Des cas de travail illégal et violations sociales découverts sur des chantiers de Proximus

Proximus est accusé de travail illégal et de violations sociales par un rapport de l'inspection sociale. L'opérateur se défend et le gouvernement est intervenu.

Logo de Proximus
Logo de Proximus, le 27 novembre 2019 à son siège social à Bruxelles ©BelgaImage

Lors d'un contrôle à grande échelle, l'inspection sociale a constaté l'existence de travail illégal et des infractions au droit du travail chez des sous-traitants chargés par Proximus de déployer son réseau de fibre optique, rapportent jeudi L'Echo et De Tijd. La ministre des Entreprises publiques, Petra De Sutter, a exprimé à la Chambre sa préoccupation. Elle s'est entretenue ce jeudi après-midi avec le président du conseil d'administration et le CEO de l'opérateur télécom afin de voir comment celui-ci peut mettre en place des garanties supplémentaires pour éviter cette situation.

«Des violations sociales dans plus de la moitié des cas»

«Nous avons inspecté 12 chantiers de construction simultanément. Nous avons constaté que 17 sous-traitants, 60 travailleurs, sept travailleurs indépendants et un stagiaire étaient actifs sur ces chantiers et nous avons détecté des violations sociales dans plus de la moitié des cas», déclare Eddy Van Herreweghe, directeur du dumping social et des réseaux de fraude à l'Inspection de l'ONSS.

À Anvers, quatre Moldaves employés illégalement ont par exemple été découverts sur un chantier naval de la zone Seefhoek surveillé par Proximus. Sur d'autres chantiers en Flandre, l'inspection sociale a constaté l'existence de travail illégal, mais aussi de violations du droit du travail et de la réglementation du chômage.

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«D'après mes premiers contacts avec la direction de Proximus, il semble qu'elle soit aussi surprise que nous par ces constats d'infractions. Car cela doit aussi être clair: nous parlons ici de constats dans le cadre d'un contrôle, pas encore de condamnations. Dans l'intervalle, Proximus a lancé sa propre enquête», a ajouté Petra De Sutter. Les contrats que passe Proximus avec des parties externes contiennent des dispositions sur le respect des législations sociale et du travail. «S'il s'avère que les constats conduisent également à des condamnations, Proximus devra évaluer de manière critique ses propres procédures de contrôle et prendre des mesures vis-à-vis des parties concernées», a expliqué Mme De Sutter.

«Ces constats d'infractions concernent sous-traitants et non Proximus, mais quoi qu'il en soit, la fraude sociale ne peut jamais être tolérée et certainement pas si elle implique directement ou indirectement une entreprise publique», a-t-elle encore dit.

Proximus se défend

L'opérateur télécom a réagi avec surprise aux conclusions de l'inspection sociale, affirmant qu'il n'en avait pas connaissance. Il va immédiatement mener une enquête plus approfondie, en collaboration avec ses partenaires, et contacter les autorités compétentes, ajoute-t-il.

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«L'entreprise Proximus, qui attache la plus grande importance à l'intégrité et à l'éthique, attend la même chose des parties avec lesquelles elle travaille. Toutes nos procédures et nos contrats avec des partenaires extérieurs contiennent des dispositions claires sur le respect du droit social et du droit du travail. S'il s'avère que des irrégularités ont effectivement été commises sur des chantiers en notre nom, nous examinerons les procédures de contrôle d'un œil critique et prendrons les mesures nécessaires à l'égard des parties impliquées», assure encore Proximus.

Fiberklaar, une joint-venture entre l'opérateur télécom coté en bourse et le fonds d'investissement suédois EQT à qui Proximus a fait appel pour déployer la fibre en Flandre, se défend également: «Selon les informations dont nous disposons actuellement, aucune violation (sociale) officielle n'a été relevée sur ces chantiers». La société ajoute qu'elle a demandé des informations plus concrètes aux autorités gouvernementales compétentes et qu'elle apportera sa pleine coopération à l'enquête. «S'il apparaît que des irrégularités ont effectivement eu lieu, nous prendrons les mesures nécessaires. Le respect de la législation sociale est essentiel (à nos yeux)», a-t-elle ponctué.

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