La France trébuche dans le classement mondial des producteurs de vin

Les viticulteurs français ont vécu une véritable annus horribilis en 2021, au profit de ses concurrents.

La France trébuche dans le classement mondial des producteurs de vin
Vendange à Saint-Aubin-de-Luigne, près d’Angers, le 27 octobre 2021 @BelgaImage

Autrefois première mondiale, la France descend encore d’un cran dans le dernier classement des producteurs de vin. Selon les prévisions pour 2021 de l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV), l’Hexagone, qui avait déjà cédé sa couronne à l’Italie en 2007, vient de perdre sa deuxième place au profit de l’Espagne pour s’établir en bas du podium. Les Espagnols passent donc devant les Français mais d’un cheveu. Puis il faut noter que les récoltes de cette année ont été particulièrement catastrophiques outre-Quiévrain, même si les pays méditerranéens ont eux aussi souffert.

Année pourrie pour les trois leaders

Que ce soit en Italie, en Espagne ou en France, la météo désastreuse de 2021 a fait baisser la production totale de vin. Mais globalement, c’est l’Hexagone qui a le plus souffert, soit à cause du gel, du mildiou (une maladie causée par un champignon) ou de la sécheresse. Le pays arriverait cette année à une production 34,2 millions d’hectolitres, en baisse de 27% par rapport à 2020. Cela pourrait être «son plus bas volume de production depuis 1957», comme le confie à l’AFP le directeur général de l’OIV, Pau Roca.

L’Espagne accuse aussi d’un recul des vendanges mais la casse n’est pas aussi grande avec une chute de 14%. Sa production serait ainsi de 35 millions d’hectolitres, autrement dit légèrement plus que celle française. Quant à l’Italie, elle règne en maître avec 44,5 millions d’hectolitres, malgré une baisse de 9%. À eux trois, l’Italie, l’Espagne et la France produiraient cette année 45,5% du stock mondial de vin (262 millions d’hectolitres).

Petite consolation pour la France: ses vins sont toujours plus valorisés que ceux de ses concurrents. Cela devrait lui permettre de garder sa traditionnelle première place dans le classement des valeurs vinicoles.

Ailleurs dans le monde, 2021 est un bon cru

En parallèle, d’autres pays profitent de cette baisse de régime des trois leaders pour grignoter des parts de marché. Le quatrième du classement, les États-Unis, voit notamment ses volumes grossir de 6% comparé à 2020 et ainsi atteindre 24,3 millions d’hectolitres au total. Les pays de l’hémisphère Sud (Argentine, Chili, Brésil, Afrique du Sud, Australie) se distinguent aussi par une forte hausse régionale (+20%), à l’exception de la Nouvelle-Zélande (-19%). En Europe, plusieurs pays attestent également une hausse de leurs volumes (l’Allemagne, le Portugal, la Roumanie, la Hongrie).

Malgré cela, la France bénéficie encore d’une bonne avance et n’est pas près de tomber du podium. Elle pourrait même espérer reconquérir en 2022 sa deuxième place au classement des producteurs mondiaux, à condition la météo ne lui joue pas à nouveau un mauvais tour. Si la chance n’est pas de son côté, les Français pourraient même se faire du souci pour la couronne dans le palmarès des valeurs. Une mauvaise année ne menace pas les réserves en soi, mais plusieurs de suite, c’est plus problématique.

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