Immobilier: est-ce vraiment le pire moment pour acheter?

Entre les taux d'intérêts plus élevés et une diminution du pouvoir d'achat, faut-il être fou pour investir dans l'immobilier pour le moment? Pas tout à fait.

une maison à vendre sur le marché immobilier belge
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Ces dernières années, les taux d’intérêt étaient historiquement bas. Pour les Belges, malgré la hausse continue des prix des maisons et appartements, c’était le moment ou jamais d’acheter ou de construire. Ce moment serait-il passé?

En moins d’un an, les taux de crédits immobiliers ont explosé. Un taux fixe sur 20 ans qui se négociait à 1% se négocie désormais à un taux supérieur à 2,5%, selon BNP Paribas Fortis, interrogé par nos confrères de La DH. Rien de dramatique par rapport à l’inflation, mais en pratique, pour les investisseurs, cela donne tout de même une augmentation considérable, et parfois contraignante, du montant total à rembourser. À cela s’ajoute parfois la hausse des prix des matériaux de construction qui obligent certains ménages à revoir leurs ambitions à la baisse.

Patrick et Sylvie en ont fait l’amer constat. Ils ont acheté un terrain pour y construire leur maison de rêve. Mais entre décembre dernier et aujourd’hui, les prix ont flambé, autant d’un point de vue des matériaux que des taux d’intérêts. L’entrepreneur leur demande désormais 500.000 euros au lieu de 300.000€. Pour l’emprunt, limité à 350.000 €, le taux est passé de 1% sur 25 ans à 3% pour la même durée. "En l’espace de 6 mois, le même emprunt nous coûte 100.000 € de plus. C’est de la pure folie", confient-ils au quotidien.

Pire encore après?

La hausse des prix de l’énergie et, en général, des produits de consommation pèse également dans la balance. Mais deux profils se distinguent face à cette situation économique: "d’un côté, certains candidats emprunteurs pourraient penser que la conjoncture est peu propice à se lancer dans un investissement immobilier et d’un autre côté, certains candidats emprunteurs préfèrent réaliser leur opération immobilière le plus rapidement possible car ils s’attendent à ce que la hausse des taux se poursuive alors que dans le même temps l’inflation grignote leur épargne", observe BNP Paribas Fortis.

Ralentissement du marché immobilier

S’il est impossible de prédire l’avenir du marché immobilier, un récent constat apporte néanmoins une lueur d’espoir: le marché ralentit. Depuis début 2022, le nombre de transactions est en baisse. Quant aux prix des maisons et appartements, ils ont plutôt tendance à stagner. Fini l’euphorie où tout se vendait en un rien de temps, à des prix excessifs? Presque. Cela reste encore valable pour les biens de qualité, en parfait état. Les autres, énergivores et à rénover, restent plus longtemps sur le marché. Un levier important pour tenter de négocier leur prix.

Relativisons également sur les taux d’intérêts actuels. Même s’ils sont parfois trois fois supérieurs à ceux de l’an dernier, ils restent relativement bas… pour le moment. Investir dans la brique reste safe, encore faut-il bien calculer son risque financier. À vos tableaux Excel!

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