationniste ? "L’actuel prix du gaz est une aberration qui s’explique par la météo extraordinairement clémente, expliquait dans l’Echo Peter Vanden Houte, chief economist chez ING. D’autre part, le prix du gaz à Amsterdam ne se reflètera pas tout de suite sur le prix final facturé aux consommateurs. Il faut toujours quelques mois, le temps d’adapter les contrats".

Voilà pourquoi l’expert ne voit pas de "diminution graduelle" avant janvier ou février 2023. Dans l’intervalle, il s’attend même à ce que les prix des produits alimentaires (+12,30% en octobre) montent encore. "La distribution est en train de renégocier les contrats avec les agriculteurs. Et avec l’hiver, les prix des légumes cultivés dans les serres vont encore augmenter. D’autre part, on aura une grosse indexation salariale début janvier".

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Également dans l’Echo, l’économiste Bruno Colmant estimait que le pic de l’inflation n’était plus très loin, avant une lente décrue : "On devrait terminer 2022 sur 12% d’inflation. On y ajoutera encore 6 à 7% en 2023, ce qui donnerait environ 20% d’inflation en deux ans".

La BCE monte au front

"On est proche du sommet de l’inflation", renchérissait dans Le Soir Etienne de Callataÿ, économiste en chef chez Orcadia Asset Management, qui pointe notamment le fait que le coût des matières premières et du transport de marchandise commence enfin à baisser.

L’action de la Banque centrale européenne (BCE), qui a remonté ses taux directeurs (le taux auquel elle prête aux banques) et qui, de ce fait, doit inciter les ménages à moins consommer et à épargner davantage, devrait aussi jouer dans la baisse de l’inflation. À moins qu’un phénomène géopolitique majeur, par nature imprévisible (les suites de la guerre en Ukraine, par exemple), ne vienne encore rebattre les cartes…

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