Bois de chauffage: une hausse affolante des prix et du nombre d’arnaques

Ces derniers mois, le bois de chauffage est devenu si prisé que l'offre a du mal à répondre à la demande, amenant à l'apparition d'arnaques.

Bois de chauffage
Bois de chauffage à Thionville (Moselle, France) le 19 octobre 2006 ©BelgaImage

Les prix de l’énergie augmentent et malheureusement, le bois n’échappe pas à la règle. En un an, le stère est passé de 84 à 140€, soit +70%, et de 4,20 à 10€ pour le sac de 15 kg de pellet, c’est-à-dire +120%, selon les chiffres de la RTBF. Une tendance encore plus marquée en ville qu’à la campagne à cause du coût du transport. Idem chez nos voisins. En France, les palettes de bois brut ont vu leur prix bondir de 20% depuis juin, selon le Figaro. Pour les granulés, ce serait trois fois plus cher qu’il y a six mois. Côté allemand, la hausse serait de 85,7% pour le bois de chauffage par rapport à l’année dernière, et même de 133,3% pour les flocons et les granulés de bois, d’après le média européen Euractiv.

Les livraisons voient leur durée s’allonger et leurs quantités s’amenuir. "En 23 ans de carrière, je n’ai jamais vu ça", témoigne à France Bleu Alsace le président du groupement syndical des négociants en bois de chauffage d’Alsace. Ce bouleversement est tel que des arnaques apparaissent. Décryptage.

Un marché sous tension

Sans surprise, l’un des principaux facteurs de cette flambée des prix, c’est l’attrait croissant pour le bois. Avec l’inflation du coût du gaz et de l’électricité, de plus en plus de ménages se tournent vers cette alternative pour se chauffer durant cet hiver. Or qui dit augmentation de la demande dit augmentation du prix. En France, les autorités incitent d’ailleurs de plus en plus pour que la population se tourne vers le bois de chauffage, selon les recommandations de l’Ademe.

Comme l’explique à la télévision publique Pierre-Louis Bombeck, chargé de projets chez Valbiom, des éléments plus subtils tendent encore plus le marché. Il y a la baisse de l’activité dans les exploitations forestières due au Covid et à une saison 2021 trop pluvieuse, la diminution des importations à cause d’un coût du transport trop important, mais aussi la demande accrue de l’industrie en bois et papier. Quant au pellet, "les gros producteurs de pellets en Wallonie sont également les grosses scieries de résineux et ces grosses scieries sont équipées d’unités de cogénération. Donc ça veut dire qu’ils produisent eux-mêmes la chaleur et l’électricité qui peut être utilisée pour la production des pellets", déclare-t-il.

Éviter les arnaques avec quelques astuces

Conséquence: les médias parlent de plus en plus de pénurie, surtout en France où plusieurs commerçants affirment ne pas avoir assez de bois pour tout le monde. En Belgique, selon Pierre-Louis Bombeck, ce manque concerne surtout les pellets, moins le bois de chauffage même si là aussi, les livraisons ont du mal à tenir la cadence. De plus en plus de stocks pas totalement séchés sont vendus, bien qu’il soit moins efficace.

Il y a aussi un nombre croissant d’arnaques, comme en atteste TF1 Info qui donne l’exemple d’un homme qui s’est fait piéger. Voyant sur internet une offre trois fois moins cher que le reste du marché, il s’est laissé convaincre par l’apparente professionnalité du site. Pour cause: cette adresse web a copié l’identité d’une entreprise bien réelle. Il a fait un virement bancaire en ligne, bien qu’il trouvait cela bizarre, et n’a jamais reçu son colis. "Il est important de vérifier de qui on on parle, en cherchant les mentions légales, que l’on trouve généralement à la fin. On peut aussi localiser l’adresse. Si en la cherchant, on tombe sur un centre commercial, cela peut être suspect", explique Jean-Jacques Latour, expert en cybersécurité.

Plus globalement, l’association Que Choisir conseille d’acheter du bois sec, avec un taux d’humidité inférieur à 20%. Un bois trop lourd, avec de la mousse ou des champignons ainsi qu’une écorce qui reste solidement attachée est trop humide. Il faut ensuite le stocker dans un endroit sec et ventilé, sans contact avec le sol. Parmi les essences moins adaptées, on trouve les bois tendres (peuplier, saule, bouleau), si ce n’est pour l’allumage grâce à son combustion rapide. Les résineux brûlent eux aussi trop vite. Il vaut donc mieux se tourner vers les feuillus durs (hêtre, charme, etc.). Enfin, petite note écolo: retirer l’écorce permet de moins polluer.

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