Retour en présentiel: comment s’adapter avec l’inflation?

Que l'on télétravaille ou que l'on soit obligé de retourner au bureau, des aides existent pour contrer la flambée des prix de l'énergie et du carburant.

Coût des déplacements en voiture
Illustration du coût des déplacements en voiture @BelgaImage

Depuis ce 7 mars, le code jaune du baromètre corona édicte le retour à la normale sur les lieux de travail, sans restrictions sanitaires ni masques. Mais pas de chance, en parallèle, la guerre d’Ukraine a fait grimper les prix du carburant. Alors que des travailleurs se faisaient une joie de retourner au boulot, leurs portefeuilles en ont pris un coup. De quoi en amener certains à rester en télétravail. Problème: l’adoption ou pas du télétravail dépend de l’employeur. Si un compromis est possible, éventuellement via un organe de concertation, une partie des employés devront donc malgré tout se rendre au bureau si cet accord n’est pas trouvé, ou au moins partiellement. Pour ceux-ci, il faut ainsi trouver des astuces vaille que vaille là où il y en a pour limiter le coût de ces déplacements. Quant à ceux qui obtiennent le droit d’être en télétravail, il faut là aussi regarder s’ils ont droit à un coup de pouce financier.

Des aides pour les petits trajets

Si vous habitez à une distance raisonnable de votre lieu de travail, par exemple à Bruxelles, il existe depuis peu des primes régionales qui vous incitent à adopter les transports légers. En région bruxelloise, il y a la prime Bruxell’Air qui vous offre une somme (jusqu’à 900€) à condition que vous radiez votre plaque d’immatriculation et que vous fassiez la démarche administrative dans les six mois. Avec cet argent, vous pouvez acheter un vélo (ou des accessoires), avoir des abonnements à la Stib, à Villo (pour les vélos partagés), à Cambio (pour les voitures partagées), Poppy (pour les voitures électriques partagées), etc. Il existe en plus à Bruxelles plusieurs communes qui donnent d’autres avantages cumulables. Six donnent notamment des aides pour l’achat d’un vélo (Uccle, Watermael-Boitsfort, Schaerbeek, Berchem-Sainte-Agathe, Ganshoren, Jette).

En Wallonie, une prime existe pour l’achat d’un vélo dès 18 ans (ou pour tout mineur émancipé) à but utilitaire (au moins 40% des trajets domicile-travail). Le montant de la prime s’élève à maximum 20%, 30% ou 40% du prix d’achat (TVA comprise) avec des plafonds allant de 50 euros à 1.250 euros selon le type de vélo (électrique ou pas, cargo ou pas) et la situation du demandeur (sans emploi, faible revenu, monoparental, famille nombreuse, etc.). Comme à Bruxelles, plusieurs communes offrent des aides pour ce même type d’achat (dont Mons, Marche, Spa, Seraing, ou encore de nombreuses communes du Brabant wallon).

Enfin, le SPF Finances rappelle qu’en Belgique, il y a l’octroi d’une indemnité par l’employeur (accordée en tant que faveur) combinée à une exonération d’impôt jusqu’à un montant maximal de 0,24 euro par km parcouru en vélo. Il existe aussi la mise à disposition par l’employeur d’un vélo d’entreprise à l’avantage de son travailleur en exonération d’impôt.

Pour les grands trajets

Quand le lieu de travail est éloigné, la voiture est quasiment obligatoire. Si vous utilisez votre propre véhicule, changer vos habitudes de conduite peut vous faire économiser pas mal d’argent en carburant, comme nous vous l’expliquions dans un autre article.

Autre possibilité: le covoiturage. Ces dernières années, il s’est sensiblement développé. La région wallonne a ainsi créé une carte recensant une trentaine de parkings gratuits dédiés à cette possibilité. Il existe aussi des applications de covoiturage comme ComOn en Wallonie où conducteurs et passagers décident ensemble du prix, sans bénéfice possible pour les premiers car il s’agit d’un service non lucratif. Puis il y a le célébrissime BlaBlaCar.

À ne pas oublier non plus: les indemnités pour les déplacements professionnels, qui dépendent des secteurs. Il existe par exemple pour les salariés un "forfait légal" de 0,15€ par kilomètre pour aller du domicile au travail. Du côté des indépendants, l’UCM rappelle que "l’employeur a l’obligation d’intervenir dans les frais de déplacement domicile – lieu de travail des travailleurs qui recourent aux transports publics en commun et ce, quel que soit le moyen de transport en commun utilisé" (soit en moyenne 70% du prix payé par le travailleur, même si le trajet fait moins de 5 kilomètres). Pour la voiture, l’intervention de l’employeur n’est pas obligatoire "sauf si elle est prévue par le contrat de travail individuel ou par une convention collective de travail (CCT)". Enfin, l’indemnité kilométrique liée à des déplacements de mission (0,3707€/km acceptés par le fisc) est indexée le 1er juillet et ne tient toutefois pas compte de la flambée du prix du carburant de ces dernières semaines.

En cas de télétravail

Pour ceux qui ont réussi à télétravailler, le problème du déplacement ne se pose pas mais il faut néanmoins payer le chauffage, l’électricité, etc. Or, avec la hausse récente des prix de l’énergie, ce coût n’est pas négligeable. Reste à voir alors si des indemnités existent. Dans la fonction publique, des règles existent en la matière mais ailleurs, c’est l’employeur qui décide. Si la réponse est positive, un montant maximum de 129,48€ par mois est exonéré de taxes. L’entreprise peut également couvrir d’autres coûts annexes sans taxation: internet (max 20€/mois), ordinateur (idem), un deuxième écran ou une imprimante ou un scanner (max 10€/mois).

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