Parc d’attractions: la fête des discriminations sociales?

Disneyland Paris vient d’annoncer la mise en place d’un nouveau coupe-file payant. Optimiser sa visite dans un parc devient presque inabordable.

Le château de la Belle au bois dormant à Disneyland Paris
Le château de la Belle au bois dormant à Disneyland Paris @Belgaimage

Avec une moyenne de 27.000 visiteurs par jour, Disneyland Paris est un parc d’attractions fort fréquenté. Une affluence synonyme de temps d’attente extrêmement long pour les attractions les plus prisées. Par exemple, il n’est pas rare de patienter une heure et demie pour un passage d’une minute cinquante secondes dans le Crush’s Coaster, montagnes russes tournoyantes et parcours scéniques dans l’univers du Monde de Némo.

Qu’il fasse chaud ou froid, qu’on soit entre amis ou en famille, avec des jeunes et moins jeunes, faire la file est pesant et frustrant. Frustrant parce qu’une entrée dans un parc d’attractions tel Disney pèse sur le budget: minimum 50 euros pour les enfants de moins de 11 ans (54 pour les autres) pour un seul parc, 70 euros pour la visite des deux parcs, hors promotion et offres liées aux séjours comprenant des nuits d’hôtels.

Conscient de la problématique, Disneyland Paris avait lancé en 1999 une gestion intelligente de ses files d’attente via le Fast Pass: réservé aux attractions les plus prisées, il permettait d’y réserver un créneau. Un système abandonné à l’été 2021 et remplacé par deux options. La première, gratuite, est le Standby Pass. Via l’application du parc, il permet aux visiteurs de passer une partie du temps d’attente en dehors de la file. Mais ce Standby Pass n’est valide que " certains jours et pour certaines attractions" . L’autre possibilité est le Disney Premier Access. C’est-à-dire la possibilité d’accéder directement à une attraction, moyennant un supplément. Et c’est là où ça fait mal: minimum 5 euros par personne et par attraction… Un tarif qui explose parfois en fonction de l’affluence: certains nous ont expliqué qu’ils avaient payé 18 euros pour accéder directement au train de la mine… Une solution qui n’est évidemment pas à la portée de toutes les bourses.

Des tarifs variables en fonction des dates

Cette semaine, Disneyland Paris a poussé le curseur un peu plus loin en annonçant la prochaine mise en place du Disney Premier Access Ultimate. Un passe-droit pour 12 des attractions les plus populaires du parc qui permet non pas d’y accéder directement mais d’y attendre dans une file dédiée où l’affluence sera moins forte. Le prix: à partir de 90 euros par personne, en fonction de la date de visite. Comprenez donc que si vous vous rendez au parc en pleine période de vacances scolaires, là où l’affluence atteint des records, vous débourserez encore plus. Le système devrait entrer en action cet été.

Disneyland Paris n’est pas le seul parc d’attractions à alourdir le budget de ses visiteurs. Le parc Astérix a lui aussi mis en place un système de coupe-file payant, le Filotomatix. Dans sa version or, à 39 euros par personne en prévente (45 sur place), il permet un accès unique et direct à dix attractions. Dans sa version illimitée (95 euros par personne), il permet l’accès illimité à une dizaine d’attractions.  Chez nous, à Walibi, vous pouvez acquérir un Speedy One pour 5 euros par personne (un accès rapide à votre attraction préférée) ou le Speedy Ultimate à 45 euros (accès illimité à toutes les attractions). Aucun système de coupe-file n’existe pour le moment chez Bellewaerde, Plopsaland de Panne ou Bobejaanland.

Même hors de prix, ces coupe-file payants rencontreront un certain succès. Mais n’est ce pas au final de la discrimination sociale? La question mérite d’être posée, à l’heure où pour certains le parc d’attractions sera la seule destination des vacances…

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