IPTV: les utilisateurs européens menacés par… un piratage

La Hongrie réfléchit à une attaque en règle contre les services IPTV qui, s'il se concrétise, aurait de lourdes conséquences.

Télévision avec IPTV
Illustration d’une télévision ©BelgaImage

Répandu bien qu’illégal dans sa forme la plus courante, l’IPTV pourrait voir ses jours comptés. C’est en tout cas la menace que fait planer l’Association hongroise des communications (MKSZ). Son but: neutraliser ce service qui pirate les chaînes télé pour les rendre disponibles à très bas prix… en le piratant à son tour. MKSZ en a effet plus qu’assez de la popularité de l’IPTV, les plaintes aboutissant sur des enquêtes longues. Bien qu’elles permettent parfois de démanteler certains réseaux, elles sont souvent inefficaces. C’est pourquoi elle a présenté son plan d’attaque qui pourrait priver les utilisateurs européens d’une grande partie de leur bouquet télévisuel.

S’attaquer aux adresses IP

Concrètement, cette attaque viserait le point faible de l’IPTV: son utilisation des adresses IP. Ces dernières lui permettent de fonctionner en contournant les blocages traditionnels. Le revers de la médaille, c’est qu’elles sont aussi vulnérables aux attaques dites DDoS que veut mettre en place MKSZ. Elles submergent les adresses IP d’informations, à tel point que cela provoque leur panne, la demande étant trop importante. Le système devient dès lors inopérant.

Dans ce cas, les pirates IPTV ont déjà une tactique pour parer au problème: basculer de l’adresse IP neutralisée vers une autre toujours valable. Ce que voudrait faire MKSZ in fine, c’est qu’il soit possible de mener des attaques DDoS en série, avec des outils qui permettraient de repérer ces changements d’adresses pour les suivre à la trace. De fil en aiguille, l’IPTV dans son ensemble pourrait être ainsi mis hors d’état de nuire.

Un défi ambitieux mais non acquis

Le problème, c’est que MKSZ ne peut pas se lancer seule dans la bataille, surtout que ce type d’opération n’est pour l’instant pas autorisé. C’est pourquoi elle a demandé l’avis des autorités hongroises pour nommer une organisation habilitée à mener cette guerre numérique légale contre les IPTV illégaux. Si l’idée aboutit, les attaques DDoS pourraient faire baisser la qualité des services IPTV à un tel point que les utilisateurs pourraient s’en détourner.

Pour l’instant, la question est toujours étudiée par les autorités hongroises, qui n’ont pour l’instant pas donné de réponse. L’obtention de leur feu vert n’est pas acquis mais si cela devait se faire, les conséquences pourraient être non négligeables. Tous les utilisateurs d’IPTV en Europe pourraient être touchés par cette bataille d’adresses IP.

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