Le Covid a surtout gonflé l’épargne… des ménages les plus aisés

Pendant la crise sanitaire, l'épargne des Belges a augmenté, principalement chez les hauts revenus. Pour la Banque nationale de Belgique, il est peu probable que cet excédent « d’économies » soit réinjecté dans la consommation.

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Avec les confinements successifs à partir de mars 2020, le Covid-19 a eu un impact « considérable » sur la consommation des Belges, notait récemment la Banque Nationale de Belgique (BNB). Ainsi que sur leur épargne. Malgré les différentes aides déployées (chômage temporaire, droit passerelle, etc.) le revenu disponible des ménages n’a pas baissé en 2020. Il a même augmenté de 4 milliards (+0,9%, à prix constants) par rapport à 2019, a calculé la BNB.

La période ayant été globalement peu propice à la consommation des ménages Belges, celle-ci a baissé dans le même temps de 8%. Cette double tendance a eu pour conséquence logique un taux d’épargne record en Belgique : + 20 % en moyenne sur l’ensemble de l’année passée. Un fameux bas de laine d’environ 23 milliards d’euros, tout de même. Soit, en moyenne, quelque 4.700 euros « économisés » par ménage.

40 % des Belges incapables d’épargner

« En moyenne », parce que tous les Belges ne se sont pas enrichis durant la pandémie, loin de là. Les chiffres publiés en octobre par l’Institut de statistiques national Statbel le montraient déjà: 4.622.000 Belges (40,8%) étaient dans l’incapacité d’épargner pendant un mois typique, en 2020. Sur les 18,9% de Belges considérés comme à risque de pauvreté ou d’exclusion sociale, 60,9% avaient pu tout juste joindre les deux bouts ; 10,9% ont dû avoir recours à leurs économies et 6,1% ont dû emprunter pour s’en sortir.

Comme le rappelle la BNB, les pertes de revenus ont surtout concerné la population active, les chômeurs temporaires, les indépendants, les étudiants jobistes… Les ménages ayant déjà les revenus les plus bas ont été les plus impactés, parce qu’ils occupaient tendanciellement plus des emplois temporaires ou intérimaires.

L’épargne forcée a dès lors concerné davantage les plus hauts revenus. Comme ce groupe « affiche généralement une faible propension marginale à consommer », la BNB souligne qu’il est peu probable que l’épargne accumulée soit réinjecté directement dans la consommation.

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