Nouvelle grève des pilotes: rien ne va plus entre Ryanair et la Belgique

Nouvelle grève des pilotes ce week-end, menaces de quitter le pays, refus de négocier avec les syndicats... La fin d'une belle histoire d'amour entre la compagnie low cost irlandaise et notre pays ?

un avion Ryanair
© BelgaImage

Ce week-end, la grève n’aura pas lieu en France, ni en Espagne. Mais en Belgique, oui. Les pilotes belges de Ryanair poursuivent leur bras de fer avec la compagnie aérienne irlandaise, là où leurs homologues français et espagnols ont trouvé un accord pour revaloriser leurs salaires. " Il est question d’un retour au salaire de 2020 en 2027, s’insurge Didier Lebbe, de la CNE (Centrale nationale des employés et des cadres du secteur privé), à l’agence Belga. Je ne sais pas pourquoi ils ont signé ça, mais il est hors de question que des accords semblables soient signés en Belgique ".

Les pilotes belges réclament une revalorisation salariale après avoir accepté de lâcher 20% de leur salaire durant la crise sanitaire liée au coronavirus. " Ryanair a indiqué que l’activité avait atteint 115% par rapport à son niveau de 2019, il n’y a donc rien qui empêche cette revalorisation salariale ", explique Didier Lebbe. La direction de Ryanair dit quant à elle, via son directeur des ressources humaines Darell Hughes, qu’elle n’a plus " aucune confiance dans l’équipe de négociation des pilotes belges ". Les discussions sont au point mort.

Quasi tous les vols Ryanair annulés ce week-end

Concrètement, après les grèves de fin juin, les avions de Ryanair resteront quasi tous au sol ce week-end. Seuls les avions avec un équipage étranger décolleront. En clair, tous les vols depuis Bruxelles sont annulés et 49 depuis Charleroi. Didier Lebbe n’exclut toutefois pas qu’à l’aéroport de Charleroi, il y ait encore davantage d’annulations, d’ici le prochain week-end.

Ryanair envisagerait de recourir à des pilotes indépendants pour remplacer les salariés qui seraient en grève. Histoire de mettre un peu plus la pression sur les pilotes salariés. Et sur les syndicats. Ces derniers ont déjà fait savoir que de telles pratiques étaient contre le droit belge et que si Ryanair s’obstinait, ils inciteraient le personnel de cabine à débrayer à son tour. Bref, le bras de fer continue.

Délocaliser ses activités belges ?

Autre menace de la part de la compagnie irlandaise, celle de délocaliser leurs activités belges à l’étranger. Cela ne signifierait pas forcément fermer l’aéroport de Charleroi – cela paraît peu probable étant donné l’importance de l’aéroport pour Ryanair -, mais plutôt d’opérer dans notre pays exclusivement avec des équipages et des avions basés à l’étranger. Même si cela paraît " économiquement et techniquement très compliqué " pour le délégué syndical Didier Lebbe, il n’est pas exclu que Ryanair fasse un tour de force, au moins temporaire.

Selon Alain Vanalderweireldt, le président de la Beca, l’association belge des pilotes de ligne, cité par la Libre, " les Irlandais voudront sans doute faire un exemple en punissant les syndicats et le personnel belge et rappeler que ce sont eux qui dirigent. Ils fonctionnent par la menace et la peur et même si ce n’est pas l’idéal d’opérer avec des avions basés à l’étranger, ils sont capables de le faire ".

Assiste-t-on à la fin d’une belle histoire d’amour entre Ryanair et la Belgique ? En tout cas, les relations sont au plus bas entre la compagnie et leurs employés belges. A cela s’annonce l’augmentation des prix des vols pour l’été prochain – Ryanair devra acheter le kérosène au prix du marché à partir de mars 2023 et l’imprévisibilité du secteur, toujours liée au Covid et à la guerre en Ukraine. Tout cela ressemble de plus en plus à la fin d’une époque.

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