Face à la crise : le piège des fringues trop bon marché

Les clients des marques de luxe sont plus satisfaits que ceux de la fast-fashion, mais il y a aussi des surprises.

Un magasin de vêtements ©BelgaImage

Dans le secteur de la mode, les comparaisons sont diffi­ciles, car l’usage du produit par l’acheteur (respect des con­signes de lavage, repassage, la manière dont est étendu le vêtement, etc.) a de lourdes conséquences. Néanmoins, vous l’avez tous expérimenté: les fringues de la fast-fashion (H&M, Zara, etc.) et plus encore de l’ultra fast-fashion (Boohoo, Fashion Nova, etc.) ne font pas long feu, comparées à des marques textiles garanties à vie et conçues pour durer longtemps comme Patagonia ou Eastpak.

Les marques les moins chères sont forcément moins solides que les autres. En moins d’un an, on remarque que le tissu se déforme, la couleur s’efface. C’est que les traitements de fixation des couleurs et les finitions coûtent de l’argent”, commente le directeur général de la Fédération de l’industrie textile (Fedustria) Fa Quix. Il nuance: “En revanche, les plus chères ne sont pas forcément de meilleure qualité que celles de la gamme juste en dessous. Il arrive qu’on paie en partie la réputation”.

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Les conseils pour acheter des vêtements qui durent

Pour les vêtements, il n’existe aucun label. À chaque consommateur de se faire sa propre opinion. Fa Quix leur donne des conseils. ­Premièrement, vérifier la matière. Le lin ou la soie sont par exemple plus solides que le nylon, le polyester ou le coton bien que des vêtements réalisés à partir de ces matières puissent être de bonne ­qualité.

Même dans une matière, il y a des différences: les vêtements fabriqués à partir d’un coton à fibres longues, comme le coton Pima, ont tendance à être plus durables mais plus chers que les autres pièces en coton. Deuxièmement, Fa Quix suggère de prendre le vêtement en main pour sentir le tissu, vérifier son épaisseur, ­tester la solidité des coutures.

Évidemment, la qualité d’un vêtement ne se limite plus à sa solidité. Son impact environnemental et social est devenu une préoccupation majeure. Jean Seyll a lancé en mai dernier Lucid. Elle est la première marque belge à être entrée dans le classement français “clear fashion” sur la durabilité. “Grâce à des matériaux 100 % recyclés, notamment du lin en chanvre mélangé à du coton ou du polyester, on obtient une grande solidité. Certes, nos vêtements peuvent parfois revenir deux fois plus cher que dans la fast-fashion, mais le coût d’utilisation, c’est-à-dire le prix d’achat par rapport au nombre de fois qu’un client porte le vêtement, est en réalité inférieur, car notre t-shirt peut durer entre 3 et 5 ans sans déformation, contre moins d’un an dans certaines enseignes”, affirme-t-il.

Marques durables

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