Les réserves de gaz inquiètent certains de nos voisins: et en Belgique ? 

Les réserves de gaz sont en baisse en Europe et atteignent, selon les pays, des niveaux particulièrement bas. « Inquiétant » selon certains. Et en Belgique? Faut-il s'alarmer?

Les réserves de gaz inquiètent certains de nos voisins: et en Belgique ? 
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Le niveau des réserves en gaz alarment nos voisins. En Allemagne, le ministère de l’Economie et du Climat a jugé que les stocks étaient descendus à un niveau " inquiétant ". Les réserves tournent, en effet, autour de 35% de leur capacité, contre 40% il y a peu et 82% en 2020.  De quoi semer quelque peu la panique alors que l’hiver n’est pas encore terminé.

Aux Pays-Bas, les réserves de gaz sont actuellement à 25% de leurs capacités, selon les données du GIE Aggregated Gas Storage Inventory. 

Une baisse amorcée au printemps 2021

De manière générale, les réserves de gaz européennes représentent actuellement 35%. Comme l’expliquent nos confrères de l’Echo, à cette époque, elles sont en général à 51%. La baisse a débuté au printemps 2021, avec une demande importante portée par la reprise économique. 

Les importations de gaz russe ont également diminué. La Russie étant, pour rappel, le principal fournisseur en gaz de nombreux pays européens. Une donnée qui inquiète d’autant plus que les tensions autour de l’Ukraine entre la Russie et les Occidentaux ne faiblissent pas. En Allemagne par exemple, plus de 55% des importations viennent de Russie. " Si le conflit en Ukraine s’aggrave et que la Russie arrête effectivement ses livraisons à l’Allemagne, nous serions confrontés à une nouvelle crise du gaz ", avait prévenu l’institut économique berlinois DIW, en fin janvier dernier.

Et en Belgique? 

C’est Fluxys Belgium qui gère le réseau de transport de gaz dans notre plat pays. Sa réserve stratégique est située à Loenhout, près de la frontière avec les Pays-Bas. Comme le rappellent nos confrères du Nieuwsblad, les autorités, en l’occurence le ministre fédéral de l’Energie, indiquent chaque année le pourcentage de réserves à reconstituer pour l’hiver à venir. Chose que font également la France et l’Italie, mais pas l’Allemagne et les Pays-Bas. Selon le quotidien flamand, la ministre de l’Energie Tinne Van Der Straeten a, à l’été dernier, donné comme consignes à Fluxys de prévoir des niveaux de stockage à 90%. Objectif déjà rempli à la mi-octobre. 

Qu’en est-il aujourd’hui? " Nos réservoirs de gaz à Loenhout sont encore remplis à 30% ", indique Laurent Remy, porte-parole du gestionnaire de l’infrastructure de gaz, interrogé par nos confrères flamands. Un chiffre " légèrement inférieur à la moyenne des cinq dernières années ". Fluxys ne se dit, cependant, pas inquiet. L’hiver assez doux a permis de contenir la demande. Mais comme le pointent nos confrères de l’Echo, ce chiffre est loin des 86% de réserves remplies au Royaume-Uni au début du mois de février. 

" Ces taux de remplissage ne disent pas tout " précise l’Echo. Notre réserve stratégique à Loenhout ne représente en fait qu’un peu moins de 5% de la consommation annuelle de la Belgique. Contre une capacité de stockage maximale équivalent à près de 25% de la consommation annuelle en France et en Allemagne. 

La Belgique est donc particulièrement dépendante des importations des pays voisins. Mais elle est faiblement approvisionnée par la Russie. A peine 4%, selon le Nieuwsblad. La majorité de notre gaz provenant en fait des gisements en mer du Nord. 

Nos confrères flamands pointent enfin une récente modification de la loi. Grâce à des contrats à court terme, la Belgique pourrait réagir plus rapidement aux fluctuations des prix internationaux. Et ainsi refaire les stocks stratégiques à un cout moins élevé lorsque les prix auront diminué.

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