Mode: voici les marques les plus et les moins écoresponsables

Plusieurs classements existent pour évaluer l'impact environnemental et humain des entreprises de mode. Petit tour d'horizon.

Vêtements aux Pays-Bas
Une femme devant une série de vêtements à Egmond Aan Den Hoef (Hollande septentrionale, Pays-Bas), le 28 mai 2022 @BelgaImage

Ce 31 mai 2022, le média Business of Fashion (BoF) a dévoilé son nouveau rapport sur l’état du secteur de la mode, et son bilan est sans concession. Selon celui-ci, les 30 plus grandes entreprises de l’industrie pourraient ne pas atteindre les objectifs de l’Accord de Paris sur le climat ainsi que ceux du Développement durable (ODD) des Nations Unies. Pour cause: aucune marque n’obtient un score supérieur à 49 sur 100 dans le classement établi par BoF. Certaines s’en sortent toutefois mieux que les autres et limitent la casse.

Top 5 et Flop 5

Pour évaluer les entreprises de mode, BoF analyse leurs efforts sur base de six critères: transparence, pollution, eau et produits chimiques, déchets, matériaux et droits des travailleurs. Cela permet d’estimer si leurs progrès sont comptables ou pas avec les buts établis pour 2030 par les accords sur l’environnement. Il s’avère ainsi que la première de la liste, qui récolte donc 49 points sur 100, c’est Puma. La société allemande se distingue notamment dans les catégories eau et produits chimiques, droits des travailleurs et transparence.

Sur le reste du podium suivent le groupe de luxe français Kering (qui possède notamment Gucci et Yves Saint Laurent) et l’Américain Levi Strauss. Le top 5 compte ensuite H&M et Burberry. Pour le reste, la note moyenne pour tout le secteur de la mode est de 28 sur 100. En bas du classement, on retrouve cinq mauvais élèves: l’Américain URBN, la marque de chaussures Skechers, la société italienne spécialisée dans les vêtements de sport Fila Holdings, le Chinois Anta lui aussi centré sur le sport, et enfin HLA Group qui crée des vêtements pour hommes.

Les marques selon Greenpeace

Le classement de BoF ne représente toutefois que la dernière tentative en date de distribuer les bons et mauvais points aux marques de mode. Parmi les autres qui ont évalué leurs progrès en matière d’environnement, on trouve Greenpeace. En 2021, l’ONG a ainsi publié un rapport représentant leurs efforts dans dix domaines (recyclage, surcyclage, seconde main, durabilité des vêtements, etc.).

Là aussi, aucune entreprise ne se distingue par de hautes performances dans toutes les catégories. Certaines tirent toutefois leur épingle du jeu en promettant des mesures prometteuses. On retrouve à nouveau des marques comme Burberry et Levi’s. Comparé à la moyenne, H&M s’en sort pas trop mal non plus, tout comme Esprit. Au rayon sport, certains sont très bien classés, comme l’Allemand Vaude pour les équipements de montagne, Paramo pour les activités de plein air, et le Suisse Rotauf.

Pour le reste, surprise: Puma n’est pas si bien classé dans les catégories de Greenpeace. L’entreprise ne marque des bons points que dans le design circulaire. Cela dit, d’autres font pire, l’ONG ne leur donnant que des mauvais points (du moins quand ces sociétés rendent leurs données publiques). C’est le cas de Primark ou encore de Victoria’s Secret au rayon féminin. Nike ne brille pas non plus dans ce rapport.

Des conseils sur votre smartphone

Enfin, si vous voulez un avis à la carte sur l’impact environnemental et humain de telle ou telle marque, il y a l’application "Good on You". Celle-ci revendique près de 2.000 évaluations du genre. Il suffit de taper le nom dans la barre de recherche et une cote sur cinq apparaît. Le maximum, 5/5, équivaut à la note "super". Suivent par ordre décroissant "bon", "c’est un début", "pas assez bien" et "très pauvre". Cette notation est le résultat du croisement de trois critères (recevant eux-mêmes une note spécifique): le respect de l’environnement, des animaux et des travailleurs. Des commentaires décrivent également quels sont les points forts et faibles de la marque en question. Si cette dernière est vraiment mauvaise, l’application propose un équivalent plus souhaitable.

Avec "Good on You", Puma obtient la cote "c’est un bon début" dans deux catégories et un "pas assez bien" (en l’occurrence pour le critère "animaux"). Idem pour Nike. Burberry obtient une mention "bon" pour les travailleurs et l’environnement, mais seulement un "pas assez bien" pour les animaux. Levi’s n’obtient qu’un "bon" pour l’environnement et deux "pas assez bien". H&M se voit décernée un "c’est un bon début" dans les trois critères, là où Primark n’a que des "pas assez bien". La moyenne de Vaude est encore une fois relativement haute par rapport à ces autres marques. Fila, au contraire, est carrément à éviter selon l’application. Même sort pour Skechers et Anta.

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