Voici comment l’inflation se fait ressentir en détail au supermarché

Des produits frais à ceux d’épicerie, la hausse du coût de la vie est bien réelle dans les supermarchés belges.

Rayon de supermarché
Illustration d’un rayon de supermarché, le 11 septembre 2018 @BelgaImage

On prédisait une augmentation des prix dans les supermarchés. Désormais, on a les chiffres. Test-Achats vient en effet de dévoiler les résultats de son étude sur un panier de plus de 3.000 produits présents dans les plus grandes enseignes du pays (Aldi, Lidl, Carrefour, Colryut, Delhaize, etc.). Bilan: les prix ont grimpé de 2,19% entre janvier 2021 et 2022. Un pourcentage qui ne représente qu’une moyenne. Dans le détail, certains produits ont subi une hausse bien plus prononcée et seuls quelques achats se sont révélés être moins coûteux aujourd’hui qu’il y a un an.

De la viande d’agneau aux spaghettis

S’il y a un endroit où l’augmentation des prix a été particulièrement forte ces derniers mois, c’est au rayon produits frais. Là-bas, les clients doivent payer en moyenne 4,9% plus cher qu’en janvier 2021. Cela grimpe même à 7,6% pour les légumes (contre 3,6% pour les fruits).

Chez le boucher, l’inflation se fait aussi sentir: +3,8%. Le pire, c’est la viande d’agneau, avec +10%. Suivent ensuite la volaille et le bœuf (+5%).

À la dernière place du podium, on retrouve les produits d’épicerie (+3,5%). Ici, les différences entre tel ou tel achat sont encore plus importantes. La palme revient aux huiles de friture, aux spaghettis et aux capellinis: +18-20%. La hausse est également particulièrement aigue pour les dosettes de café (+7,9%) et le café moulu (+7,2%).

Enfin, si vous avez l’impression que vos produits laitiers sont plus coûteux aujourd’hui, sachez que vous avez raison. Ils sont en moyenne 2,5% plus chers comparé à janvier 2021. Cela monte même à 5,3% pour le lait demi-écrémé.

Rares sont les produits qui ont suivi une tendance inverse avec des prix plus bas qu’auparavant. Parmi ceux-ci, on retrouve en premier lieu les aliments pour animaux de compagnie (-3,8%). Le reste est surtout composé de produits d’entretien (avec une baisse moyenne de -1,1%).

Une énergie qui coûte cher

Pour expliquer cette tendance globale à la hausse, Test-Achats invoque les prix de l’énergie. Une analyse logique vu qu’il faut transporter les aliments, les conserver dans des frigos énergivores, etc. La semaine dernière, Delhaize évoquait ce même facteur pour justifier cette augmentation des prix, tout en parlant aussi de matières premières et de coûts salariaux plus importants.

Malheureusement, le passage à la caisse devrait continuer à coûter encore plus dans les mois à venir. "On s’attend à ce que les prix élevés de l’énergie et l’augmentation des coûts de la main-d’œuvre, entre autres, entraînent des hausses de prix plus importantes dans le courant de 2022", estime Test-Achats. "Des chiffres faisant état d’une hausse des prix de 3 à 5% circulent actuellement", ajoute l’association qui conseille de se tourner vers les produits de marque de distributeurs et les produits blancs pour éviter les prix plus élevés des marques (inter)nationales.

Selon l’économiste Bruno Colmant, interrogé par DH Radio, les prix de l’énergie devraient continuer à augmenter, la faute notamment à une demande de pétrole en forte augmentation. "La demande va excéder l’offre, notamment en raison de la reprise économique après la crise du Covid, d’une ressource de plus en plus rare et de tensions géopolitiques qui augmentent les prix", explique-t-il. La crise entre la Russie et l’Occident devrait notamment contribuer à doper les cours du gaz, et donc des produits de consommation, vu que l’Europe se fournit en bonne partie en Sibérie pour remplir ces stocks gaziers.

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