Baisse des taxes, gel des prix… que font les pays européens face à l’inflation?

Pour limiter les effets de la flambée des prix et soutenir le pouvoir d’achat des ménages, les États européens ont dégainé différents types de mesures.

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De nombreux Etats européens ont adopté une remise temporaire sur le carburant @BELGAIMAGE

Partout en Europe, les gouvernements multiplient les mesures d’urgence pour tenter d’endiguer les conséquences économiques et sociales d’une inflation qui a atteint 9,1% en zone euro au mois d’août. Quitte parfois, à y mettre le paquet. L’Allemagne, par exemple, a récemment annoncé débloquer 65 milliards d’euros pour soutenir le pouvoir d’achat. La France a décidé de maintenir son "système de bouclier" tarifaire jusqu’en 2023. Et l’Espagne a introduit (entre autres) un pass ferroviaire gratuit.

Vu leurs contextes nationaux respectifs, les mesures prises en Europe diffèrent d’un pays à l’autre. Mais l’on peut tout de même identifier trois types de leviers actionnés par les gouvernements depuis le début de la crise ; "les transferts aux plus vulnérables, les réductions temporaires de taxes ou remises sur le prix des carburants et, dans une moindre mesure, la régulation des prix", listait l’économiste Nadia Gharbi dans Alternatives économiques.

Allemagne

Berlin a mis sur la table 65 milliards d’euros supplémentaires pour protéger les consommateurs et les entreprises contre les effets de de l’inflation. Parmi les nouvelles mesures annoncées ( c’est le troisième plan de soutien depuis le début de la guerre en Ukraine et la nouvelle flambée des prix de l’énergie), une taxe exceptionnelle sur les producteurs d’énergie. De quoi récolter au moins dix milliards d’euros, estiment les autorités allemandes.

Espagne et Portugal

En raison de leur faible interconnexion électrique avec le reste du continent européen, Madrid et Lisbonne ont obtenu fin avril, l’autorisation des institutions européennes de sortir du mécanisme européen de tarification, qui cale le prix de l’électricité sur celui du gaz. Et l’Espagne, comme le Portugal, ont également été autorisés à plafonner les prix du gaz. De plus, à partir du mois d’octobre, le gouvernement espagnol va réduire la TVA sur le gaz de 21 à 5%.

En attendant, les Espagnols bénéficient depuis fin août d’un pass ferroviaire gratuit sur toutes les lignes locales et interurbaines de moyenne distance. Le but ? alléger le coût de la vie et réduire les trajets en voiture. Près d’un demi-million d’Espagnols aurait déjà précommandé les cartes de transport gratuites. Le gouvernement de Pedro Sanchez réfléchit également à passer un accord avec les grandes surfaces, pour geler le prix de denrées alimentaires de base, comme le pain ou les œufs.

France

Le gouvernement français a déployé depuis l’hiver un "bouclier tarifaire" sur les prix de l’énergie, gelant ceux du gaz et limitant à 4% la hausse des tarifs de l’électricité. Sans ce dispositif, la hausse des tarifs aurait été de près de 45 % pour les ménages français en 2022, selon la Commission française de régulation de l’énergie (CRE). Censée expirer à la fin 2022, la mesure devrait être prolongée. Une chèque énergie de 150 euros en moyenne a également été versé aux ménages les plus modestes.

Des mesures plus timides en Belgique

Chez nous, le récent "Codeco Énergie" a principalement accouché d’un prolongement de mesures déjà établies, comme la réduction des accises sur les carburants et de la TVA sur les énergies, ainsi que la prolongation de l’extension du tarif social. Un résultat jugé beaucoup trop maigre par l’opposition. Au micro de LN24, le Commissaire européen à la Justice, Didier Reynders, a exhorté la Belgique à presser le pas. "Il est temps que des décisions tombent", a-t-il pressé.

Alors que l’UE semble avoir acté le principe du plafonnement du prix du gaz et est prête à taxer les surprofits des entreprises, le gouvernement belge réfléchit à une manière d’agir à son échelon. Selon Le Soir, la Vivaldi envisagerait de fournir à tous les ménages un volume de gaz à un prix fixe, et bas. Au-delà d’un certain volume, la loi du marché (potentiellement lissée par les décisions européennes) reprendrait ses droits.

Un temps évoqué, l’idée d’étendre le tarif social à une plus large fraction de la classe moyenne (jusqu’au cinquième décile, aimerait le ministre socialiste de l’Economie, Pierre-Yves Dermagne) serait abandonnée, vu la difficulté technique de la mesure.

 

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