Réduire de 15% la consommation de gaz: quel impact pour la Belgique?

L’Europe s’est accordée sur un plan d’économie de gaz pour se prémunir des coupures de l’approvisionnement venu de Russie. Mais les ménages belges ne seront pas directement concernés.

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Gazprom, le géant russe de l’énergie l’a annoncé : à partir de ce mercredi, le gazoduc Nord Stream ne fonctionnera plus qu’à 20% de ses capacités. C’est un énième coup de pression dans la guerre économique et énergétique que se livrent Russie et UE depuis le début de l’invasion de l’Ukraine. Pour tenter de se mettre hors d’atteinte du chantage au gaz que mène Moscou, l’Europe a décidé de réduire sa consommation de gaz de 15%.

Validé mardi en Conseil des ministres de l’UE, le plan vise à favoriser la reconstitution des stocks de gaz. Les 27 craignent en effet des pénuries pour l’hiver. Ils se sont donnés pour objectif un taux de remplissage des réserves de 80% d’ici à novembre. Ce seuil ne pourra cependant être atteint si la Russie diminue encore drastiquement ses livraisons. Le cas échéant, l’Union sera alors contrainte de prendre des mesures de réduction de la demande.

Initialement, la Commission européenne avait proposé que la réduction de la consommation de gaz soit obligatoire. Le conseil des ministres a finalement opté pour une réduction volontaire de 15 %, entre le 1er août 2022 et le 31 mars 2023. À noter que si l’état d’urgence devait être déclaré, une réduction obligatoire de la consommation pourrait être décidée par le Conseil de l’UE.

Exemptions pour la Belgique

Ce plan ne devrait pas avoir d’impact sur la consommation gazière des ménages belges. "La réglementation européenne veut qu’on préserve ou qu’on maintienne l’appui de gaz pour ce qui est résidentiel, expliquait à la RTBF Francesco Contino, expert en énergie de l’UCLouvain. Monsieur Tout le monde ou Madame Tout le monde va continuer à recevoir du gaz et ne sera pas directement impacté".

Si réduction imposée de la consommation de gaz il devait y avoir, cela concernerait avant tout les secteurs industriels et économiques. Indirectement, cela pourrait toutefois retomber d’une manière ou d’une autre sur le portefeuille des ménages, la raréfaction de l’offre risquant d’encore aggraver la crise économique.

Dans le cadre du plan européen, plusieurs mesures d’exemption ont été retenues pour tenir compte de la particularité de certains pays. Celles-ci pourraient profiter à la Belgique. Vu son accès très favorable au gaz (qui arrive massivement de Norvège et d’Angleterre par gazoduc, ainsi que par bateaux à Zeebruges), notre pays est un grand exportateur de gaz. Or, le plan du Conseil de l’UE prévoit des objectifs de réduction de consommation moins contraignants pour les pays qui utilisent leurs infrastructures d’exportation au maximum.

La ministre de l’Énergie, Tinne Van der Straeten (Groen), a convaincu ses partenaires européens que réduire notre consommation intérieure ne permettrait pas d’augmenter nos exportations, qui seraient arrivées à leurs limites du point de vue de l’infrastructure.  "Pour la Belgique, il n’y a rien qui va changer", a donc promis Tinne Van der Straeten.

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