Comment consommer moins de carburant en conduisant mieux?

De la conduite proprement dite aux habitudes à prendre avant le démarrage, petit tour d'horizon des réflexes pour économiser du carburant.

Plein d'une voiture à Montbéliard
Une personne mettant du carburant dans sa voiture, à Montbéliard le 8 mars 2022 @BelgaImage

2,2860€: c’est le prix maximum du litre de diesel ce vendredi 11 mars. Pour l’essence 95, c’est 1,9510€ le litre. Des montants effrayants pour les automobilistes qui aimeraient épargner un maximum en ces temps d’inflation économique. Pour ce faire, il y a bien sûr les transports en commun, le vélo et l’autopartage mais cela ne s’adapte pas à toutes les situations. Passer à une voiture électrique peut représenter une bonne alternative mais à nouveau, encore faut-il en avoir la possibilité. Il faut avoir l’argent pour pouvoir le faire et puis il y a les préférences individuelles qui jouent aussi. Pour ceux qui seraient amenés à utiliser leurs voitures diesel ou essence, tout espoir d’économie n’est toutefois pas forcément perdu. Petit tour d’horizon des conseils qui leur sont donnés par Test-Achats et les services cantonaux suisses de l’énergie pour qu’ils adaptent leur conduite afin de consommer moins de carburant.

Améliorer l’ergonomie de la voiture

Avant toute chose, les conducteurs peuvent alléger un maximum leurs voitures, et ce de plusieurs manières. Plus le véhicule est lourd, plus il consomme, logique. Tout objet pesant inutile est donc à éviter. Cela peut sembler anecdotique mais au niveau du carburant, ce n’est pas le cas. Une charge de 100 kg transportée dans une voiture d’1,5 tonne fait augmenter la consommation de 6-7% en ville. 25 kg équivaut en moyenne à 1% de carburant utilisé en plus. Autrement dit, ne laissez pas traîner des objets dans votre coffre!

Une autre charge a un impact encore plus néfaste: les barres et les coffres sur le toit. Non seulement ils alourdissent le véhicule mais ils augmentent également la résistance de l’air en modifiant le profil aérodynamique de la carrosserie. Un détail non négligeable. Un coffre posé sur le toit augmente par exemple d’environ 10% la consommation de carburant sur une autoroute. Les porte-skis et les antennes surdimensionnées peuvent provoquer une augmentation de 5-8%.

Des réflexes avant le démarrage

Parmi les autres précautions à prendre avant la conduite, il y a les pneus. De base, vérifiez s’ils sont bien gonflés. Avec une sous-pression de 0,6 bar, la consommation est accrue de 4%, sans oublier une usure accélérée de la gomme et un risque plus important d’accident de la route. Rien qu’avec un écart de 0,1-0,2, c’est 1-2% en plus au compteur. Puisque la pression des pneus baisse naturellement de 0,2 bar tous les 2-3 mois et pour un abaissement de tous les 10 degrés de température, ce niveau est facilement atteignable. Autre astuce: en scrutant les étiquettes-énergie, on peut identifier et acheter des "pneus verts" c’est-à-dire des pneus avec un frottement plus faible. Cela permet de baisser l’usure, le bruit mais aussi un peu la consommation de carburant. Dernier conseil pour les pneus: n’oubliez pas les pneus d’hiver lorsque les températures descendent continuellement sous les 7 degrés.

Des réflexes supplémentaires peuvent aider à passer moins souvent à la station essence. Un entretien régulier permet de repérer les problèmes du système d’allumage, d’injection et de carburant. Cela peut épargner jusqu’à 10% de consommation. Pour les voitures équipées de moteurs à combustion, deux autres conseils peuvent aider. Il faut par exemple remplacer régulièrement l’huile en suivant le manuel d’entretien du véhicule (notamment en tenant compte de la viscosité), en moyenne tous les 20.000-30.000 km. Résultat: une économie de carburant de 1-3%. D’autre part, un colmatage du filtre à air a pour conséquence jusqu’à 10% en plus de consommation. Ils doivent donc être remplacés ou nettoyés de temps en temps.

Mode d’emploi de la bonne conduite

Une fois tout cela pris en compte, vous pouvez vous attaquer à votre conduite proprement dite. De manière globale, faites attention aux premiers kilomètres. Un moteur froid consomme l’équivalent d’un kilomètre de conduite pour se réchauffer. Il vaut donc mieux soit éviter les trajets courts, soit commencer par un trajet long suivi d’étapes plus courtes. Il ne faut pas laisser le véhicule tourner à l’arrêt évidemment mais plutôt conduire lentement durant les premiers kilomètres. Enfin, puisque les manœuvres à froid sont énergivores, il vaut mieux bien se garer.

Conduire de manière fluide est ensuite un réflexe à prendre, tout en utilisant le plus souvent possible sa 5e vitesse (ou la 6e). En ville, entre 30 et 60 km/h, utiliser la deuxième vitesse et non la troisième et la quatrième entraîne une consommation de carburant de 25% en plus.

Par ailleurs, au-delà de 90 km/h, chaque 10 km/h de plus entraîne une consommation supplémentaire de 3 à 10%. Rouler à 110 km/h au lieu de 130 km/h économise de 6 à 24% de carburant, sans oublier les rejets moins importants de CO2. Une fois sa vitesse idéale atteinte, il vaut mieux la stabiliser sans accélérer et décélérer à répétition. Un régulateur de croisière peut aider en ce sens.

Mieux conduire, c’est aussi apprendre à ne pas s’arrêter brutalement au feu rouge mais plutôt de ralentir le plus progressivement possible pour avoir un maximum de chances de passer au vert sans arrêt préalable. Éviter des arrêts et des démarrages continues peut aider à consommer jusqu’à 38% de carburant en plus. Minimiser le freinage peut économiser jusqu’à 10%. Avec le freinage régénératif, ne pas freiner brutalement mais optimiser cette option permet de récupérer 80-90% de l’énergie nécessaire à la reprise de vitesse. Si vous êtes contraint de vous arrêter de manière prolongée (plus de 20 secondes), comme dans un embouteillage ou à un passage à niveau, coupez le moteur plutôt que de rester au point mort.

Pour finir, évitez un maximum la climatisation et la ventilation quand cela n’est pas nécessaire. La consommation d’essence augmente de 5-10% avec une climatisation en vitesse de croisière et de 30% lors des petits trajets en ville. À la place, prenez de nouvelles habitudes. Pendant les cinq premières minutes de conduite, roulez les fenêtres ouvertes puis fermez les, surtout si vous roulez à plus de 100 km/h. À partir de cette vitesse-là, le vent nuit tellement à l’aérodynamisme de la voiture qu’il est plus intéressant de faire marcher la clim’. Cinq minutes avant d’arriver à destination, éteignez la climatisation et ne gardez que la ventilation. Un réflexe qui permet de maximiser le refroidissement, d’éviter la moisissure dans le système due à l’humidité, ainsi que le redémarrage très énergivore du moteur avec la climatisation simultanée.

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