La production alimentaire chute: l’approvisionnement en magasin en péril

S'il n'y a pas encore de rayons vides en supermarché, ce scénario est craint vu la guerre en Ukraine. Une taskforce a été formée pour anticiper.

Supermarché à Saint-Étienne
Un supermarché à Saint-Étienne (Loire), en France le 24 juin 2021 @BelgaImage

La flambée des prix des matières premières prend en étau les entreprises alimentaires de notre pays. Pour préserver leur rentabilité, 30% des membres de la Fevia, la fédération du secteur, ont dès lors réduit leur production ou s’apprêtent à le faire, lit-on mardi dans L’Echo. L’approvisionnement des magasins pourrait être mis en péril par la situation actuelle. Un large groupe de travail a été établi pour empêcher que les rayons vides des supermarchés ne se développent à long terme à la suite de la guerre en Ukraine.

Cri d’alarme

Outre l’énergie et les matières premières alimentaires, les emballages et même le verre prennent les producteurs à la gorge. Pour la fédération sectorielle, la grande distribution n’est pas étrangère à cette dégradation des conditions de production. Les entreprises alimentaires se plaignent en effet de l’inflexibilité de certaines enseignes.

"L’approvisionnement pourrait être mis en péril si des solutions pragmatiques ne sont pas trouvées rapidement", souligne Nicholas Courant, porte-parole de la Fevia. "Certaines entreprises ne parviennent pas à revoir leurs contrats avec leurs détaillants, ce qui signifie qu’elles travaillent à perte. Plus d’une a déjà fermé des lignes de production et ce mouvement risque de s’intensifier. Cela devient impossible si on ne peut pas répercuter ces hausses sur les prix", dit-il encore dans les journaux de Sudinfo.

Même cri d’alarme du côté des cimenteries. Hausse des prix de la tonne de CO2, fin progressive des certificats de polluer, augmentation des prix de l’énergie, le prix de la tonne de ciment a grimpé de près de 50% en un an. Pas de pénurie à craindre cependant dans l’immédiat, mais la production de ciment pourrait ralentir sous la pression des prix, prévient Febelcem, la fédération des cimentiers, dans L’Echo.

Anticiper et trouver des solutions à l’avance

Aujourd’hui, nous ne sommes pas dans une situation de pénurie alimentaire. Pour que cela reste le cas, le ministre de l’Economie Pierre-Yves Dermagne, le ministre de l’Agriculture David Clarinval et la secrétaire d’Etat à la Protection des consommateurs Eva De Bleeker ont mis en place une task force agroalimentaire. L’objectif est d’anticiper les problèmes de la chaîne alimentaire et d’élaborer des plans d’action.

"Nous ne sommes pas dans une situation de pénurie. Mais nous devons être flexibles et prévoyants", a déclaré Clarinval. Le groupe de travail – composé, entre autres, d’organisations agricoles, d’entreprises et de fédérations alimentaires, des différentes régions et de représentants des différents services gouvernementaux – doit détecter les problèmes et apporter des solutions. "Nous surveillons la situation quotidiennement. Nous y travaillons depuis un mois", assure le ministre Dermagne.

Les producteurs de frites surgelées ou de mayonnaise doivent par exemple trouver une alternative à l’huile de tournesol qui vient normalement d’Ukraine et qui devient rare à cause de la guerre. Une option pourrait être l’huile d’arachide, mais cela ne correspond pas aux ingrédients des pots de mayonnaise. C’est pourquoi le secrétaire d’État De Bleeker a demandé à l’Inspection économique d’être flexible, même si la sécurité des consommateurs ne doit bien sûr jamais être compromise.

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