Flambée des prix du gaz et de l’électricité : quel impact sur votre facture ?

L’explosion des prix de l’énergie sur les marchés menace de plomber la facture des consommateurs. Quelques conseils pour limiter la casse.

Flambée des prix du gaz et de l’électricité : quel impact sur votre facture ?
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C’est une hausse record : depuis mars, le prix du gaz naturel en Europe a tout simplement quadruplé (+ 300% pour le contrat référence du marché,  soit le « TTF néerlandais », pour les spécialistes). Rien que pour septembre, l’envolée est de plus de 30%. Comment l’expliquer ? En gros, par la loi de base de l’économie, celle de l’offre et de la demande. Avec la pandémie, la consommation mondiale d’énergie a chuté, faisant plonger les cours du gaz, du pétrole et de l’électricité.  Puis la relance économique a dopé la demande en énergie, surtout en Asie, ce qui a relancé les cours vers le haut.

Or dans le même temps, l’offre, principalement russe, n’a pas suivi. Impactés par un hiver 2020-2021 plutôt froid et par des difficultés grandissantes à extraire le gaz dans des zones de moins en moins faciles d’accès, les stocks ont été fortement entamés. Rajoutez à cela un appétit inhabituel des producteurs d’électricité pour le gaz naturel- comme le prix de la tonne de CO2 explose également, ceux-ci ont préféré basculer du charbon vers le gaz- et vous obtenez une demande encore plus haute, et des prix sur les marchés qui évoluent en conséquence.

Ne pas interrompre son contrat fixe

Inévitablement, cet emballement s’est déjà répercuté sur la facture des ménages. Fin août, la Commission de régulation de l’électricité et du gaz (Creg) constatait la forte hausse des offres tarifaires des fournisseurs belges. « Pour un ménage avec une consommation de 3.500 kWh/an d’électricité et de 23.260 KWh/an de gaz, la hausse de la facture annuelle au mois d’août 2021 par rapport aux prix pratiqués au mois d’août 2019 s’élève donc en moyenne à 133 € (181 € par rapport à août 2020 », chiffrait le régulateur énergétique.

Toutefois, si vous avez un contrat fixe conclu avant le 2ème trimestre 2021, pas de panique. Comme vous avez opté pour une formule fixe avant la flambée des prix, vous êtes protégé pendant toute la durée du contrat ; mieux ne veut pas en changer. Par contre, si votre contrat fixe vient à échéance et que vous devez en conclure un nouveau, vous n’échapperez pas aux nouveaux tarifs. Comme le conseille la Creg, le mieux est alors de passer en revue les offres, par exemple via un comparateur. Mais une chose de sûre : opter pour une formule fixe au moment où les prix sont historiquement élevés est tout sauf idéal.

Si vous avez un contrat variable, le régulateur estime la hausse moyenne de votre facture annuelle à 49 euros pour l’électricité et 84 euros pour le gaz (par rapport à août 2019). Pour anticiper des factures de décompte de fin d’année potentiellement plus élevées, la Creg préconise de prendre contact avec votre fournisseur, pour augmenter « légèrement » vos acomptes mensuels.

Le tarif social prolongé ?

Le régulateur énergétique a également calculé qu’en 2021, un ménage moyen va dépenser 1.000 euros par an pour l’électricité et 1.600 euros par an pour le gaz.  Sans compter qu’en cas d’hiver rude, la facture pourrait être encore plus salée. Inquiétant, lorsqu’on sait qu’un ménage sur cinq en Belgique est en situation de précarité énergétique (et près d’un sur trois en Wallonie). Initialement prévu jusqu’au 31 décembre, l’élargissement de l’accès au tarif social (un tarif avantageux pour les ménages précaires) suite à la crise covid pourrait être prolongé.

C’est en tout cas ce que proposait lundi la ministre de l’Energie Tinne Van der Straeten (Groen). Du côté du PS, on propose également de mettre en place un rabais forfaitaire. « De la sorte, le gouvernement pourrait aider les familles avec une somme fixe. Pour de nombreuses personnes à bas revenus, cela peut faire une différence importante », ont fait part les socialistes dans un communiqué.

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