Certificat PEB : un même logement, 5 scores différents

Un même logement peut recevoir des scores différents en fonction du certificateur.

PEB
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Le certificat PEB (Performance Energétique des Bâtiments) impact le prix des logements, les crédits hypothécaires et l’indexation des loyers. Mais est-il fiable ?

En décembre dernier, nous interrogions Thomas Damiens, promoteur et expert immobilier. L’homme qui est également certificateur PEB nous informait sur l’instrument qu’il estimait « inadapté » : « Du jour au lendemain, le certificat est devenu un instrument de contrainte. Or, il n’a pas été conçu pour cela. […] le logiciel PEB exclut de ce calcul les surfaces sous hauteur de plafond inférieure à 1,50 m en Wallonie et à 2,10 m à Bruxelles. Ce qui dans certains appartements mansardés peut exclure de nombreux m2. Particulièrement à Bruxelles ». Or, la hauteur de plafond n’a rien à avoir avec la consommation énergétique d’un bâtiment. Une conception erronée qui pénalise les propriétaires.

Les implications du logiciel peuvent également entrainer « d’énormes » variations de résultat, selon l’expert : « Si vous avez une toiture manifestement neuve mais pour laquelle il n’y a pas de facture - tout le monde ne les garde pas -, elle sera considérée par défaut par le logiciel comme datant de la construction de la maison. Vous pouvez ainsi perdre 15, 20 % de performance pour cette valeur par défaut ».

 

Un même logement, 5 scores différents

Aujourd’hui, une enquête de la RTBF révèle qu’un même logement peut recevoir de nombreux scores différents en fonction du certificateur. Le média public a fait appel à cinq certificateurs pour expertiser un appartement situé en région bruxelloise.  Le logement a obtenu les scores suivants : 179, 216, 242, 243 et 264 kWh. Entre le premier score et le dernier, il y a un label complet de différence. Le logement passe ainsi de E à D en fonction du certificateur.

Les différences d’encodage concernaient la surface des logements, la longueur des conduites de distribution de l’eau chaude sanitaire, la puissance de l’installation photovoltaïque, l’épaisseur de l’isolant du plafond cave et la transmission des châssis. Interrogé par la RTBF, le ministre bruxellois de l’Energie Alain Maron a reconnu le problème : « Le travail n’a pas été fait de manière suffisamment fine. C’est vrai que sur le métrage d’un bien, a priori, les chiffres devraient être les mêmes ».

 

En 2012, Test Achats avait réalisé la même expérience à Bruxelles et arrivait exactement au même résultat : une différence de 47% entre le pire et le meilleur score. En 10 ans, il n’y a donc pas eu d’avancée en la matière. Pourtant, aujourd’hui, le certificat PEB n’est plus seulement un certificat informatif, mais un instrument de « contrainte », comme nous le mentionnait l’expert immobilier Thomas Damiens.

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