"L’inflation en Belgique avoisine 7,4%"

Pierre Wunsch, le gouverneur de la Banque nationale de Belgique, ne sombre pas dans le pessimisme malgré les chocs économiques provoqués par le coronavirus et la guerre en Ukraine. Et ce, même si la marge de manœuvre de l’État belge diminue au fil des mois.

Pierre Wunsch
Pierre Wunsch

Invité de l’émission " Il faut qu’on parle " sur DH Radio, le gouverneur de la Banque nationale de Belgique (BNB) a tenu un discours plutôt rassurant sur la vigueur de l’économie belge. D’après Pierre Wunsch, " on ne résiste pas trop mal ".

" Si on se dirige désormais plus vers un tassement de la croissance alors qu’on s’attendait effectivement à une reprise assez vigoureuse ", la croissance " reste positive ", souligne le patron de la BNB. Avant de préciser: " En réalité, on va connaître une croissance proche de 0 pendant les six prochains mois avant un redémarrage. Mais comme on a un point de départ très favorable en début d’année, on sera à 2,4% sur la moyenne annuelle. " Avant de retomber à 1,5% en 2023 et 1,9% en 2024.

Pour Pierre Wunsch, c’est clair: le scénario repris par la projection de la BNB n’annonce " rien de grave ", même avec une très légère augmentation du chômage.

Rappelant que la croissance belge aurait sans doute atteint 5% sans l’invasion russe en Ukraine, le gouverneur de la Banque nationale de Belgique envisage les prochains mois avec optimisme. Et ce, même si l’inflation, qui détermine le prix de l’énergie et des denrées alimentaires, avoisine 7,4% – " Un taux que l’on n’a plus connu depuis l’époque des chocs pétroliers " – et pourrait freiner la croissance économique.

" Avec l’indexation automatique et les mesures prises par le gouvernement, les ménages belges sont assez bien protégés. Une grosse partie du choc sera donc supporté par les entreprises. Or, si la confiance des ménages s’effondre, les entreprises restent confiantes ", rassure l’invité de DH Radio. Et d’ajouter: " La profitabilité (des entreprises) était historiquement élevée avant ce choc. Ce qui signifie qu’elles ont une certaine capacité à l’absorber. " Entre les lignes, charge aux employeurs de faire le gros dos pendant quelques mois.

" Proportionnellement, le choc est plus élevé pour la classe moyenne que pour les plus bas revenus, qui bénéficient du tarif social. " Pour la Banque Nationale de Belgique, " pas de miracle ": " Il faut s’adapter " puisqu’il est impossible " de recréer un système qui va nous permettre de payer notre énergie moins chère ".

S’il estime " qu’il n’est pas nécessaire d’apporter de grosses mesures de soutien à l’économie " puisque " la croissance reste positive ", le gouverneur de la Banque nationale de Belgique reconnaît toutefois que l’enchaînement des crises (sanitaires et socio-économiques) complique la tâche de l’État. De quoi craindre prochainement un dérapage budgétaire? " Non. Mais il n’y aura pas de marge, non plus. " Autrement dit, " ce qu’on a fait pour la crise précédente, ce serait plus difficile de le faire pour cette crise-ci. " Et ce, d’autant plus que les taux d’intérêt repartent à la hausse et que " l’époque où l’État pouvait se financer à taux négatifs est révolue ".

Sur le même sujet
Plus d'actualité