Voici pourquoi au moins un obusier belge combat en Ukraine (Photos)

Du matériel militaire lourd ayant appartenu à la Belgique se retrouve sur le terrain pour combattre en Ukraine.

Voici pourquoi au moins un obusier belge combat en Ukraine (Photos)
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Un obusier de type M109A4BE - deux lettres qui traduisent son ancienne appartenance à l'armée belge - a été aperçu en opérations en Ukraine, au sein de la 17e brigade blindée de l'armée ukrainienne, a révélé, photos à l'appui, un site spécialisé, Ukrainian Weapons Tracker.

https://twitter.com/UAWeapons/status/1615446867801694210

"Au moins vingt de ceux-ci (des obusiers équipés d'un canon de 155 mm et capables de tirer à plus de 23 km de distance) ont été acquis cet été par le Royaume-Uni auprès de la firme belge Flanders Technical Supply (FTS)", a précisé ce site mardi sur Twitter.  Il publie quatre photos d'un M109A4BE dans une zone boisée, entouré de douilles d'obus et servi par des soldats ukrainiens. Sur l'un des clichés, de la fumée se dissipe autour du canon, ce qui indique que l'engin a fait feu. Ukrainian Weapons Tracker souligne que la présence de ces obusiers sur le champ de bataille "n'avait pas été confirmée visuellement jusqu'à présent".

La Belgique les avait cédés à une entreprise spécialisée

L'envoi de ces engins - au départ des M109A2, achetés en 1982 et retirés du service en 2008 mais modernisés par la Défense lors d'un "Mid-Life Update" (MLU) afin d'augmenter leur valeur résiduelle - avait été au centre d'un imbroglio politico-militaire l'été dernier, après qu'une opération de rachat par le gouvernement belge eut échoué. C'était finalement le gouvernement britannique qui les avait rachetés, pour en faire don à Kiev.

Soixante-quatre de ces obusiers avaient été revendus en 2015 par le ministère de la Défense à Flanders Technical Supply (FTS) de Tisselt (province d'Anvers), spécialisée dans l'achat de surplus militaires partout dans le monde, pour un montant de 1,75 million d'euros incluant des pièces de rechange. Le contrat ne prévoyait pas de condition de rachat par la Défense.

La ministre de la Défense avait réagi 

Après l'invasion russe de l'Ukraine, la Défense n'a pas pu récupérer ces obusiers, des chenillés d'un poids maximal de près de 25 tonnes. "Il y a eu une discussion mais, quand on a repris contact avec l'entreprise (FTS, NDLR), elle les avait vendus. Nous n'avons pas à savoir à qui elle les a revendus, ni à combien", avait expliqué en juin dernier la ministre de la Défense, Ludivine Dedonder, en commission de la Chambre.

"Ce qui nous intéresse, c'est que les Ukrainiens puissent avoir ce matériel, c'est là l'essentiel", avait-elle ajouté.  Selon des sources concordantes et l'agence de presse publique Ukrinform, c'est le Royaume-Uni qui a racheté "plus de vingt" de ces obusiers à FTS, à un prix nettement plus élevé que celui de leur vente par la Défense pour les donner à l'Ukraine. La Norvège a pour sa part livré au moins 22 engins assez semblables, des M109A3GN, tout comme la Lettonie (six M109A5OE). Début janvier, les États-Unis ont annoncé l'envoi en Ukraine de dix-huit M109A6, la version baptisée Paladin, toujours équipée d'un canon de 155 mm.

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