Quels secteurs utilisent le plus de pétrole?

Alors que le robinet du pétrole va être resserré par l'Opep, focus sur ces secteurs qui sont responsables de la consommation de l'or noir en Belgique.

Raffinerie au Venezuela
Cheminée d’une raffinerie de pétrole, à Puerto La Cruz (Venezuela) le 4 novembre 2021 ©BelgaImage

Encore une mauvaise nouvelle sur le plan de l’énergie. Ce jeudi, l’Opep +, l’organisation réunissant les 13 pays de l’Opep et leurs dix alliés, a décidé de réduire sa production quotidienne de 2 millions de barils, par crainte d’une récession à venir mais aussi après une période où la production était sous tension. Cela représente 2% de la production mondiale, disparus d’un claquement de doigt. Logiquement, cela va faire encore plus monter les prix. La hausse pourrait être toutefois limitée puisqu’elle s’est déjà réalisée en partie ces derniers jours, les marchés ayant prévu la décision d’aujourd’hui. Mais cela pose quand même la question de savoir comment va se répercuter cette décision chez nous. De fait, on pense directement à l’essence de la voiture mais le pétrole est également présent dans un tas d’autres usages pas toujours aussi évidents. Certains secteurs vont particulièrement pâtir de la position de l’Opep, comme le montrent les données de 2020 fournies par Statbel sur la consommation finale de chacun d’entre eux.

La palme pour le secteur des transports

Sans surprise, c’est le secteur des transports qui utilise le plus de pétrole chez nous, avec une consommation totale de 6.858 ktep (kilotonnes d’équivalent pétrole) en 2020. Cela représente 39,97% des 17.597 ktep (écarts statistiques exclus) que la Belgique a utilisé cette année-là. Précisons que ce pourcentage pourrait être encore plus haut puisqu’il y a deux ans, nous étions en pleine crise sanitaire et l’utilisation des transports était fortement perturbée.

Dans le détail, presque tout est utilisé par le transport routier: 6.651 ktep, soit 96,98% de tout ce que consomme le secteur entier. Statbel ne fait toutefois pas la différence entre la part des voitures et des camions, rassemblés ici dans une même catégorie. Autre défaut de ce classement: les avions sont artificiellement sous-représentés puisque seuls les vols intérieurs sont comptabilisés (avec une consommation de 184 ktep, soit 2,68% du total du secteur). Cela place le transport ferroviaire en troisième position, alors que celui-ci est très peu énergivore comparé aux autres (21 ktep, soit 0,30%).

Côté industrie, la chimie loin devant les autres

Un autre secteur passé au crible de l’Institut de statistiques belge, c’est celui industriel. Au total, celui-ci consomme 1.364 ktep, toutes utilisations confondues, soit 7,75% de tout le pétrole utilisé chez nous.

Mais évidemment, le secteur industriel, c’est large. En son sein, certains domaines en utilisent beaucoup plus que d’autres. En haut du podium, on retrouve ainsi la chimie et la pétrochimie avec 1.100 ktep, soit 81,37% de tout ce que consomme l’industrie belge en pétrole.

Les autres sous-secteurs arrivent loin derrière et se partagent les miettes. La construction consomme ainsi 66 ktep, c’est-à-dire 4,83% du total. Sur la dernière marche du podium, on retrouve des segments industriels non spécifiés avec 64 ktep (4,69%). Cela veut dire qu’avec les trois domaines cités jusqu’à présent, il nous reste 9,11% à diviser entre des activités aussi différentes que la machinerie, le traitement des minéraux non métalliques, la fabrication de papiers, l’alimentation (avec boissons et tabac), etc.

Les autres secteurs

Statbel a également comptabilisé la consommation de trois autres secteurs: les ménages (surtout avec le chauffage), le commerce et les services publics, l’agriculture et la sylviculture. Ils engloutissent respectivement 2.560 ktep (soit 14,55% du pétrole consommé en Belgique au total), 786 ktep (4,46%) et 275 ktep (1,56%). Il reste une catégorie assez floue dans le tableau de Statbel: les usages non-énergétiques, qui cumulent 3.917 ktep (22,26% du total). Il s’agit visiblement ici du pétrole utilisé comme matière première, notamment dans la pétrochimie.

Sur le même sujet
Plus d'actualité