Explosion des prix de l’énergie: comment soutenir le pouvoir d’achat des Belges ?

Après les prix du gaz et de l’électricité, c’est maintenant ceux de l’essence et du diesel qui décollent.

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Nouveau (gros) coup de chaud pour les prix de l’énergie. Après la pandémie de Covid-19, c’est désormais la guerre en Ukraine qui pèse lourdement sur le portefeuille des ménages. Et ce, via les prix à la pompe. Samedi, le diesel passait le cap symbolique (mais douloureux) des 2 euros le litre. Parallèlement, les prix du gaz ont continué de tutoyer les sommets…Lundi, le cours du TTF néerlandais-la référence pour l’Europe-, est monté à 345 euros le mégawhattheure (MWh), un nouveau record.

Vu le contexte économique et géopolitique, cet emballement a beaucoup de chances de se prolonger… et potentiellement, de contaminer d’autres produits essentiels, comme le pain, la farine, etc. Une hausse qui va frapper plus durement les ménages les plus précaires, mais aussi la classe moyenne, pour qui la consommation de ces produits de première nécessité pèse proportionnellement plus dans leur budget que pour les ménages plus aisés. Pour en atténuer les effets, le gouvernement fédéral a quelques pistes à explorer.

Agir sur les prix…

La plupart des solutions envisagées visent à faire baisser le montant des factures. L’une d’elles, soutenue par le ministre des Finances, Vincent Van Peteghem, consiste à baisser temporairement les accises sur les carburants une fois dépassé un certain seuil: c’est le " cliquet inversé ". Sur les 2 euros que coûte le litre d’essence, plus de la moitié revient à l’Etat, dont 30% en accises, rappelle la DH. Le Fédéral pourrait également décider de baisser la TVA à 6% pour l’essence, le diesel et le gaz, comme il l’a déjà fait le mois dernier pour l’électricité. La Vivaldi a une autre carte à jouer : imposer des prix maximums aux fournisseurs de gaz et d’électricité. C’est ce qu’a fait la France, en limitant provisoirement les tarifs d’EDF.

Cette mesure aurait pour effet de déplacer l’endettement sur les fournisseurs. Dans Le Soir, Test Achats soulignait que cette solution pourrait  "mettre à genoux de petits opérateurs déjà étranglés, les menant à réduire leur offre, voire à se retirer du marché ", ce qui " signerait la mort de la concurrence sur notre marché libéralisé ". Et "baisser les prix conduit à aider de gros consommateurs qui, en général, sont plus à même d’absorber les chocs. (…)De plus, à force d’intervenir sur les prix, on se prive d’un incitant pour modifier les comportements et orienter les investissements dans le cadre de la transition énergétique ", ajoutait l’économiste Philippe Defeyt, dans l’Echo.

Autre possibilité: l’extension à la classe moyenne du tarif social, déjà élargi à plus d’un million de ménages. Cela permettrait de la mettre à l’abri de la hausse des prix. Mais justement, à quel prix?  Cela risque de " coûter très vite très cher à l’Etat ", prévenait Phillipe Defeyt dans Le Soir.

… ou sur les revenus

Pour soutenir les ménages fragilisés, le Fédéral avait décidé début février d’octroyer un chèque énergie de 100 euros à chaque Belge, sans exception. Mais même doublé à 200 euros, un tel chèque risque bien de rater sa cible, en ne soulageant pas ceux qui en ont réellement besoin.  " Tout pris en considération, le niveau de revenus du ménage reste le meilleur indicateur des difficultés énergétiques dans toute leur diversité ", avançait l’économiste dans Le Soir. " Il vaut donc mieux moduler des aides sous formes d’augmentation des revenus, non seulement pour les ménages précaires mais aussi pour les ménages de la classe moyenne inférieure, plutôt que d’activer un ensemble de mesures disparates pour faire baisser les prix. Ce serait plus efficace et plus équitable ".

Faire baisser les prix -d’une manière ou d’une autre- ou renforcer les revenus des ménages : dans tous les cas, le gouvernement est condamné à faire un geste, et à mettre la main au portefeuille. Un membre de la Vivaldi prévenait tout de même, dans la DH : " il faut être réaliste. Un gouvernement peut contrer le choc, mais on ne peut pas lui demander de rembourser 100 % des factures ".

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