Quelles sont les dépenses des Belges?

Selon votre niveau de revenus et votre composition familiale, les dépenses de votre ménage varient. Proportionnellement, ceux qui déboursent le plus dans le logement et l’alimentation sont ceux qui gagnent le moins.

budget des ménages
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Pour savoir si votre budget est suffisant, il faut mesurer précisément vos dépenses et déterminer le panier de biens nécessaires, précise Anne Dufrasne, sociologue au sein du Groupe de recherche pour une ­stratégie économique alternative (GRESEA) et coordonnatrice du réseau Éconosphères. Elle évoque pour ce faire le concept anglo-saxon de “Living Wage”. Cet indicateur montre quel est le salaire nécessaire pour subvenir aux vrais besoins d’un ménage. Chez nous, on a plutôt tendance à déterminer le “salaire minimum”, essentiel comme standard minimal au-dessous duquel on ne peut descendre, mais qui ne dit rien des achats indispensables. “Ces derniers ne sont pas évidents à identifier, car ils évoluent. Par exemple, désormais les dépenses en termes de télécommunications sont essentielles. Ce n’était pas le cas il y a trente ans.

Quoi qu’il en soit, le Belge débourse en moyenne 35.209 euros par an (chiffres 2020). Les ­Flamands consomment un peu plus (36.447 euros) que les Wallons (34.096 euros) et les Bruxellois (32.057 euros). Pour quelles dépenses? 31,8 % du budget part dans le logement (loyer ou crédit, eau, énergie, etc.). L’autre poste important (15,9 %) concerne les produits alimentaires et les boissons non alcoolisées. Le troisième est le transport (9,7 %). C’est moins qu’en 2018 (11,4 %), mais 2020 était une année de confinements. Les disparités sont importantes, car “si l’argent est là en suffisance, il n’est pas redistribué”, précise encore la chercheuse.

1. Les revenus

Le SPF Économie distingue 4 catégories de revenus allant du quart des ménages qui gagnent le moins (“revenus inférieurs au quartile 25”) à ceux qui touchent le plus gros salaire (“revenus supérieurs au quartile 75”). Entre ces deux groupes, les dépenses annuelles passent du simple (22.790 €) au double (50.270 €). Bien souvent, le premier groupe utilise tout ce qu’il gagne. Le dernier a au contraire le loisir d’épargner et d’investir par ailleurs.

Deux enseignements sont à tirer de ces données. Premièrement, les ménages les moins favorisés dépensent proportionnellement moins (15 % du budget) que les autres tranches (16 %) pour les produits alimentaires. Cela laisse présager une moins bonne alimentation. Le détail des données montre qu’ils sont ceux qui achètent le plus de plats préparés et de snacks à frire. Cela se répercute sur les budgets de santé. Ils dépensent davantage (10 %) que les plus riches (7 %) pour leurs soins et les produits pharmaceutiques.

Deuxièmement, plus les revenus sont élevés, moins la part de dépenses destinées au logement est importante. Elle est de 39 % pour le quartile 25 et de 27 % pour le quartile 75. Cela est vrai tant pour les loyers (ou les “loyers fictifs” concernant les propriétaires) que pour les charges. Par exemple, 3 % du budget consommé d’un ménage du quartile 25 part dans l’électricité ­contre 2 % pour le quartile 75. Le SPF Économie nous apprend en outre que les propriétaires déboursent 38.742 euros en moyenne sur une année complète tandis que les locataires, 26.113 euros. Toutefois, l’achat d’un bien immobilier offrira un retour sur investissement lors de la revente. Les deux catégories ne jouent donc pas tout à fait dans la même cour… Pour Anne Dufrasne, le meilleur moyen de gommer ces incohérences serait de bloquer les loyers afin de limiter leur indexation.

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2. La composition du ménage

La composition du ménage est l’autre facteur qui influe grandement sur la consommation. En moyenne, une famille avec enfants de moins de seize ans a besoin de 10.000 euros de supplément par an par rapport à une sans enfants, soit 43.432 euros contre 32.351 euros. Cela est notamment dû aux charges liées à l’alimentation. Un couple avec un enfant dépense ainsi en moyenne 41.406 euros contre 46.066 euros pour un couple avec 3 enfants. On voit donc que chaque enfant supplémentaire dans la fratrie revient toujours un peu moins cher.

Le logement et les charges liées sont par contre supérieurs (38 % du budget) pour une personne qui vit seule que pour un couple avec un ou plusieurs enfants (27 %). Précisons à nouveau que ces données représentent les dépenses et non pas l’argent disponible par ailleurs à des fins d’épargne et d’investissement. Une personne seule a moins l’opportunité de préparer son avenir qu’un couple avec deux salaires, surtout s’ils n’ont pas d’enfants à charge.

Au même titre que la présence d’enfants ­augmente la consommation, l’âge a aussi une influence. Le budget lié aux soins de santé passe de 5 % des dépenses totales à 65 ans à 8 % à 75 ans. Le prix du logement et des charges a aussi tendance à augmenter, passant de 31 % à 65 ans à 38 %. De grandes différences existent évidemment entre ceux qui sont à cet âge ­propriétaires et ceux qui ne le sont pas. Par ­contre, les ­dépenses en termes de culture et de temps libre (- 3 % de 65 à 75 ans) comme celles en transport (- 4 % en une décennie) ont ­tendance à baisser. Un ménage composé d’un membre de 75 ans débourse en moyenne 6.000 euros de moins qu’un ménage dont le membre le plus âgé a moins de 65 ans, même si les frais en soins de santé augmentent.

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