Tout savoir sur les panneaux photovoltaïques: rentabilité, aides, etc.

Pour s'y retrouver sur le marché du photovoltaïque, voici un mode d'emploi afin d'installer et d'exploiter au mieux vos panneaux solaires.

Panneaux photovoltaïques à Paris
Panneaux photovoltaïques sur les toits de Paris, le 22 octobre 2012 @BelgaImage

Avec la récente flambée des prix de l’énergie, le renouvelable acquiert une nouvelle popularité. Avant même la guerre en Ukraine, les commandes de panneaux photovoltaïques ont doublé, voire triplé chez certains fournisseurs, faisait savoir l’Avenir en février dernier. La demande est si forte que certaines entreprises ont dû allonger leurs délais d’exécution, passant de 2-3 mois à 5-6 mois, remarque la RTBF. Mais qu’est-ce que les clients doivent savoir avant de mettre des panneaux solaires? Entre les aides qui varient de région en région, les différents installateurs présents sur le marché, les variations de rentabilité, etc., il y a de quoi s’y perdre.

Comment fonctionne le photovoltaïque?

Tout d’abord, précisons ce qu’est exactement un panneau photovoltaïque. Pour résumer, son fonctionnement ressemble à celui d’une pile. Du fait de ses composants (silicium, bore, etc.), il existe une partie négative et une partie positive. L’énergie solaire excite les électrons qui vont dès lors migrer d’un pôle à l’autre. Ce déplacement crée un courant électrique, d’où l’énergie récoltée.

L’électricité produite passe ensuite dans un onduleur, qui transforme le courant continu des panneaux en courant alternatif utilisable. Enfin, ce dernier est soit utilisé directement par vos appareils (c’est ce qu’on appelle l’autoconsommation) ou injecté dans le réseau électrique global.

Quelles aides?

Depuis quelques années, certaines aides pour l’installation d’un panneau photovoltaïque ont été supprimées. C’est le cas de Solwatt, disparu en 2014 en Wallonie et qui incitait la pose de petites installations photovoltaïques via la remise de certificats verts. Un autre mécanisme de soutien avait pris le relai au sud du pays, Qualiwatt, avant d’être à son tour supprimé en 2018. La Wallonie estime qu’avec l’atteinte des objectifs européens en termes de photovoltaïque et la baisse du prix des installations, la filière est mature, d’où la suppression de Solwatt et Qualiwatt (même pour ce dernier, d’anciens bénéficiaires continuent d’en tirer des primes jusqu’en 2022).

Aujourd’hui, la nature des aides pour le photovoltaïque varie fortement d’une région à l’autre. En Wallonie, elles n’existent plus que sous la forme de quelques coups de pouce, toutefois non négligeables. À Bruxelles, certaines aides existent toujours mais les habitants ne peuvent plus profiter de certains mécanismes qui sont pourtant encore appliqués au sud. Enfin, il ne faudrait pas oublier les primes communales, là aussi importantes dans certains cas.

Il faut aussi prendre en compte les prêts pour financer le photovoltaïque. Des banques en proposent à des taux avantageux mais malheureusement, la durée peut être très courte (42 mois par exemple) et donc la mensualité assez élevée. Ici aussi, des aides existent en fonction des régions.

En Wallonie

Prêt 0% et "compteur qui tourne à l’envers"

Pour la région wallonne, le soutien le plus important pour le photovoltaïque est le prêt 0% pour les travaux de rénovation et d’économie d’énergie, accordé par la Société wallonne du Crédit social (SWCS). Il faut pour cela remplir plusieurs conditions. Côté financier, il faut avoir reçu des revenus globalement imposables (RIG) inférieurs à 97.700€ au cours de l’avant-dernière année, disposer de revenus stables et bénéficier d’une capacité financière suffisante. Il existe aussi des critères liés au bâtiment, comme le fait d’être propriétaire d’une habitation wallonne construite il y a plus de 15 ans en tant que logement, d’occuper effectivement le bien pendant la durée du crédit (sauf exception), et d’avoir un logement respectant les critères minimaux de sécurité et de salubrité. Enfin, il faut avoir au maximum deux enfants à charge, et faire réaliser les travaux par un entrepreneur inscrit à la Banque-Carrefour des Entreprises.

Pour ceux qui installent des panneaux photovoltaïques jusqu’au 31 décembre 2023, il existe toujours en Wallonie un mécanisme qui a disparu à Bruxelles. C’est le "compteur qui tourne à l’envers", valable pour les ayants-droit jusqu’au 31 décembre 2030. Concrètement, sans production électrique propre, votre compteur comptabilise normalement votre utilisation d’électricité. Avec vos panneaux photovoltaïques, vous devenez un "prosumer" (un producteur d’électricité) et votre injection dans le réseau électrique fait tourner votre compteur en sens inverse, ce qui vous fait économiser de l’argent.

Attention aux récentes modifications en la matière

Il existe toutefois quelques changement récents qui impactent négativement les budgets en Wallonie, et l’un d’eux concerne justement ce fameux "compteur à l’envers". Depuis le 1er octobre 2020, la région wallonne a instauré une taxe (ou tarif) prosumer pour que les producteurs particuliers d’électricité financent le réseau électrique au même titre que les ménages n’en produisant pas. Son but: "faire baisser le coût du kWh pour la majorité des consommateurs" et encourager les propriétaires de panneaux photovoltaïques à consommer un maximum leur électricité de façon directe dans leur habitation (autrement dit sans devoir injecter le surplus dans le réseau). Ce coût était entièrement pris en charge par la région jusqu’en 2021. En 2022 et 2023, un tarif de 45,73% sera à prendre en charge, ce qui fait que l’avantage du "compteur à l’envers" est déjà aujourd’hui en partie perdu. À partir de 2024, cette taxe sera entièrement à charge des propriétaires de panneaux photovoltaïques.

La taxe prosumer peut être calculée selon deux tarifs: celui capacitaire (ou forfaitaire) et proportionnel (ou réel). Le premier calcule le montant sur base de la puissance électrique de l’installation photovoltaïque, en partant du principe que vous auto-consommez 37,76% de votre production d’électricité. Le tarif proportionnel est surtout intéressant pour ceux qui pensent auto-consommer plus que 37,76% de leur électricité produite. La tarification se fera alors systématiquement à l’avantage du client, sans compter de frais réseau et la partie énergie qui est normalement à payer. Si une personne ayant choisi le proportionnel n’atteint pas les 37,76%, le tarif sera bloqué à cette mesure de référence (cela ne descendra jamais en-dessous des 37,76%). Petite précision: ce système nécessite l’installation d’un compteur à double flux (notons au passage qu’il existe en Wallonie une prime de 157€ hors TVA pour l’installation d’un compteur à double flux, octroyée via les gestionnaires de réseau de distribution).

Autre bémol, d’importance mineure toutefois: depuis le 1er janvier 2022, les Wallons doivent s’acquitter d’une contribution environnementale pour les panneaux photovoltaïques. Une somme anecdotique puisqu’il ne s’agit que de 2€.

À Bruxelles

En région bruxelloise, il y a d’abord le prêt vert. Il permet d’accéder à un financement à faible taux (de 0% à 2%) pour réaliser des travaux d’amélioration énergétique, que ce soit pour l’isolation, la ventilation, le chauffage performant et l’énergie renouvelable. Il est accessible aux propriétaires occupants (sous conditions de patrimoine), aux propriétaires bailleurs et aux locataires (avec l’accord écrit du propriétaire). Pour l’obtenir, il y a toutefois quelques prérequis. Il faut respecter les conditions techniques pour la réalisation des travaux, ne pas avoir commencé les travaux, et disposer d’un montant de revenus imposables inférieur ou égal à une somme déterminée en fonction du revenu et de la formule du crédit. Ce dernier peut être "crédal" (c’est-à-dire un crédit à la consommation à un taux fixe de 0% ou 1% avec remboursement en 10 ans) ou hypothécaire via le Fond du Logement (avec un taux fixe de 0% à 2% avec remboursement en maximum 30 ans). Une fois obtenu via une demande à Homegrade, vous pouvez emprunter via le prêt vert jusqu’à 25.000€ à un taux annuel effectif global (variant donc de 0% à 2%) et déterminé en fonction de vos revenus.

La deuxième aide bruxelloise, ce sont les certificats verts, qui sont valables une dizaine d’années. En résumé, il s’agit pour la région de vous remercier d’avoir produit de l’énergie renouvelable en vous accordant cet avantage. Dans le détail, le régulateur du marché, Brugel, édicte que sont octroyés un certain nombre de certificats verts par mégawattheure (CV/MWh) produit via le photovoltaïque. Le nombre de certificats obtenus est déterminé via un compteur vert séparé du compteur d’électricité normal et il est susceptible de changer en fonction des données du marché traitées par Brugel. Pour 2022, il s’agit de 2,7 CV/MWh. Pour convertir cela en euros, nous avons contacté Philippe Mercier, spécialiste énergie chez Test-Achats: "si on prend l’exemple d’une installation couvrant la consommation d’un ménage belge moyen, c’est-à-dire 3.500 kWh (soit 3,5 kWc), il y aura une production de 3 MWh. En multipliant ça par 2,7 CV, cela donne près de 700€ par an".

À noter que contrairement en Wallonie, la taxe prosumer est déjà pleinement en vigueur à Bruxelles, selon le tarif proportionnel expliqué ci-dessus. Le "compteur à l’envers" n’existe plus du tout dans la capitale.

Les communes

Enfin, il existe parfois en plus des primes communales, que ce soit en région bruxelloise ou wallonne. Des coups de pouce non négligeables puisque l’aide peut représenter plusieurs centaines d’euros. Sans prétention d’être exhaustif, voici une liste reprenant une bonne vingtaine de communes qui offrent cette possibilité: Jurbise, Manhay, Genappe, La Hulpe, Chièvres, Saint-Ghislain, Theux, Houffalize, Jemeppe-sur-Sambre, Lincent, Rumes, Trois-Ponts, Libin, Cerfontaine, Honnelles, Daverdisse, Wellin, Jalhay, Remicourt, Herstal, Vaux-sur-Sûre, Saint-Léger. Dans tous les cas, renseignez-vous auprès des autorités communales pour savoir ce qu’il en est chez vous.

Comment organiser la pose des panneaux?

Le choix de l’installateur

Avant de se lancer dans la pose de panneaux photovoltaïques, un contrôle de conformité est obligatoire. Si vous voulez mettre à jour votre installation électrique, c’est le moment. Une fois cela fait, l’installateur peut venir mettre les fameux panneaux. Certains de ces professionnels sont certifiés via des formations qualifiantes spécifiques pour le photovoltaïque. Leurs noms sont tous recensés dans une liste officielle Rescert. Test-Achats nous confie qu’elle a déjà fait appel à ce type de personnes lors d’achats groupés de photovoltaïque, y voyant un critère de qualité. Mais l’association nous précise à ce sujet ne pas avoir mené de vérification ou d’enquête pour comparer la qualité des installeurs certifiés avec celle des autres. Attention toutefois: il est possible qu’au sein d’une entreprise, seul un placeur soit certifié. Il faut donc vérifier dans la liste que ce soit bien cette personne et pas une autre qui est mobilisée. Ce n’est pas un label d’entreprise.

Le nombre de panneaux et le type de toiture

Ensuite, pour le nombre de panneaux à installer, Philippe Mercier prend comme référence la consommation moyenne d’une famille belge (3.500 kWh par an). Dans ce cas, il faudrait 10-12 panneaux solaires, soit une surface de 17-20 m². "Certains installateurs proposent 18, 20 voire 30 panneaux alors que c’est complètement démesuré pou un ménage moyen", précise-t-il. En cas de petite surface de toiture, il peut être intéressant de se tourner vers des panneaux plus chers mais avec une puissance supérieure (400 W, voire plus, au lieu de 350 W). Le nombre de panneaux doit absolument être calqué sur la consommation réelle d’électricité de la famille. Évidemment, si celle-ci est appelée par exemple à s’agrandir avec l’arrivée d’enfants, il vaut mieux anticiper.

Pour ce qui est des caractéristiques de la toiture, outre le fait que celle-ci doit être en bon état, le mieux est de mettre les panneaux solaires vers le sud. Si la toiture est orientée vers le sud-est ou le sud-ouest, le rendement tombe de 100% à 96% et si elle se dirige vers l’est ou l’ouest, cela chute à 85%. Autrement dit, la perte reste modérée. La pente idéale est de 30° mais là encore, si elle est de 15°, 45° ou 60° (ce dernier cas de figure étant la moins bonne option), la casse est encore limitée. Dans le pire des cas, avec une toiture est-ouest à 60° de pente, la rentabilité est de 71%. Troisième critère: éviter que des obstacles fassent de l’ombre, ou par défaut mettre des micro-onduleurs ou des optimiseurs pour palier la perte de rendement. Enfin, pas besoin de permis d’urbanisme "si les capteurs sont installés sans débordement en toiture".

Les critères importants dans les devis

Lors de la prise de contact avec les installateurs, il faut remplir en Wallonie un "contrat-type d’installation photovoltaïque". À Bruxelles, ce document n’existe pas. Il vaut également mieux faire plusieurs devis pour avoir une bonne idée du prix correct. Ici, il faut notamment faire attention à ce que toute une série de postes s’y retrouvent, dont Philippe Mercier nous fait la liste. "Il y a l’installation de chantier avec les échafaudages par exemple, la connexion et l’adaptation à l’installation électrique de la maison, la réception et le contrôle de la sécurité électrique une fois que tout est connecté via un organisme agréé, et puis évidemment l’installation des panneaux en tant que telle avec le nombre de panneaux, leur puissance, leur type, l’onduleur avec sa marque et les garanties. Nous, on recommande 25 ans de garantie sur la production minimum des panneaux et 10 ans minimum sur l’onduleur qui est une pièce plus fragile. Précisons que les onduleurs ont des durées de vie de plus en plus longues et que ces derniers temps, les installateurs donnent parfois des garanties au-delà de 10 ans".

Est-ce qu’il vaut donc mieux choisir ces onduleurs à longue garantie? Pas forcément, vu que généralement, sur le marché belge, la garantie de 10 ans est bien plus répandue et permet d’avoir un service d’assistance technique. Donc s’il y a un problème avec l’onduleur, il est plus facile de contacter ce type d’entreprise. Dans le cas contraire, il faudrait peut-être s’adresser en Asie pour avoir un soutien. "C’est pour cela qu’il vaut mieux regarder d’où vient le matériel et où se trouve le service technique en cas de souci".

Le coût des panneaux et leur qualité

Reste à aborder le nerf de la guerre: le prix. Pour Test-Achats, la norme se situe vers 1.250€ par kilowatt-crête (kWc). Il faut vraiment faire attention aux attrapes sur ce point. "Il y a deux critères qui vont tirer le prix vers le haut. D’abord, ce sont les panneaux très puissants et entièrement noirs. Ceux-ci sont parfois proposés par défaut alors que les ménages n’ont pas forcément intérêt à les choisir. Le deuxième critère, ce sont les micro-onduleurs et optimiseurs qui servent normalement à éviter les problèmes d’ombres. Si on opte pour ce type de système alors que cela ne permet de récupérer que 3-4% de rendement, cela ne vaut parfois pas la peine".

Lors d’un test, Test-Achats a de plus remarqué qu’il n’y avait pas de différences significatives de qualité entre les différents modes de fabrication des panneaux et les différents composants. "Par contre, ce que nous avons noté, c’est qu’il y avait un gros problème au niveau du transport. Il peut y avoir des dégradations à ce moment-là, ce qui peut mener à des petits dégâts certes invisibles mais qui ont un impact négatif sur la production d’électricité. Après, en général, les installateurs font très attention du fait de la garantie à fournir. Je suppose que ceux qui font beaucoup d’installations font venir des conteneurs entiers de panneaux et pas des livraisons de panneaux mélangés avec d’autres matériaux, car c’est là que le transport pose un problème. Enfin, il faut préciser qu’il n’y a pratiquement plus d’installation sans monitoring. Ce dernier est justement réalisé pour vérifier que la production des panneaux fonctionne correctement. Donc s’il y a un problème, ça se voit à ce moment-là".

Investir dans le photovoltaïque, un bon plan?

Comme nous le confie Philippe Mercier, miser sur le photovoltaïque est, au même titre que l’installation d’une bonne isolation, un choix particulièrement intéressant. "On avait fait un bilan sur le photovoltaïque sur base des chiffres d’octobre 2021 et on voyait que c’était tout à fait rentable dans les trois régions du pays. Avec l’explosion des prix de l’énergie, c’est encore plus le cas". Il nous précise toutefois que les personnes qui installent aujourd’hui des panneaux ne doivent pas calculer leur retour financier sur base du coût actuel du gaz et de l’électricité. Vu que la durée de vie du photovoltaïque est d’au moins 20 ans, si ces prix repartent à la baisse entretemps, ce calcul sera faussé. Il vaut mieux faire ce genre d’opération avec des prix plus standardisés pour être sûr qu’on ne prend pas un risque.

Test-Achats a d’autre part tenté d’estimer le temps de retour sur investissement en années. "On a calculé cela en octobre 2021 selon des hypothèses classiques: une installation couvrant les besoins de la famille avec un taux d’autoconsommation moyen de 30-40%. Cela donnait 6-7 ans en Wallonie et 5-7 ans à Bruxelles. Cette variation entre régions est due au prix de l’investissement de départ et au taux d’autoconsommation. Si on autoconsomme 40%, on va clairement avoir un bénéfice supplémentaire par rapport à 30% et cela va amener des recettes qui vont diminuer le temps de retour. Par contre, cela ne permet pas de passer de 5 à 2 ans", nous explique Philippe Mercier.

Ces derniers mois, le prix des panneaux photovoltaïques a eu tendance à légèrement monter pour plusieurs raisons (forte demande partout dans le monde, hausse des coûts des composants électroniques et du transport, matières premières venues de Russie, etc.). Malgré cela, selon Test Achats, le prix des installations photovoltaïques* a globalement fortement baissé depuis la fin des années 2000, passant de plus de 6.000€ à environ 1.250€ par kilowatt-crête (kWc) tout compris, voire moins dans les meilleures offres.

Comment optimiser la rentabilité?

L’autoconsommation

Pour optimiser les profits, quelques règles s’imposent. La règle d’or, c’est maximiser l’autoconsommation. De base, rien qu’avec des appareils qui fonctionnent en journée (comme le frigo) ou qui restent en veille (comme la télévision, le modem, etc.), un ménage a déjà 25% d’autoconsommation, voire 30% dans des cas extrêmes. Si l’installation produit beaucoup moins que ce que l’on consomme (comme pour ceux qui ont une petite toiture), on va automatiquement autoconsommer plus.

Pour faire grimper le taux d’autoconsommation, le premier conseil de Philippe Mercier, c’est de faire fonctionner les appareils électriques quand l’installation produit de l’électricité (électroménager, chauffe-eau, chauffage, etc.). Si vous possédez un système de surveillance de votre installation photovoltaïque, vous pouvez identifier le meilleur moment de la journée pour autoconsommer le plus possible. Au total, selon Philippe Mercier, en programmant en journée tout l’électroménager programmable, cela donne facilement 3% d’autoconsommation supplémentaires. Avec un chauffe-eau électrique en plus, cela monte de 10-13%. En y ajoutant un véhicule électrique (avec une prise normale, à charge lente), l’autoconsommation fait encore un bond de 10-30%. Une batterie résidentielle de stockage peut enfin apporter un gain théorique d’autoconsommation de 30% mais attention: cet investissement n’est souvent pas rentable (comme expliqué dans la vidéo ci-dessous) et donc à écarter.

À noter qu’en hiver, la production d’électricité est très faible puisque les journées sont courtes et le soleil moins présent. Adieu donc l’idée de coupler le photovoltaïque avec le chauffage électrique. Les panneaux solaires ne suffiront pas à couvrir les besoins normaux lors de cette période de l’année et il est préférable de consommer un maximum d’électricité possible pendant les beaux mois (d’avril à septembre).

L’exposition au soleil

Ensuite, pour maximiser la rentabilité du photovoltaïque, il faut faire en sorte que les panneaux solaires soient exposés le plus possible au soleil. C’est pour cela qu’il vaut mieux couvrir la partie du toit tourné vers le sud.

Maintenant, si vous êtes dans une logique d’autoconsommer le plus possible, vous pourriez être tentés de mettre des panneaux solaires à l’est ou à l’ouest, en fonction de si vous êtes plus souvent à la maison respectivement en début ou en fin de journée. Philippe Mercier a un avis mitigé sur cette tactique car "si cela peut avoir une influence sur le taux d’autoconsommation, celui-ci ne va pas décoller juste du fait de cette orientation-là, à moins d’avoir un déplacement assez significatif de ses consommations". Puis comme il rappelle, placer ses panneaux à l’est et à l’ouest va mécaniquement produire moins d’électricité du fait de l’orientation face au soleil. Bref, jouer sur cette "astuce" ne se révèle pas si intéressante.

Tarif bi-horaire ou normal: selon son niveau de production

Cela dépendra du scénario pour lequel vous avez opté. Si les panneaux solaires fournissent plus de 70% de la consommation annuelle de la famille, cela est plus intéressant de passer en tarif mono-horaire. Si ce seuil n’est pas atteint, il est préférable de rester en bi-horaire. Pour savoir où l’on se trouve sur cette échelle, il faut se référer au ratio sur la facture de bilan où il est marqué la consommation du ménage en question.

Comment recycler?

Pour l’instant, les particuliers qui doivent recycler leurs panneaux solaires sont encore relativement rares, vu que ces installations sont censées tenir au moins 25 ans, voire plus nous précise Philippe Mercier. "Ce n’est pas parce qu’un panneau solaire a 25 ans qu’il va s’arrêter du jour au lendemain. C’est simplement qu’en terme de rendement par rapport à ce qu’il est censé fournir au vu de la puissance, le rendement est affecté. Cela dépendra aussi du revêtement du panneau et des conditions dans lesquelles il a été exploité. S’il est dans environnement qui abîme la couche extérieure, le rendement va chuter. S’il y a au contraire peu de particules qui se posent dessus, peu de déjections d’oiseaux, peu de feuilles, pas de mousse, un peu de pluie et de neige pour nettoyer la surface voire un service spécifique d’entretien, c’est sûr que cela va vieillir différemment".

Mais un jour, quoi qu’il arrive, il faudra passer par la case recyclage. Heureusement, il existe un organisme, PV Cycle, qui collecte gratuitement tous les panneaux photovoltaïques défectueux ou usagés, qu’importe leurs caractéristiques spécifiques. Il existe plusieurs points de collecte un peu partout en Belgique.

Autre point positif: le recyclage est assez performant. Selon Greenpeace, ils sont "recyclables entre 95 et 99 % pour la plupart des constructeurs". PV Cycle donne le pourcentage de 93.5% pour un panneau photovoltaïque silicium cristallin. "Contrairement aux idées reçues, la grande majorité des panneaux photovoltaïques ne contiennent pas de terres rares, ces groupes de métaux dont l’extraction et le raffinage sont très polluants", précise Greenpeace. Le verre (qui représente 80% du panneau) est recyclable à 100%, tout comme le silicium (présent dans 90% des panneaux solaires), extrait du sable ou du quartz. Le verre est transformé en fibre de verre et le silicium entre dans la fabrication de nouveaux appareils électroniques, y compris photovoltaïques.

Moins de 10% du marché utilise des métaux rares et controversés et le secteur tente aujourd’hui de développer une technologie encore plus efficace. À l’heure actuelle, les panneaux à base de cadmium, sélénium, gallium et silicium amorphe se recyclent mais moins facilement car un traitement chimique doit être entrepris. Enfin, seuls des éléments plastiques, dont les boîtiers de connexion, ne peuvent pas encore être recyclés, bien que des efforts soient là aussi entrepris pour que cela change. L’onduleur aussi doit être recyclé.

D’autres questions ou besoin d’un avis personnalisé?

Évidemment, une maison n’est pas une autre et poser des panneaux photovoltaïques peut être bien plus intéressant chez une personne que chez son voisin. Afin d’avoir une aide personnalisée, il existe en Wallonie des "Guichets Énergie" gérés par la région pour "obtenir des conseils neutres, gratuits et personnalisés dont l’analyse des devis reçus". Seize de ces guichets sont dispersés dans tout le sud du pays. Leurs emplacements et leurs coordonnées sont disponibles en ligne.

Pour la capitale, c’est Homegrade qui joue le même rôle, également avec un service gratuit. La région bruxelloise a aussi mis en ligne une carte solaire permettant d’estimer le potentiel solaire du toit d’une habitation se trouvant sur son territoire.

*Prix au mois de mars 2022

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