Vous êtes-vous déjà fait avoir par la " shrinkflation "?

La réponse est "oui". Mais peut-être ne vous en êtes-vous pas rendu compte... La "shrinkflation" est un mélange de "shrink" (rétrécir) et "inflation".

L’inflation touche tout le monde. Même les grosses marques de l’agroalimentaire. Voici donc venu le temps de la " shrinkflation " (contraction de " shrink ", " rétrécir " et " inflation "), technique commerciale sournoise consistant à vendre au même prix, dans un même emballage, moins de contenu.

Déjà eu l’impression que le paquet de chips était à moitié vide? C’est parce qu’il l’est! Ou qu’il y avait vraiment peu de croquettes dans ce sachet congelé? Idem. Pour ne pas répercuter frontalement l’augmentation des prix, les marques ont recours à la " shrinkflation ". Pas vu, pas pris. On récupère son dû comme on peut. Même si, en fin de compte, c’est toujours le consommateur qui trinque.

Pas illégal

Interrogé par l’AFP, le professeur de marketing à la Sorbonne Pierre Chandon explique : " La plupart des consommateurs ont l’idée fausse que les quantités sont standardisées, régulées. Parce que nous pensons que le poids est fixe, nous n’y prêtons guère attention ". D’ailleurs, la " shrinkflation " n’est pas illégale. Du moment que l’étiquetage est conforme.

D’ailleurs, certaines entreprises ne s’en cachent pas. Le géant Frito-Lay (qui possède notamment Cheetos, Doritos et Lay’s) a annoncé qu’il allait diminuer son nombre de chips par paquet pour faire face à l’inflation. Selon le Time, retirer cinq chips par paquet équivaudrait pour la société à faire des économies de 21 centimes par sachet, soit… 50 millions de dollars pour 200.000 sachets vendus. C’est pas rien. En tout cas, ça vaut bien cinq chips en moins.

La technique ne serait d’ailleurs pas l’apanage de l’agroalimentaire. Dans l’hôtellerie, on vous vendra des chambres plus petites, des avions réduiront l’espace des sièges, des voitures plus petites coûteront le même prix qu’une plus grande… L’heure est à la réduction, qu’ils disaient. Chéri, j’ai rétréci le contenu – mais pas les prix!

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