Et si la Russie coupait le gaz…?

On le sait, l'Union européenne est dépendante du gaz russe et Poutine joue avec l'énergie comme une arme de guerre. Imaginons qu'il décide tout à coup de couper le robinet. Quelles conséquences directes cela aurait-il ?

gaz russe
Belga

La Belgique est le pays européen le moins dépendant du gaz russe (6% de notre consommation, en gros). Mais il faudrait aider certains pays de l’Est qui y sont dépendants à 100% et l’Allemagne à 60%. En m3, l’Allemagne consomme 45,84 milliards et l’Italie 20,8 milliards de gaz russe par an. En comparaison, la consommation en gaz de la Belgique est de 17 milliards m3 par an.

Tel est le problème majeur : l’Union consomme tellement de gaz qu’il lui est impossible de trouver de véritables alternatives au fournisseur russe. D’autant que celui-ci a toujours été fidèle et sérieux en affaires. Le Qatar ? La Norvège ? Les Etats-Unis ? Des solutions temporaires, mais qui ne peuvent boucher les trous de notre consommation. Comme l’a redit le président Macron cette semaine, l’Europe doit retrouver une indépendance énergétique. Et si la première chose à faire est de consommer moins, cela ne risque pas de se faire en un jour…

Choc énergétique et blackout

Et donc, dans le scénario où la Russie coupait le robinet, que faut-il craindre ? A une inflation encore pire que celle qu’on connaît sur le prix de l’énergie. Une véritable explosion des prix, en vérité. Selon ce scénario du pire, il faudrait également s’attendre à des coupures d’électricité et la fermeture temporaire d’usines. Bref, au blackout tant redouté.

Le choc énergétique se ferait sentir très concrètement sur notre portefeuille et dans notre quotidien. Selon une simulation de la Banque Centrale Européenne, diminuer notre consommation de gaz de seulement 10% équivaudrait à perdre 0,7% de PIB. Avec la croissance actuelle, on éviterait la récession. Mais il n’est ici question que de 10% de notre consommation…

Aucun intérêt à couper le robinet

Pour autant, ce scénario du pire ne risque pas d’avoir lieu. Car si l’Europe est dépendante du gaz russe, la Russie est dépendante de la demande européenne. Les exportations de gaz compteraient pour 15% du PIB russe.

C’est bien simple, depuis le début de la guerre et des sanctions économiques, les livraisons de gaz russe en Europe ont… accéléré. Selon des calculs de Bloomberg, chaque jour, la Russie vend à l’Union européenne, aux Etats-Unis et à la Grande-Bretagne mis ensemble, l’équivalent de 622 millions d’euros par jour en pétrole, gaz et métaux.

En clair, cela signifie que l’Occident finance la guerre russe en Ukraine. Situation ubuesque, s’il en est. Le problème est qu’un arrêt de ces transactions rendrait l’économie mondiale berzerk. Personne n’a intérêt à ce que le jeu change. Côté russe, Gazprom n’y gagnerait que des pertes sans précédent en plus de poursuites de ses clients lésés. L’Union européenne étant le marché principal pour les exportations russes. Aucun intérêt à couper le robinet ? Du moins, c’est ce que disent les experts…

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