Hausse des prix de l’énergie : la classe moyenne oubliée ?

Près d'un million de ménages vont bénéficier de la prolongation du tarif social et d’un chèque-énergie de 80 euros.

Hausse des prix de l’énergie : la classe moyenne oubliée ?
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Dans le cadre de son conclave budgétaire, le gouvernement fédéral a prévu une enveloppe de 760 millions pour faire baisser la facture d’énergie des consommateurs. Cette manne soutiendra principalement les plus précarisés, soit les 440.000 ménages qui peuvent prétendre depuis février à l’extension du tarif social (auquel il faut ajouter 500.000 ménages pour qui ce tarif réduit était déjà d’application avant la pandémie). De quoi offrir une « réduction moyenne de 650 euros sur la facture » pour environ deux millions d’allocataires sociaux et de personnes au revenu inférieur à 20 764 euros bruts annuels (+ 3844 euros par enfant à charge).

Dans son budget, l’équipe d’Alexander De Croo a ainsi prévu 484 millions d’euros pour prolonger l’extension du tarif social de trois mois supplémentaires, soit jusqu’à la fin mars 2022. Pour atténuer le choc du retour au tarif « normal » en avril, 32 millions sont prévus pour octroyer, via les fournisseurs d’énergie, des réductions tarifaires. 72 millions seront également nécessaires pour garantir à la fin de l’année un « chèque-énergie », une réduction de 80 euros sur la facture de gaz et d’électricité.

600 euros de plus pour certaines factures

Tous ceux qui se trouvent (parfois juste) au-dessus des seuils permettant de recevoir ces aides devront se contenter de mesures plus modestes, comme la transformation de la redevance fédérale en accises ou l’introduction d’une norme énergétique qui lissera les fluctuations de prix.  De quoi garantir une baisse de 30 à 50 euros sur la facture annuelle, tout au plus. Pas sûr que cela soit suffisant ; rappelons que la Creg (le régulateur fédéral de l’énergie), prévoit des hausses de près de 600 euros pour certaines factures de gaz d’ici au printemps 2022. La Vivaldi aurait-elle oublié en chemin la classe moyenne ?

L’opposition n’a en tout cas pas manqué de se faire entendre ce mercredi, alors que les députés débattaient de la déclaration de politique générale d’Alexander De Croo. « J’ai fait mes calculs, a expliqué la cdH Catherine Fonck (propos relayés par l’Avenir). À partir d’un revenu de 2 370 euros, une famille monoparentale avec deux enfants n’aura pas la possibilité d’émarger au tarif social et aux 80 euros ». Et la cheffe de groupe des humanistes de fustiger des choix « positifs pour les 20 % concernés, mais socialement injustes pour toute une partie de la population qui travaille sans pour autant toucher des revenus de nantis ». « Le débat porte bien sur tous ceux qui gagnent un tout petit peu trop et qui ne toucheront rien », a renchérit Raoul Hedebouw (PTB).

Côté Vivaldi, on répond que la question des prix de l’énergie est indissociable des autres mesures sociales prises par le gouvernement. Comme la réforme de la cotisation spéciale pour la sécurité sociale, qui devrait permettre de dégager 300 millions pour réduire la fiscalité sur les bas et moyens salaires.

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