Plafonner le prix du gaz? Le message fort d’Alexander De Croo en Norvège

Le Premier ministre belge était en Norvège ce lundi où il a plaidé en faveur de la mise en place d’un plafond du prix du gaz.

Alexander de Croo en Norvège
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Le Premier ministre belge Alexander De Croo a appelé lundi depuis la Norvège les pays européens à intervenir sur le marché " irrationnel " du gaz pour protéger les citoyens et les entreprises de la hausse des prix de l’énergie. " Nous appelons nos partenaires européens, la Norvège en premier, en tant que partenaire fort et allié de l’Otan à travailler ensemble pour faire baisser le prix du gaz, et à établir un cadre européen qui rassemble nos pays dans la lutte pour récupérer les profits exceptionnels générés ", a-t-il affirmé lors d’un discours devant l’Offshore Northern Seas Conference (ONS) à Stavanger, en Norvège – le principal fournisseur de gaz à la Belgique.

L’ONS est une conférence internationale consacrée à l’énergie qui réunit des personnalités politiques, des chefs d’entreprise, des leaders d’opinion et des universitaires autour de thèmes concernant ce secteur.

La mise en garde de la Norvège

M. De Croo, qui a également rencontré son homologue norvégien Jonas Gahr Støre, s’est attaché à convaincre Oslo de l’utilité de fixer un prix plafond européen pour le gaz naturel. " Les Norvégiens n’ont pas non plus intérêt à ce que l’Europe se dirige droit vers l’abîme ", a-t-il lancé en renouvelant sa proposition lors de son entretien avec M. Støre.

Le Premier ministre norvégien n’a toutefois guère montré d’enthousiasme. Au contraire. Il a mis en garde contre les propositions qui pourraient effectivement conduire à une diminution de l’approvisionnement en gaz. " Nous voulons également la stabilité du marché de l’énergie. Les prix élevés de l’électricité affectent également le sud de la Norvège. Mais nous devons faire attention aux propositions qui pourraient affecter l’approvisionnement en gaz ", a déclaré M. Støre.

La Norvège est aujourd’hui est considérée comme un espoir pour de nombreux pays européens qui souhaitent réduire leur dépendance à l’égard des approvisionnements en pétrole et en gaz naturel russes à la suite de l’invasion de l’Ukraine. Cette recherche de nouvelles sources d’approvisionnement et l’objectif fixé par l’Union européenne – un remplissage des stocks d’au moins 80% pour le 1er novembre 2022 et par la suite d’au moins 90% avant chaque hiver jusque fin 2025 – a entraîné une hausse sans précédent des prix du gaz, même si un fort recul des prix a été enregistré lundi à Amsterdam, la principale bourse pour le gaz.

M. De Croo est depuis longtemps favorable à l’introduction d’un prix plafond pour le gaz naturel à l’échelle européenne, afin de calmer les marchés et d’éviter notamment des fermetures d’entreprises. Le chef du gouvernement fédéral – un libéral – a répété ce message lundi à Stavanger. " Je crois au marché libre, mais si cela ne fonctionne pas, nous devons intervenir. Le coût élevé du gaz naturel est devenu insupportable pour la société en Europe aujourd’hui ", a-t-il affirmé. Selon M. De Croo, l’introduction d’un prix plafond européen pour le gaz naturel est en mesure de réduire l’incertitude actuelle sur le marché.

Il a fait valoir qu’un producteur de gaz comme la Norvège bénéficierait également d’un tel gel des prix. " Ce n’est pas non plus à l’avantage des Norvégiens si l’Europe fonce droit vers l’abîme ", a dit le Premier ministre.

Coopération belgo-norvégienne

Il a encore insisté sur les avantages pour la Norvège d’une collaboration accrue à long terme. La Belgique, par exemple, dispose d’une expertise certaine en ce qui concerne les éoliennes en mer, un domaine dans lesquels les Norvégiens ne sont pas encore en pointe aujourd’hui. Des plans existent également pour une coopération belgo-norvégienne afin de capter le CO2 provenant notamment des entreprises chimiques anversoises, de le transporter vers la Norvège et de l’y stocker en mer du Nord.

Le gestionnaire de réseau gazier belge, Fluxys, et le géant énergétique norvégien Equinor ont lancé les études en vue de la construction d’un gazoduc à cette fin. La Belgique et la Norvège travaillent également déjà ensemble sur l’hydrogène – un domaine dans lequel la Belgique fait figure de pionnier en Europe -, une filière stratégique pour la décarbonation de l’économie.

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