Black Friday: une bonne affaire, vraiment?

Le Black Friday débarque le 26 novembre prochain. Entre stratégie marketing, prix gonflés et offre limitée dans certains secteurs, on vous explique ce qui se cache derrière cette journée de promotions.

black friday, des bonnes affaires ?
© BelgaImage

Vous avez peut-être déjà reçu les premiers mails annonçant l’événement. Le Black Friday se jouera le 26 novembre prochain dans les magasins et sur de nombreux e-shops. Comme chaque année, des offres et promotions plus spectaculaires les unes que les autres vont envahir l’espace commercial.

Face à ces réductions parfois alléchantes, Test Achats appelle les consommateurs à la méfiance. Toutes les « bonnes affaires » promises par le Black Friday n’en sont pas forcément. Certaines enseignes ont la fâcheuse tendance de gonfler les prix avant les périodes de soldes. « Il y a derrière certains produits une stratégie marketing qui consiste à proposer les offres sous leur meilleur jour. Mais il faut les comparer par rapport à la moyenne du marché », insiste Jean-Philippe Ducart, manager de Test Achats.

« Si le prix annoncé est inférieur ou comparable au prix le plus bas constaté sur le marché au cours des douze derniers mois, nous parlons de ‘bon deal’ », explique l’association de consommateurs. À l’inverse, un produit dont le prix annoncé est supérieur d’au moins 10% au prix le plus bas trouvé sur le marché au cours des 12 derniers mois est considéré comme un mauvais deal.

Pour les consommateurs perdus entre stratégies marketing et réelles bonnes affaires, Test Achats propose la plateforme “Un Bon Deal”, un outil qui répertorie quelque 2.000 offres et produits et évalue les “bons deals” et ceux qui ne le sont pas.

Fausse bonne idée pour certains biens

Certains produits, très prisés lors de cette journée, peuvent en réalité être plus intéressants à d’autres moments de l’année. D’autant plus que ce Black Friday 2021 est particulier, avec une relance économique compliquée par de nombreuses pénuries.

À l’instar des smartphones. « Les plus populaires, en particulier Android, tombent rapidement en rupture de stock dans les grandes chaînes de distribution », note Test Achats sur son site internet. « Et souvent, les prix des derniers exemplaires s’envole. » En cause notamment, la pénurie de composants, comme les puces informatiques, depuis le début de la pandémie.

achats lors du black friday

© BelgaImage

Sur les téléviseurs aussi, le Black Friday n’est pas forcément le moment le mieux choisi pour craquer. Les soldes de janvier peuvent être aussi intéressantes à cet égard, avec des prix parfois plus bas pour certains modèles. « C’est notamment dû au fait que LG, Sony et Samsung sortent chaque année de nouveaux modèles en mars et avril », explique l’association. De manière générale, Test Achats conseille d’attendre pour l’achat d’une nouvelle TV, que le modèle précédent soit déjà sur le marché depuis un an. Mais aussi que son successeur vienne tout juste d’être lancé.

L’association de Consommateurs appelle à prendre en compte le prix, mais surtout la qualité, au moment de faire son achat. Les offres sont considérées comme des “bons deals” « seulement si le produit en question a obtenu une cote d’au moins 60-65% dans nos comparateurs ».

Une pression sur les prix?

Quant à savoir si les différentes pénuries, hausses des prix, crise des conteneurs, feront pression sur les prix lors de ce Black Friday, difficile à dire.

Chez nous, une enquête du Syndicat neutre pour Indépendants affirmait lundi que trois détaillants belges sur 4 seraient confrontés à des problèmes de livraison. En cause: des pénuries de matières premières comme le bois ou les fameuses puces électroniques. Selon le Syndicat, c’est 25% des assortiments qui seraient concernés pour 2/3 des commerçants.

« Les livraisons sont en effet à flux plus que tendus et cela concerne tous les secteurs. Que ce soit le loisir, le jouet ou même le mobilier, les détaillants sont plus ou moins logés à la même enseigne », explique le SNI, dont les propos sont rapportés par la Dernière Heure.

Des informations largement relativisées par Jean Philippe Ducart. « On parle de pénuries depuis quelques jours, mais il n’y a pas de confirmation », assure le manager de Test Achats. « Il y aura peut-être des répercussions dans les prochains mois. Mais dans l’état actuel des choses, on ne peut pas parler de pressions sur les prix en raison de pénuries (pour le matériel high tech et autres loisirs du moins). »

Le Green Friday en contre-pied

Outre ces promotions qui n’en sont pas, Test Achats rappelle aussi que le Black Friday « pousse à acheter des produits dont on n’a pas forcément besoin ». Une incitation à consommer qui pose forcément question dans le contexte actuel. A titre d’exemple, c’est plus de 5 millions de tonnes de vêtements qui sont jetés chaque année en Europe.

Pour contrer ce Black Friday, le « Green Friday » s’organise depuis plusieurs années. Le mouvement a vu le jour en 2017 en France. Pour ses organisateurs, le Black Friday représente surtout « une surconsommation destructrice ».

Chez nous, le Green Friday est organisé par la Fédération des entreprises sociales et circulaires, Ressources, en Wallonie et à Bruxelles. « Notre objectif est de faire prendre conscience aux consommateurs et consommatrices de l’impact économique, social et environnemental de leurs achats », explique Franck Kerckhof, porte-parole de Ressources, à l’agence Belga. « Chaque geste compte et peut faire la différence: emprunter, donner, réparer, revaloriser ou tout simplement acheter en seconde main. » Plus de 170 boutiques de seconde main et autres ateliers de réparation y participeront cette année. Entre le Black Friday et le Green Friday, on a fait notre choix.

Sur le même sujet
Plus d'actualité