Énergie: on a calculé ce que vous coûtent vraiment vos appareils électroménagers

En comparant le niveau de consommation en kWh et l'inflation des prix de l'énergie, voici ce que vous devez plus ou moins débourser pour vos appareils.

Illustration du coût de l'énergie
Illustration du coût de l’énergie ©BelgaImage

Avec l’inflation, vous avez probablement fait particulièrement attention à votre facture énergétique ces derniers temps. Certains ménages ne cessent d’apporter des modifications à leurs trains de vie quotidiens, à l’image de cette mère de famille interrogée par La Libre qui imagine même devoir déménager alors qu’elle gagne "un salaire assez correct". Sans arriver à de tels extrêmes, ce contexte amène une partie de la population à rivaliser d’inventivité pour trouver des astuces permettant d’épargner le plus possible. En ce sens, la question de la consommation des appareils électriques revient sur le devant de la scène. Quels sont ceux qui sont les plus énergivores et qui plombent donc le plus votre porte-monnaie? Plusieurs sites et organismes ont fait leurs classements pour se faire une petite idée. Mais attention: ils peuvent être plus complexes qu’il n’y paraissent à première vue.

Les bonnets d’âne

Comme le fait savoir le SPF Économie, le premier poste de consommation énergétique des ménages belges et de loin, c’est le chauffage (74%). Suivent les appareils électriques (dont l’éclairage) et le chauffage de l’eau, tous les deux à hauteur de 12%. Mais évidemment, pour le chauffage, si le chauffage arrive en pôle position, c’est à cause de sa consommation de gaz naturel (47% du total) et de mazout (37%), l’électricité ne représentant dans ce domaine que 3%.

Si on se concentre seulement sur la consommation électrique, on a donc le classement suivant établi par l’Energuide de Sibelga, le gestionnaire du réseau électrique bruxellois. Aux deux premières places, on trouve le boiler de 100 l (1.700 kWh par an) et le chauffage d’appoint (600 kWh). On trouve ensuite les différents appareils électroménagers et informatiques, avec la palme qui revient au frigo Combi moyen (500 kWh). La suite du classement est composé du sèche-linge PAC à évacuation (500 kWh), d’une ancienne TV plasma (480 kWh) et d’un lave-vaisselle ancien (380 kWh).

Avec quelques changements, un classement bouleversé

Cela dit, la liste se complexifie si on y introduit quelques nuances. Le frigo Combi ici cité est par exemple noté C sur les étiquettes énergie. Si on prend le même type d’appareil mais avec une cote d’A+, la consommation énergétique tombe à 150-190 kWh. Pour le sèche-linge PAC, sans système d’évacuation, il ne consomme plus que 200 kWh. Quant au lave-vaisselle, si on prend un exemplaire noté A+++ (et non C comme auparavant), on arrive à 220 kWh, soit plus qu’un bon frigo Combi et le sèche-linge sans évacuation. Pour la TV plasma, il s’agit des niveaux de consommation en service (avec 4 heures d’utilisation par jour).

Si on prend en compte ces paramètres, d’autres appareils consomment comparativement tout autant, voire plus. C’est le cas des taques de cuisson (en comptant l’utilisation de deux taques pour un repas par jour). On monte alors à 360 kWh pour celles en fonte, 260 kWh en vitrocéramique, et 210 kWh par induction. Dans le bureau, un ordinateur de bureau avec écran (avec 250W) consomme 300 kWh en service (pour 4 heures par jour). Dans la buanderie, un ancien lave-linge (noté A) monte à 270 kWh (180 kWh pour un autre performant coté A+++). On trouve aussi le fer à repasser (260 kWh pour 5h d’utilisation par semaine pendant 48 semaines par an), la lampe halogène sur pied (240 kWh, 4 heures par jour), le chauffe-eau sous évier de 5 litres (200 kWh) et le four électrique (150 kWh pour trois utilisations d’1,5h par semaine).

Le reste des appareils consomment globalement moins de 100 kWh par an. On trouve ainsi l’ordinateur portable en service (90 kWh, avec quatre heure d’utilisation par jour), le radio-réveil marchant en continu (87 kWh), le routeur Wifi (85 kWh), la console de jeux (84 kWh, deux heures par jour), l’aspirateur (80 kWh, deux heures d’utilisation par semaine), la centrale-vapeur (75 kWh, 1,5 heure par semaine), et le micro-ondes (60 kWh). En-dessous de 50 kWh, on trouve le décodeur TV marchant en continu (50 kWh), la cafetière (30 kWh, 5 minutes par jour), la hotte notée E (25 kWh, 40 minutes par jour pendant 300 jours, ou 15 kWh avec une cote de A), l’éclairage économique (20 kWh, avec 5 heures par jour 335 jours par an), le sèche-chevuex (11 kWh, 30 minutes par jour pendant 48 semaines par an), la lampe de bureau LED (10 kWh pour 4 heures par jour), le chargeur smartphone (7 kWh pour 4 heures par jour) et enfin, quasi anecdotique, la brosse à dent électrique (0,3 kWh pour 5 minutes par jour).

Et tout ça, ça coûte combien?

Si on veut aller un peu plus loin, parler en euros peut être plus parlant qu’en kWh. C’est ce qu’a fait Sibelga, mais avant que la guerre d’Ukraine ne vienne gonfler les prix de l’énergie. Pour coller plus à la réalité de 2022, un ancien chercheur de l’UCLouvain qui s’est depuis investi dans le domaine de l’informatique et de l’environnement, Bernard Lambeau, a repris les données de l’Energuide et créé un fichier donnant une idée des prix actuels. Avec une augmentation de 200% des coûts de l’énergie, on arrive aux résultats suivants. Par an, le prix pour le boiler de 100 litres revient à 971€. Suivent le chauffage d’appoint (343€) et le frigo Combi noté C (286€).

On note aussi de belles économies si on utilise des appareils plus performants. Pour le frigo Combi, on passe ainsi à 100€ avec une cote de A+ au lieu de C. Idem pour toute une série d’autres exemples sur le même modèle. Le coût baisse de 286€ à 114€ pour le sèche-linge, de 217€ à 126€ pour le lave-vaisselle, de 154€ à 103€ pour le lave-linge, etc. En optant pour un ordinateur portable et non de bureau, on ne paie plus 171€ mais 51€ par an. On se rend également compte que certaines dépenses plus petites peuvent peser lourd une fois additionnées. On peut ainsi aboutir à une belle somme en cumulant par exemple le radio-réveil (50€), la console de jeux (48€), la TV LCD (86€), le routeur Wifi (49€) ou encore le décodeur TV (29€).

Des nuances pas si anecdotiques

Il est également possible d’introduire toute une série de nuances supplémentaires. Pour les décodeurs par exemple, Test Achats précise qu’il existe des différences importantes de consommation électrique entre les opérateurs: presque 100 kWh par an pour Scarlet (dont plus de 70 kWh rien que pour la veille), contre environ 25 kWh au total pour Proximus (voire 20 kWh pour Telesat). Pour Orange, Voo et Telenet, on se situe respectivement aux environs de 70 kWh, 82 kWh et 90 kWh au total. De quoi faire réfléchir avant de prendre tel ou tel décodeur.

La consommation en veille d’autres appareils peut être également importante. Avec une inflation de 200%, le mode veille peut amener à débourser par an 40€ pour un ordinateur de bureau, 23€ pour une ancienne tv plasma, ou encore 11€ pour un ordinateur portable. Des coûts facilement évitables ou tout du moins limitables. L’Ademe (Agence française de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) donne aussi toute une liste de conseils pour limiter la facture, comme s’équiper d’ordinateurs éco-conçus à très basse consommation, mettre en place des compteurs d’énergie au niveau des prises, etc. Cette institution précise aussi que laisser son chargeur de smartphone branché même quand il n’est pas utilisé, ça consomme. Un surcoût de 2,6 kWh pour six chargeurs. Cela reste donc limité mais c’est aussi une consommation absolument inutile. À noter aussi que si le frigo combiné est très énergivore, selon l’Ademe, il vaut encore mieux opter pour cela que pour un réfrigérateur et un congélateur séparés, ce qui reviendrait au final à consommer plus d’électricité.

Pout terminer, l’Ademe donne aussi des conseils spécifiques pour les différents appareils électroménagers de la maison. Pour le lave-linge, privilégiez ainsi les programmes éco et les heures creuses (comme pour toute une série d’autre appareils), les basses températures, et n’oubliez pas de nettoyer régulièrement le filtre et de bien remplir le tambour. Évitez le sèche-linge le plus souvent en séchant à l’air libre et si vous l’utilisez, essorez bien le linge et privilégiez un modèle à condensation (non pas à évacuation) et avec une sonde d’humidité. Pour le frigo, évitez les modèles trop grands pour vos besoins (dont celui américain, qui consomme deux fois plus qu’un réfrigérateur classique), de le placer près d’une source de chaleur (ou de l’ouvrir souvent), d’y placer trop de marchandises ou des liquides et légumes non couverts (leur évaporation sollicite le compresseur), veillez à ce que l’air circule bien tout autour, dégivrez dès que la glace fait une couche de 2-3 mm et nettoyez régulièrement.

Dans le salon, logiquerment, plus la télévision est grande, plus elle consomme, et si vous en avez une à écran LCD ou LED, vous économiserez. Avec l’ordinateur, ne laissez pas allumé 24h/24, éteignez l’écran quand vous ne l’utilisez pas et ne le laissez pas branché (comme pour le smartphone, il continue de consommer). Débranchez vos consoles de jeux et vos postes radio-télé quand ils ne sont pas sollicités, éventuellement via des multiprises, Enfin, pour le chauffe-eau, trois solution pour réduire la facture d’un tiers: optez pour un réducteur de débit, une jaquette isolante et un régleage du thermostat à 50-55°C. Vous pouvez aussi adaptez la taille à vos besoins, remplacer un chauffe-eau thermodynamique par un solaire individuel (des aides communales existent souvent pour cela) et l’entretenir (via un détartrage et une vérification de la soupe de sécurité sur l’arrivée d’eau). Si vous vous absentez 2 ou 3 jours, l’Ademe vous conseiller de le couper.

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