Flambée des prix: "Le prix maximum à la pompe sera maintenu"

Face à la flambée du prix des carburants, les stations-service craignent de devoir vendre à perte. Certaines ont choisi de ne pas délivrer d'essence ni de diesel mercredi. Le ministre de l'Economie Pierre-Yves Dermagne a prévenu que le prix maximum à la pompe serait maintenu. Tout en prenant des mesures pour les distributeurs.

Flambée des prix:
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Le prix maximum à la pompe sera maintenu ", assure jeudi après-midi le cabinet du ministre fédéral de l’Économie Pierre-Yves Dermagne, à l’issue d’une réunion de concertation avec Energia (ex-Fédération pétrolière belge) organisée avec le cabinet de la ministre de l’Énergie Tinne Van der Sraeten. " Mais en le maintenant, on va aussi faire en sorte qu’il n’y ait pas d’effet sur les distributeurs et qu’ils ne doivent pas vendre à perte. Ceci vaut aussi pour les distributeurs de mazout ", ajoute le cabinet Dermagne. " En clair, la législation sur le prix maximum restera en place, mais les paramètres seront adaptés. La discussion se poursuivra demain/vendredi en fin de journée. "

Le secteur de l’énergie a fait part dans la matinée de ses craintes de devoir vendre du carburant à perte. Mercredi, une centaine de stations-service ne délivraient plus d’essence ou de diesel à cause des ventes à perte, confirmait ainsi la Brafco, la fédération des négociants en combustible et carburant dans Sudinfo. À cause des fortes hausses, le prix maximum de vente à l’automobiliste est moins élevé que le prix d’achat auprès du fournisseur. " Ce mercredi, nous avons donné 24 heures au gouvernement et plus spécifiquement aux ministres Van der Straeten et Dermagne pour apporter les solutions adéquates à la problématique. " Interrogée à ce sujet à la Chambre, Tinne Van der Straeten a indiqué s’attaquer au problème, sans vouloir dépendre d’un ultimatum.

"Le texte est prêt"

Le ministre des Finances, Vincent Van Peteghem, s’est dit, de son coté, prêt jeudi à prendre des mesures sans délai pour faire baisser le prix du carburant à la pompe. " L’arrêté royal est prêt. On doit seulement prendre une décision ", a-t-il lancé à la Chambre aux députés.

Face à la flambée des prix de l’énergie, les appels se multiplient pour prendre des mesures sans tarder, notamment pour le prix du carburant. Il a été question un temps de recourir au cliquet inversé, c’est-à-dire la baisse des accises d’un certain montant dès lors que le prix dépasse un certain seuil, mais il apparaît que la solution sera insuffisante. Le ministre propose de réduire les accises au niveau le plus bas autorisé par l’Europe. Le texte est prêt, il n’attend que le feu vert du gouvernement.  Le dossier ne semble pas tout à fait mûr, néanmoins. Le vice-Premier ministre CD&V a manifesté devant l’assemblée son impatience. " Nous devons prendre une décision le plus vite possible ", a-t-il dit. Et d’ajouter à l’adresse de ses partenaires gouvernementaux: " Je constate qu’il y a beaucoup de soutien dans cette assemblée, dans la majorité et dans l’opposition. J’attends le même soutien à la table du gouvernement ".

D’autres propositions sont encore sur la table, comme la baisse à 6% de la TVA sur le gaz, après la baisse pratiquée pour l’électricité. A gauche, socialistes et écologistes réclament également un nouvel élargissement du tarif social pour inclure une partie de la classe moyenne qui risque d’être étranglée par les factures d’énergie.  " Il faut agir avec un paquet global ", a souligné la ministre de l’Energie, Tinne Van der Straeten.

Avec sa collègue de l’Intégration sociale, Karine Lalieux, elle a rencontré jeudi une série d’organisations concernées par la lutte contre la pauvreté. Outre des mesures urgentes, des mesures à plus long terme sont nécessaires pour accompagner les personnes précarisées dans la transition énergétique, a-t-elle fait remarquer. Dans la majorité, l’impatience grandit aussi. " Les gens n’en peuvent plus. Il est temps d’agir. Le temps des analyses est passé, il faut du concret ", a exhorté le chef de groupe PS, Ahmed Laaouej. Des décisions sont attendues la semaine prochaine, confiait-on de source gouvernementale. Le 18 mars, une échéance importante attend le gouvernement Vivaldi en matière d’énergie: il doit en principe se prononcer sur la sortie du nucléaire.

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