Le prix du pain baissera-t-il grâce à de bonnes récoltes de blé?

Grâce à de bonnes conditions météo, les récoltes de blé sont meilleures qu'imaginées au printemps dernier. Avec quelles répercussions sur le prix du pain?

Du blé
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Enfin une bonne nouvelle sur le marché du blé: si la sécheresse du printemps faisait craindre de fortes baisses de production, il s’avère finalement que la récolte sera assez correcte. En France, premier producteur européen, le syndicat FNSEA craignait encore en juin 10-30% de pertes. Finalement, les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) tablent aujourd’hui sur une baisse de 3,8% sur une moyenne pluriannuelle. La Commission européenne prévoit même une baisse de la récolte de l’UE à 2,5% par rapport à 2021. De quoi rassurer les marchés et par ricochet les consommateurs. Quant à savoir si ces derniers peuvent espérer payer bientôt moins cher leur pain, c’est plus compliqué.

Une série de facteurs favorables

Il est vrai que dans chez les producteurs, l’heure est au soulagement. Il fait chaud, le soleil brille et en même temps, la sécheresse semble désormais loin. En Belgique, la situation est globalement normale. Selon l’IRM, seules de rares zones sont arides, comme à la côte et dans les Hautes-Fagnes. La grande majorité des champs de blé du pays bénéficient donc de conditions assez favorables. La récolte a même déjà commencé, avec deux semaines d’avance par rapport à une année lambda. Autre motif de soulagement: les prochains jours resteront a priori globalement ensoleillés, sauf exceptions. Un contexte à nouveau favorable pour une récolte optimale du blé. Celle-ci pourrait donc venir remplir assez rapidement les stocks.

Idem en France. Dans l’Hexagone, les terres où pousse le blé tendre, qui sert notamment à la confection du pain, sont situées majoritairement au nord, là où les restrictions en eau décidées par arrêtées sont relativement peu nombreuses (à part du côté du Poitou-Charentes). Comme en Belgique, la récolte est également précoce en Allemagne, deuxième producteur européen. Seuls les pays du sud de l’Europe craignent plus pour leurs productions à cause de la sécheresse.

Un optimisme à modérer

En guise de bilan, les experts ont livré un constat mitigé lors de la réunion du Comité spécial Agriculture de l’UE début juillet. "La récolte est globalement conforme à la moyenne quinquennale et il n’y a pas lieu de paniquer, mais une récolte abondante aurait été la bienvenue pour atténuer les tensions sur les marchés mondiaux", ont-ils déclaré. Car il est vrai que le marché du blé reste tendu. La guerre russo-ukrainienne entrave toujours le grenier à blé de l’Europe, d’où des tensions mondiales sur les ressources alimentaires. L’Égypte doit par exemple se tourner vers des pays comme la France, là où elle achetait auparavant en masse à l’Ukraine. Selon les autorités américaines, 10 millions de tonnes de blé manqueront à l’appel cette année pour répondre à la demande mondiale.

Pour ce qui est d’une éventuelle réduction du prix du pain, Bart Ceulemans de la fédération flamande Bakkers Vlaanderen n’y croit pas trop. "Au début, nous étions encore optimistes, mais une baisse ne se produira plus. Non seulement il y a la crise des céréales, mais nous avons aussi des prix de l’énergie extrêmement élevés et les coûts de personnel augmentent également. Même si le prix des céréales devait encore baisser un jour, cela ne compenserait pas les autres coûts", dit-il à la VRT qui précise que seuls 10% du blé cultivé en Belgique sert à faire le pain (la majeure partie est destiné à l’alimentation animale, à la production d’amidon et de biocarburants). Notre pays doit donc compter sur les importations, notamment en provenance de France et d’Allemagne.

Le côté positif, c’est qu’il est possible que l’on éviter une nouvelle flambée des prix. Sur les marchés financiers, le cours du blé revient petit à petit à son niveau d’avant-guerre ukrainienne. La panique du printemps dernier n’est plus à l’ordre du jour, du moins pour l’instant. À l’heure actuelle, il faut déjà payer 7,36% en plus pour acheter un pain par rapport à il y a trois mois. Ce pourcentage monte à 10,6% comparé à il y a six mois, et à 13% comparé à il y a un an.

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